Road trip vert pomme

L'officiel Voyage - - SOMMAIRE - PAR AYMERIC MAN­TOUX – PHO­TOS EDOUARD PEL­LIC­CI

La fin de l’été, c’est ce mo­ment où l’on bas­cule brus­que­ment des pro­messes de l’été au scep­ti­cisme de l’hi­ver. Seule la Pro­vence offre une pro­lon­ga­tion aux nos­tal­giques des va­cances le temps d’un week-end. Sur­tout quand on la­par­court en Lam­bor­ghi­ni et que le chro­no­mé­trage est si­gné Blancpain.

Le vil­lage du Cas­tel­let, qui a don­né son nom au cé­lèbre cir­cuit (et non l’in­verse), est par­ti­cu­liè­re­ment char­mant. Ses mai­sons an­ciennes en pierres sèches abritent d’ai­mables tables…

Pre­mier jour

10 h 00

Sous des de­hors as­sez mi­nables, l’aé­ro­port de Mar­seille vous offre au dé­bot­té un grand pan du Mi­di, l’ar­rière-pays pro­ven­çal, hé­ris­sé en­core d’un taillis de beaux hô­tels et de jo­lies tables. Voi­là ce qu’au­rait pu écrire An­toine Blon­din s’il avait dé­bar­qué comme nous un beau jour d’été à Mas­si­lia, avec la pro­messe de sillon­ner la Pro­vence en voi­ture de sport. Et pas n’im­porte la­quelle s’il vous plaît. Avec mé­lan­co­lie, comme Pa­trick Mo­dia­no on pour­rait dire “un jour ou l’autre, on monte dans une voi­ture”. Alors au­tant que ce soit une Lam­bor­ghi­ni. Elle nous at­ten­dait au bout du tar­mac, comme es­seu­lée, at­ten­dant une âme cha­ri­table pour la faire bon­dir sur les la­cets as­phal­tés. Alors, avec l’aide de Blancpain, par­te­naire de la marque et chro­no­mé­treur of­fi­ciel du Su­per­tro­feo du Cas­tel­let, on l’a adop­tée, cette mer­veille. Elle est toute en re­te­nue, comme ac­crou­pie, sous un cou­vercle d’un pro­di­gieux vert pomme, puis tout s’élance. Il faut sa­luer son am­bi­tion digne de Na­po­léon bon­dis­sant sur l’ita­lie. Au vo­lant, c’est comme au bis­trot, il n’y a que là qu’on est bien. Avec ou sans ré­serve sous le pied. On com­prend que les au­tos aient fait rê­ver des gé­né­ra­tions d’écri­vains, à force de road trips, de sym­boles de li­ber­té, de mythes fon­da­teurs. C’est à la fois un dé­part et un ter­mi­nus. Au­jourd’hui en­core, le road trip fait rê­ver les poètes, les co­pains… Même en Pro­vence (ben oui, il n’y a pas que la route 66, un vrai mar­ron­nier), il n’a rien per­du de son charme, avec ses exu­bé­rances d’odeurs et de cou­leurs. Faire de la route, dans l’ar­rière-pays, c’est plein de sur­prises, de poé­sie.

12 h 00

Ah la belle au­to gé­né­reuse que cette Lam­bor­ghi­ni vert pomme ! À peine 1 250 exem­plaires par an (et seule­ment une poi­gnée en France), plus de 600 che­vaux… Au vo­lant, le fond de l’air est chaud, et ce n’est pas seule­ment en rai­son de la tem­pé­ra­ture ex­té­rieure. “J’ap­puie sur le star­ter, et voi­là que je quitte la terre”, chan­tait Bri­gitte Bar­dot, sans la­quelle, dé­ci­dé­ment, on ne peut pas écrire un pa­pier ! L’au­to est un vé­ri­table bo­lide qu’on croi­rait lan­cé à plein gaz, même quand on roule à 50 km/h… ce qui est rare… mais obli­ga­toire (par­fois !). La conduire sur les pe­tites routes à tra­vers la pi­nède pro­duit une in­croyable pa­lette de sen­sa­tions, de­puis un mo­ment d’ap­pré­hen­sion au dé­part, jus­qu’à l’adré­na­line du condam­né voyant ar­ri­ver à toute vi­tesse un mu­ret dans un vi­rage.

13 h 00

À l’hô­tel du Cas­tel­let, pen­dant que la belle som­meille au par­king sous la ton­nelle qui in­dique 33 °C, nous ava­lons un tar­tare et une sa­lade ni­çoise au kiosque qui ourle le golf. Une brise lé­gère fait pal­pi­ter les pins.

