Telle est la ques­tion...

L’évo­lu­tion de l’en­tre­prise vers le temps par­tiel, le té­lé­tra­vail, l’in­tra-en­tre­pre­neu­riat passe aus­si par le re­cours aux mi­croen­tre­pre­neurs. La fran­chise n’échappe pas à cette règle et il est in­té­res­sant d’ana­ly­ser les avan­tages et in­con­vé­nients de cette

L'Officiel de La Franchise - - LES CONSEILS DE L’EXPERT - Par Laurent De­la­fon­taine, di­ri­geant et co-fon­da­teur d’Axe Ré­seaux.

Le ré­gime d’au­to-en­tre­pre­neur a été créé en 2008 avec un ob­jec­tif de créa­tion d’en­tre­prises en France, en pri­vi­lé­giant une meilleure re­con­nais­sance du tra­vailleur in­dé­pen­dant. Si c’est un suc­cès en termes de créa­tions avec 1,1 mil­lion d’en­tre­prises, la meilleure re­con­nais­sance est plus mi­ti­gée avec 77 % d’échec des en­tre­prises avant cinq ans et 60 % dé­cla­rant un gain moyen men­suel de 440 eu­ros. C’est prin­ci­pa­le­ment la fron­tière entre “pa­tron ou tâ­che­ron” qui est en cause ou le sa­la­riat dé­gui­sé vient prendre la place de la réelle créa­tion et ges­tion de mi­croen­tre­prise.

Quel rap­port avec le rôle du fran­chi­seur ?

La fran­chise fonc­tionne sur des fon­da­men­taux simples : une no­to­rié­té, un sa­voir-faire, une as­sis­tance, que le fran­chi­seur doit constam­ment faire évo­luer. Il doit s’ap­puyer sur des pro­fils ad’hoc que sont les dé­ve­lop­peurs, les ani­ma­teurs, les for­ma­teurs. Alors faut-il ex­ter­na­li­ser ces fonc­tions vi­tales pour la bonne marche du ré­seau ? Oui et non. Oui, car le di­ri­geant de cer­taines jeunes en­seignes est par­fois iso­lé et la pos­si­bi­li­té d’ap­puyer la re­cherche de can­di­dats et de lo­caux sur un tiers ex­pert est une al­ter­na­tive cré­dible. En­core faut-il tom­ber sur le bon “tiers ex­pert”, mais c’est une autre his­toire. Oui, car cer­taines en­seignes ma­tures sont par­fois à la re­cherche d’une ex­per­tise ponc­tuelle pour pal­lier un sur­croit d’ac­ti­vi­té, une pé­nu­rie de per­son­nel... Le di­ri­geant pour­rait ain­si voir d’un bon oeil la ve­nue d’un ani­ma­teur ex­terne à l’en­tre­prise, ex­pert en lan­ce­ment de ma­ga­sin, qui ren­for­ce­rait ses propres équipes pour un coût mo­dé­ré, si l’on consi­dère les dé­gâts ir­ré­ver­sibles d’une ou­ver­ture ra­tée. Non, car ce­la peut être une fausse éco­no­mie. Exemple, si le po­ten­tiel de dé­ve­lop­pe­ment d’une en­seigne de res­tau­ra­tion dé­passe les cinq ou­ver­tures an­nuelles, le coût d’un sa­la­rié est in­fé­rieur à ce­lui d’un free- lance, qui se ré­mu­nère gé­né­ra­le­ment d’un fixe men­suel et d’un va­riable sur le droit d’en­trée. Non, car il est dif­fi­cile de s’as­su­rer de la par­faite qua­li­té du tra­vail réa­li­sé par un free-lance et de sa­voir qui va réel­le­ment prendre en charge la mis­sion. S’agis­sant du re­cru­te­ment d’un can­di­dat, un free-lance tra­vaillant pour plus de quatre en­seignes est ma­thé­ma­ti­que­ment obli­gé de sous-trai­ter à des tiers, di­luant ain­si les mes­sages forts et le ni­veau de connais­sance de l’en­seigne pour le can­di­dat. Non, car le ni­veau d’en­ga­ge­ment est dif­fé­rent entre un ani­ma­teur sa­la­rié dé­dié à son en­seigne dans la du­rée, et ce­lui du free-lance qui doit cu­mu­ler plu­sieurs en­seignes pour vivre, tout en trou­vant le temps de faire du com­mer­cial. Non, car il existe un risque ju­ri­dique si le free-lance n’est pas cor­rec­te­ment as­su­ré. Par exemple lorsque ce der­nier en charge du dé­ve­lop­pe­ment, a trans­mis à un can­di­dat des in­for­ma­tions men­son­gères, des pré­vi­sion­nels ir­réa­listes et autres élé­ments faus­sant le ju­ge­ment du can­di­dat pour de­ve­nir fran­chi­sé. C’est le fran­chi­seur qui se­rait at­ta­qué et il pour­rait dif­fi­ci­le­ment se re­tour­ner vers un free-lance. En somme, il n’existe pas de règle ab­so­lue, avoir re­cours à des mi­croen­tre­pre­neurs peut être une ex­cel­lente al­ter­na­tive au re­cru­te­ment de sa­la­rié, mais aus­si une grande source de dés­illu­sion. Les meilleurs exemples sont sou­vent liés à la ré­pu­ta­tion d’un free-lance que l’on se com­mu­nique entre fran­chi­seurs, un peu comme un ex­cellent plom­bier n’a pas be­soin de faire de pu­bli­ci­té, le bouche-à-oreille fonc­tionne.

1 LME n°2008-776 du 14 août 2008 2 Étude In­see du 19092017 3 Coût dé­ve­lop­peur : en­vi­ron 50 K€ ver­sus coût free-lance : 500€/ mois + 1/3 du droit d’en­trée, soit 56 K€ 4 Une en­seigne = 20 contacts/ mois = 16 ap­pels (15 mn en­vi­ron) = 10 pre­miers RV (2h00 en­vi­ron) = 2 dos­siers com­plets (8h00). Soit en­vi­ron 30 hrs / mois/ en­seigne.

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