FU­TUR AN­TÉ­RIEUR

L'Obs - - Décryptage -

La dys­to­pie, pein­ture d’un monde proche et fan­tas­mé où tout n’est pas bon à prendre, s’est em­pa­rée de l’uni­vers des sé­ries. « Le phé­no­mène a d’abord été eu­ro­péen à l’image de “Black Mir­ror’’, avant d’être adop­té par les Amé­ri­cains avec “The Hand­maid’s Tale », es­time Ka­tia Raïs, pro­duc­trice d’“Ad vi­tam”. Créée par le sa­ti­riste Char­lie Broo­ker, la sé­rie an­glaise « Black Mir­ror » surfe sur les ad­dic­tions aux nou­velles tech­no­lo­gies promptes à nous ré­duire en es­cla­vage. Adap­tée du ro­man de la Ca­na­dienne Mar­ga­ret At­wood – qui ju­rait « je n’in­clu­rai rien dans mon livre que les hommes n’aient dé­jà fait » – « The Hand­maid’s Tale » dé­crit, elle, un ré­gime to­ta­li­taire pri­vant les femmes de leurs droits élé­men­taires et les condam­nant au viol, à l’ex­ci­sion ou à la dé­por­ta­tion. Une vi­sion de la dys­to­pie ré­cu­sée par Tho­mas Cailley, le créa­teur d’« Ad vi­tam » : « Elle dé­crit un monde où un pou­voir cen­tral im­pose sa loi. Nous, nous avons jus­te­ment vou­lu an­crer la sé­rie dans une démocratie qui per­met à cha­cun de faire des choix per­son­nels et mo­raux. L’en­ga­ge­ment col­lec­tif, l’in­sur­rec­tion même se fondent au­jourd’hui sur le libre ar­bitre. Il me semble que, de ce point de vue-là aus­si, “Ad vi­tam’’ ra­conte quelque chose de notre époque. »

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