Plus d’éco­no­mies que pré­vu pour l’As­su­rance-ma­la­die

L'Opinion - - Drame Budgétaire, Acte I - Mi­reille Wein­berg @Mi_Wein­berg

LES DÉ­PENSES DE SAN­TÉ sont ten­dan­ciel­le­ment in­fla­tion­nistes et compte te­nu du vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion, elles aug­mentent chaque an­née d’un peu plus de 4 %. Mais pen­dant la cam­pagne élec­to­rale, Em­ma­nuel Ma­cron avait pro­mis un ob­jec­tif na­tio­nal des dé­penses d’as­su­rance ma­la­die ( On­dam) en hausse de 2,3 % par an sur le quin­quen­nat. Agnès Bu­zyn, la mi­nistre des So­li­da­ri­tés et de la San­té, s’est bien sûr ali­gnée sur ce chiffre dans sa feuille de route, ce qui sup­pose des éco­no­mies de plus 15 mil­liards sur cinq ans. Toute la ques­tion est dé­sor­mais de sa­voir si l’On­dam, compte te­nu des dé­rives des fi­nances pu­bliques re­le­vées dans l’au­dit de Cour des Comptes, doit être res­ser­ré.

Le bud­get de la Sé­cu­ri­té so­ciale va né­ces­sai­re­ment contri­buer à l’ef­fort pour faire re­pas­ser les dé­fi­cits pu­blics sous le seuil de 3 % du PIB. Les ar­bi­trages se­ront connus à l’au­tomne au mo­ment de la pré­sen­ta­tion du pro­jet de loi de fi­nan­ce­ment de la Sé­cu pour 2018.

Ces der­nières an­nées, l’On­dam ( fixé res­pec­ti­ve­ment à 2 % en 2015 et 1,75 % en 2016) a tou­jours été res­pec­té. La cu­vée 2017, avec un On­dam à 2,1 %, se­rait bien orien­tée, se­lon un bon connais­seur.

En at­ten­dant le ver­dict, la branche ma­la­die a dé­voi­lé ce jeu­di ses pro­po­si­tions d’éco­no­mies pour 2018, dans les­quelles la mi­nistre pour­ra pio­cher. Elle pré­voit de faire des éco­no­mies à hau­teur de 1,94 mil­liard sur son seul pé­ri­mètre d’in­ter­ven­tion. Les prin­ci­paux ef­forts se­ront réa­li­sés sur les pro­duits de san­té et la pro­mo­tion des génériques, à hau­teur de 750 mil­lions. Pour le reste, le « vi­rage am­bu­la­toire » ( qui consiste à pri­vi­lé­gier la mé­de­cine de ville plu­tôt que l’hos­pi­ta­li­sa­tion) de­vrait re­pré­sen­ter 470 mil­lions d’éco­no­mies, la per­ti­nence et le bon usage des soins 510 mil­lions d’eu­ros. Pour la pre­mière fois, la lutte contre la fraude et les abus en ville et à l’hô­pi­tal sont in­té­grés dans les pré­vi­sions, à hau­teur de 210 mil­lions d’eu­ros. En in­cluant, en plus, les baisses de prix des mé­di­ca­ments et la ra­tio­na­li­sa­tion des dé­penses hos­pi­ta­lières, on de­vrait par­ve­nir aux 4 mil­liards d’éco­no­mies an­nuelles (4,07 mil­liards par exemple en 2017).

Ré­mu­né­ra­tion au for­fait. L’As­su­rance-ma­la­die pro­fite de son rap­port pour faire une sé­rie de pro­po­si­tions à plus long terme. Ac­cen­tua­tion du vi­rage am­bu­la­toire en chi­rur­gie mais aus­si et sur­tout pour les ma­la­dies chro­niques, dé­ve­lop­pe­ment des in­no­va­tions mé­di­cales, ex­pé­rience sur la ré­mu­né­ra­tion de cer­taines opé­ra­tions chi­rur­gi­cales au for­fait, etc.

Sur ce der­nier point par exemple, l’idée est de ré­mu­né­rer une équipe mé­di­cale com­po­sée à la fois des chi­rur­giens et anes­thé­sistes, mais aus­si des mé­de­cins gé­né­ra­listes, des ki­nés ou des in­fir­mières qui soi­gne­ront les pa­tients une fois sor­tis de l’hô­pi­tal. Une ré­mu­né­ra­tion for­fai­taire est at­tri­buée à l’en­semble des per­sonnes com­po­sant cette chaîne, une seule fois. L’in­té­rêt des pro­fes­sion­nels de san­té est donc que les per­sonnes soient bien soi­gnées pour qu’il n’y ait ni com­pli­ca­tion ni nou­velle opé­ra­tion, car il n’y a alors au­cune nou­velle ré­mu­né­ra­tion.

Une piste pour amé­lio­rer pro­gres­si­ve­ment la qua­li­té des soins puis faire bais­ser le coût des in­ter­ven­tions. En at­ten­dant, il fau­dra trou­ver d’autres so­lu­tions pour 2018.

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