14 h 00

“At­ten­tion, il y a la po­lice au rond-point”, nous a gen­ti­ment pré­ve­nu le res­pon­sable des par­te­na­riats au­to­mo­biles Blancpain. C’est gen­til. Le pro­blème, c’est qu’en pre­mière, on at­tein­drait dé­jà presque 50 km/h. Pour ça, il fau­drait dé­jà dé­mar­rer cet avion qui ne passe pas in­aper­çu… le cock­pit res­semble à ce­lui de Star Trek. Je dois même faire ap­pel au mode d’em­ploi pour trou­ver comment dé­blo­quer le frein à main !

16 h 00

Le vil­lage du Cas­tel­let, qui a don­né son nom au cé­lèbre cir­cuit (et non l’in­verse), est par­ti­cu­liè­re­ment char­mant. Ses mai­sons an­ciennes en pierres sèches abritent d’ai­mables tables, à dé­faut de ga­le­rie d’art ou de site “mé­ri­tant le dé­tour”. Il a son pe­tit ca­rac­tère qui a ré­sis­té aux ou­trages du temps… et n’a pas en­core été ra­che­té par Ber­nie Ec­cles­tone, le pape des droits de la for­mule 1, con­trai­re­ment à presque tout sur la com­mune…

18 h 00

Dé­gus­ta­tion de vin à La Bé­gude, grand do­maine vi­ti­cole de Ban­dol. Vé­ri­table gent­le­man-vi­gne­ron, Guillaume Ta­ri, des­cen­dant d’une li­gnée de vi­ti­cul­teurs du Sud-ouest (ce sont éga­le­ment les pro­prié­taires du Châ­teau Gis­cours dans le Mé­doc), est un hôte en tous points re­mar­quable, comme le sont

On prend la si­nueuse route de La Cio­tat. Son bord de mer, carte pos­tale ver­sion Front po­pu­laire, avec ses an­ciens chan­tiers na­vals re­con­ver­tis en yard pour yachts de luxe.

Ah la belle au­to gé­né­reuse que cette Lam­bor­ghi­ni vert pomme ! À peine 1 250 exem­plaires par an (et seule­ment une poi­gnée en France), plus de 600 che­vaux…

les sculp­tures mo­nu­men­tales d’ins­pi­ra­tion in­dienne de sa belle soeur sculp­trice, ins­tal­lées dans la cour. Il saute dans sa jeep Peu­geot et nous fait faire le grand tour de sa su­blime pro­prié­té an­crée en ma­jes­té sur les hau­teurs. Ce n’est pas un châ­teau, mais une fort char­mante de­meure en­tou­rée de gar­rigue. Per­due au mi­lieu, une table en pierre amé­na­gée au som­met d’un pro­mon­toir. Ta­ri sort un pa­nier pique-nique en osier, de la ter­rine de cerf, du sau­cis­son et les in­évi­tables bou­teilles de ro­sé et de rouge de la pro­prié­té. Des vins construits, struc­tu­rés, plai­sants et au for­mi­dable po­ten­tiel de garde. Évi­dem­ment, après nous avons été obli­gés de chan­ger de conduc­teur. Vous avez dé­jà es­sayé un pho­to­graphe (mar­seillais ) au vo­lant ?

20 h 00

Bai­gnade dans la pis­cine de l’hô­tel qui n’est pas le moindre de ses atouts. Sur l’un des bains de so­leil, sous les der­niers rayons, une pou­pée russe qui au­rait pu tour­ner dans Fast & Fu­rious nous dé­vi­sage. Il y a dans l’air cette odeur de ré­sine de pin, ma­rine, chauf­fée au so­leil et pour­tant si fraîche, si douce…

21 h 00

Dî­ner à La Table de Nans, à La Cio­tat, sur la cha­leu­reuse re­com­man­da­tion de Guillaume Ta­ri. C’est sans chi­chis, avec vue plon­geant sur la belle bleue, un ser­vice at­ten­tif, des cuis­sons justes, le cou­cher du so­leil, les pins pa­ra­sols, les ci­gales. What else ?

Le len­de­main

Pe­tit dé­jeu­ner en ter­rasse avec vue sur les fair­ways. Le vent est tom­bé, l’air est dé­jà chaud. Le bon­heur… si je veux.

10 h 00

Re­con­nais­sance du fa­meux cir­cuit du Cas­tel­let où ru­gissent dé­jà les mo­teurs des GT3 qui s’op­posent, le temps d’un week-end, sur le fa­meux cir­cuit pour le Su­per­tro­feo Lam­bor­ghi­ni créé en 2009 grâce au sou­tien de Blancpain. Avec leurs cris rauques et en­voû­tants, ces bo­lides évoquent des vol­cans qui se ré­veillent. Elles laissent rê­veurs quand on connaît les li­mi­ta­tions de vi­tesse en de­hors des cir­cuits… On com­prend bien pour­quoi ces au­tos fi­gurent par­mi les plus dé­si­rables du globe, le top du top des construc­teurs. Ca­pots ar­chi­tec­tu­rés, car­bone, cé­ra­mique, ces pres­ti­gieux bo­lides donnent des fris­sons sans même qu’on ait mis le con­tact. Les fi­ni­tions sont par­faites, comme l’ha­bi­tacle où l’on se sent (un peu trop !) à l’aise, avec des po­si­tions de conduite qui se règlent au mil­li­mètre et des com­mandes qui tombent sous les doigts. Seul re­gret : l’ab­sence de pom pom girls en maillot pour la­ver l’au­to à grande eau.

