SA­MOU­NI ROAD PAR STE­FA­NO SA­VO­NA

L'Obs - - Critiques - N. S.

Do­cu­men­taire fran­co-ita­lien (2h08).

L’arbre sy­co­more a dis­pa­ru. Il était le socle des Sa­mou­ni, une fa­mille pay­sanne de la bande de Ga­za dont le père et un des jeunes fils ont été tués lors de l’opé­ra­tion « Plomb dur­ci » me­née par Tsa­hal en 2009. Ste­fa­no Sa­vo­na (« Tah­rir, place de la Li­bé­ra­tion »), do­cu­men­ta­riste ita­lien for­mé à l’an­thro­po­lo­gie, filme la sur­vie quo­ti­dienne de cette sma­la apo­li­tique dans le no man’s land qu’est de­ve­nue leur terre. Il ob­serve le Ha­mas leur ve­nir en aide et ten­ter de les ré­cu­pé­rer, re­garde la pe­tite Amal, 10 ans et quelques éclats d’obus fi­chés dans la tête, se re­bel­ler face au ma­chisme d’un de ses frères qui ne pense qu’à ven­ger son père par le dji­had. S’in­vitent par­mi ces images du pré­sent d’autres en ani­ma­tion, réa­li­sées par l’illus­tra­teur Si­mone Mas­si, à base d’encre à l’huile et de grat­tage sur pa­pier : leurs noirs pro­fonds et leurs mou­ve­ments dé­for­més fi­gurent les ré­mi­nis­cences de la tra­gé­die pas­sée. Le film se ter­mine par des noces, « non is­la­miques », pré­cise le ma­rié. Mal­gré la dou­leur, mal­gré le dé­nue­ment, mal­gré le son en­tê­tant des hé­li­co­ptères, il faut conti­nuer à vivre. « Sa­mou­ni Road », pré­sen­té à la Quin­zaine des Réa­li­sa­teurs du Fes­ti­val de Cannes, n’a pas vo­lé son oeil d’or du meilleur do­cu­men­taire.

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