“J’ai com­pris que je n’étais pas à l’écoute de mes en­fants”

L'Obs - - EN COUVERTURE -

Mère de quatre en­fants, Vé­ro­nique, contrô­leuse de ges­tion, mène la mai­son à la ba­guette. Elle ins­pecte, crie, « monte dans les tours ». Puis au dé­but des an­nées 2010, crise. Avec l’aî­né de 15 ans, la com­mu­ni­ca­tion est rom­pue. Elle dé­cide alors de prendre une an­née sab­ba­tique pour « re­ve­nir à l’es­sen­tiel ». Au dé­tour d’un ate­lier de dé­ve­lop­pe­ment per­son­nel, elle dé­couvre la CNV et, à l’en­tendre, le « pe­tit der­nier », 18 ans, n’a pas eu la même mère que son frère aî­né ! Les « viens tout de suite » et « aide-moi » ont ces­sé. « J’ai com­pris que je n’étais pas du tout à l’écoute de mes en­fants. Je pas­sais mon temps à leur don­ner des ordres et quand on dis­cu­tait, je leur di­sais ce qu’ils de­vaient faire. » Lors de ces for­ma­tions, elle ap­prend à É-COU-TER. « Ce n’est ni ju­ger ni conseiller. J’ac­com­pagne. Je re­for­mule ce que j’en­tends, sug­gère des sen­ti­ments, et des be­soins as­so­ciés. Ces échanges per­mettent à l’autre de se re­lier à soi-même. » Exemple ? « Je suis gê­née quand le plus jeune de nos fils mange des piz­zas avec ses co­pains dans sa chambre et que le len­de­main, il n’y a plus une seule as­siette dans la cui­sine. Sauf qu’au lieu de lui lan­cer : “Des­cends les as­siettes !” je lui ex­plique que c’est désa­gréable pour moi, qui suis sen­sible à l’ordre, et que ce­la risque de le de­ve­nir pour lui car les restes vont at­ti­rer les sou­ris. Pro­pos ponc­tués de “qu’est-ce que tu en penses?”, phrase ma­gique pour en­trer dans le dia­logue et l’ajus­te­ment. Je n’ob­tiens pas tou­jours sa col­la­bo­ra­tion, mais je ne me mets plus en co­lère. Comme j’ai conscience de ce qu’il se passe en moi et que j’ai les mots pour l’ex­pri­mer, je ne me laisse plus dé­bor­der par mes émo­tions. »

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