11 h00

On prend la si­nueuse route de La Cio­tat. Son bord de mer, carte pos­tale ver­sion Front po­pu­laire, avec ses an­ciens chan­tiers na­vals re­con­ver­tis en yard pour yachts de luxe. On en ou­blie­rait presque que les frères Lu­mière avaient choi­si la gare comme théâtre pour le tour­nage de leur pre­mier film, à l’ori­gine de l’his­toire du cinéma. Dans ce dé­cor très “congés payés”, la Hu­ra­can vert pomme at­tire les re­gards et les sel­fies. Mais les gen­darmes cou­chés ne sont pas à son goût (il faut les fran­chir à 5 km/h seule­ment), ce qui nous fait re­gret­ter sa puis­sance et son ac­cé­lé­ra­tion sur route, puisque 3,5 se­condes lui suf­fisent pour at­teindre 100 km/h, tout en dou­ceur.

13 h 00

Cas­sis. Les ca­lanques, les fa­laises, les grillons, l’eau trans­lu­cide, le so­leil qui brûle la peau. 340 jours de so­leil par an. Dé­jeu­ner à la Villa Ma­die, havre de paix contem­po­rain avec to­mate grillée à l’âtre, pêche lo­cale, lé­gumes du so­leil, tarte sa­blée ci­tron et… un verre de blanc de Cas­sis ! Le chef, Di­mi­tri Drois­neau, tout juste dou­ble­ment étoi­lé, signe ici la plus belle table de toute la Côte d’azur, après le Mi­ra­zur à Men­ton. Cha­peau bas, tout est “ab fab”, comme sa ter­rasse en caille­bo­tis bai­gnée de so­leil.

15 h 30

Les fi­ni­tions sont par­faites, comme l’ha­bi­tacle où l’on se sent (un peu trop !) à l’aise, avec des po­si­tions de conduite qui se règlent au mil­li­mètre et des com­mandes qui tombent sous les doigts.

Au mo­ment de re­par­tir (c’est vrai, on a eu du

16 h 00

mal, la faute aux des­serts et à la vue), je constate que le pneu ar­rière droit est cre­vé… Zut, ça doit être la bou­teille que je n’ai pas pu évi­ter en ve­nant à Cas­sis. Au prix du pneu, un P0 de chez Pi­rel­li… Je pen­sais que c’était plus ré­sis­tant. J’es­père qu’on va pou­voir être dé­pan­nés ra­pi­de­ment. L’at­tente se pro­longe et nous contraint (pauvres de nous) à des­cendre dans la crique et à nous bai­gner pour trom­per le ther­mo­mètre qui af­fiche 34 °C. Le frot­te­ment des feuilles des fi­guiers ex­hale un par­fum dé­li­cat. L’eau est trans­pa­rente, le cla­po­tis des vagues tout juste cou­vert par le vio­lon des grillons. Plus ef­fi­cace qu’un Pro­zac à la vod­ka, la bai­gnade vous ac­croche le sou­rire aux oreilles avec une fa­ci­li­té dé­con­cer­tante. Trop beau pour du­rer. À un mo­ment il a bien fal­lu rendre la Lam­bor­ghi­ni et la Fif­ty Fa­thoms. C’était l’heure…

La baie de La Cio­tat, 50 km/heure please.

Le parc d'at­trac­tion lo­cal. La place de Cas­sis et son ter­rain de pé­tanque. Le pro­prié­taire du do­maine de La Bé­gude, l'un des plus grands vins de Pro­vence, un per­son­nage au moins aus­si haut en cou­leur que ses vins, sur­tout à l'heure de l'apé­ro. La...

On y va?

Au Cas­tel­let, place aux pros…

Boire ou conduire, il faut choi­sir.

Des cou­sines, en­core plus oné­reuses!

Blanc­pain Fif­ty Fa­thom Ba­ty­scaphe.

Montre Blanc­pain Ville­ret Ul­tra­plate en acier, bra­ce­let en cuir d'al­li­ga­tor.

La pis­cine de l'hô­tel du Cas­tel­let.

Di­mi­tri Drois­neau, le chef de la Villa Ma­die.

In­te­rieur du do­maine de La Bé­gude.

Ter­rasse de la Villa Ma­die.

Do­maine de La Bé­gude.

Le parc lé­ché de l'hô­tel du Cas­tel­let com­prend éga­le­ment un golf 6 trous qui at­tire une jo­lie clien­tèle.

Les ca­lanques de Cas­sis.

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