Les soeurs Ja­cob

LES IN­SÉ­PA­RABLES, PAR DO­MI­NIQUE MIS­SI­KA, SEUIL, 256 P., 19 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - LAURENT LEMIRE

L’his­toire était un peu connue, sans être vrai­ment sue, en tout cas pas dans les dé­tails. Do­mi­nique Mis­si­ka la ré­vèle sous une forme nar­ra­tive dé­li­cate dans la­quelle elle n’hé­site pas à s’im­pli­quer. Car il s’agit bien d’une en­quête, pré­cise, em­pa­thique, qui rend compte au plus près de cette tra­gé­die fran­çaise, celle de la fa­mille Ja­cob et de ses trois soeurs unies comme les Brontë. Il y a d’abord les pa­rents Yvonne et An­dré, puis le fils Jean, en­fin De­nise, Ma­de­leine dite Mi­lou et Si­mone. A Nice, la vie tran­quille bas­cule avec l’ar­ri­vée des na­zis. An­dré et Jean sont dé­por­tés et tués sans doute en Li­tua­nie. Mi­lou, Si­mone et Yvonne – qui n’en re­vien­dra pas – sont en­voyées à Au­sch­witz puis à Ber­gen-Bel­sen. De­nise, en­trée dans la Ré­sis­tance à Lyon, est éga­le­ment ar­rê­tée et parce qu’elle n’est pas iden­ti­fiée comme juive se re­trouve à Ra­vens­brück plu­tôt que dans un camp d’ex­ter­mi­na­tion. Au coeur de cette his­toire, Si­mone Veil. A la Li­bé­ra­tion, elle ne ra­conte pas d’où elle vient, d’abord parce qu’on ne lui de­mande pas. Tant d’autres sont morts par­mi les siens qu’elle s’en vou­drait presque d’être vi­vante. Et l’on dé­couvre la force de ces soeurs ad­mi­rables dans une France qui ne vou­lait pas trop voir.

De gauche à droite : Si­mone, De­nise, Jean et Ma­de­leine.

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