LE RE­TOUR EN GRÂCE DE CH­RIS OF­FUTT

Il avait été sa­lué par Jim Har­ri­son, James Salter et Lar­ry Brown. Après quinze ans d’ab­sence, l’au­teur et scé­na­riste re­vient en­fin.

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Voi­ci le ro­man noir amé­ri­cain dans son plus bel éclat. Nous avions lu Of­futt entre 1998 et 2004, no­tam­ment avec Ken­tu­cky Straight (nou­velles) et Le Bon Frère (ro­man ; tous deux ré­cem­ment ré­édi­tés chez Gall­meis­ter), et nous ne l’avions pas ou­blié. Ce­lui qui est éga­le­ment scé­na­riste pour la té­lé­vi­sion re­trouve en­fin la voie littéraire. Nuits Ap­pa­laches dé­bute au prin­temps 1954. À 18 ans, Tu­cker re­vient de la guerre de Co­rée et

re­gagne son Ken­tu­cky na­tal en ar­pen­tant routes, fo­rêts et col­lines. Après quelques em­bûches, il sauve in ex­tre­mis une jeune fille du viol : Rhon­da, 15 ans. Ils tombent dès lors fol­le­ment amou­reux. Ra­pi­de­ment, ils se ma­rient et donnent nais­sance à quatre en­fants, dont cer­tains han­di­ca­pés. Mais voi­là que les ser­vices so­ciaux me­nacent de leur en re­ti­rer la garde : Tu­cker tra­vaille pour un tra­fi­quant d’al­cool de contre­bande, et ils sont trop pauvres… Pris dans un cercle aus­si in­fer­nal que ver­tueux, le ré­cit nous mè­ne­ra jus­qu’en 1971. Tra­fics, tra­hi­sons, pri­son, bas­tons et ré­demp­tion : l’an­cien sol­dat va tout faire pour conser­ver sa fa­mille unie. Une his­toire de white trash amo­rale, dans une na­ture ma­gni­fiée, por­tée par une langue de feu et de grâce.

 Nuits Ap­pa­laches (Coun­try Dark) par Ch­ris Of­futt, tra­duit de l’an­glais (États-Unis) par Ana­tole Pons,240 p., Gall­meis­ter, 21,40 €

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