Sé­nat : les ma­cro­nistes veulent des élus pa­ri­siens

Ju­lien Bar­ge­ton et Mao Pé­ni­nou, ad­joints (ex-PS) d’Anne Hi­dal­go, sont sur les rangs

L'Opinion - - Drame Budgétaire, Acte I - Na­tha­lie Se­gaunes @NSe­gaunes

La pre­mière étape des élec­tions sé­na­to­riales du 24 sep­tembre a lieu ven­dre­di avec la dé­si­gna­tion des dé­lé­gués qui fe­ront par­tie des 75 000 grands élec­teurs char­gés de re­nou­ve­ler 170 sièges, sur les 348 que compte le Sé­nat. Dont les douze sièges pa­ri­siens, convoi­tés par la droite, la gauche, mais aus­si par les par­ti­sans d’Em­ma­nuel Ma­cron. QUI CONDUI­RA LA LISTE de La Ré­pu­blique en marche (LREM) aux sé­na­to­riales à Pa­ris ? Ju­lien Bar­ge­ton, 44 ans, ad­joint aux fi­nances d’Anne Hi­dal­go, a dé­ci­dé de s’ali­gner sur la ligne de dé­part. Après avoir par­rai­né Em­ma­nuel Ma­cron pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle, ce ma­gis­trat à la Cour des comptes, élu à l’hô­tel de ville de­puis 2008, a quit­té le PS le 1er juin et es­time être « le mieux à même de ras­sem­bler le plus lar­ge­ment pos­sible » pour conduire une liste ma­cro­niste dans la ca­pi­tale. « Il est im­por­tant qu’Em­ma­nuel Ma­cron ait des sé­na­teurs qui sou­tiennent la po­li­tique du gou­ver­ne­ment, af­firme-t-il à l’Opi­nion. Il doit avoir le maxi­mum de sé­na­teurs, à Pa­ris et ailleurs. »

Mao Pé­ni­nou, lui aus­si ad­joint d’Anne Hi­dal­go (char­gé de la pro­pre­té), proche de Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis, est éga­le­ment sur les rangs. Il a lui aus­si sou­te­nu Em­ma­nuel Ma­cron pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle et quit­té le PS, le 25 juin. Mais la sin­cé­ri­té de son ma­cro­nisme in­ter­roge de nom­breux élus. « Bar­ge­ton est ef­fec­ti­ve­ment plus ras­sem­bleur », confie un conseiller de Pa­ris pro-Ma­cron. Les deux hommes, qui sou­haitent l’un et l’autre conduire la liste, de­vront être dé­par­ta­gés d’ici à dé­but sep­tembre.

Les 163 conseillers de Pa­ris se réunissent ven­dre­di afin d’ar­rê­ter la liste des dé­lé­gués et de leurs sup­pléants, qui for­me­ront, avec les par­le­men­taires, le col­lège des 2 406 grands élec­teurs et se­ront ha­bi­li­tés à par­ti­ci­per au scru­tin le 24 sep­tembre. L’élec­tion sé­na­to­riale est de fait la seule élec­tion pour la­quelle les can­di­dats dé­si­gnent eux-mêmes leurs élec­teurs...

Course à l’écha­lote. Reste que la pro­blé­ma­tique du scru­tin 2017, au-de­là des ques­tions de per­sonnes, est par­ti­cu­liè­re­ment com­plexe. D’une part parce qu’il in­ter­vient à mi-man­dat mu­ni­ci­pal. Or, en mars 2014, au­cun conseiller de Pa­ris n’a été élu – et pour cause – sous la ban­nière Ma­cron... En­suite parce qu’il n’existe tou­jours pas, à ce jour, de groupe ma­cro­niste au Conseil de Pa­ris. Alors que plu­sieurs conseils mu­ni­ci­paux sont en train de se do­ter de groupes de « mar­cheurs », la struc­tu­ra­tion d’un groupe pro-Ma­cron à l’Hô­tel de ville a été re­pous­sée aux ca­lendes grecques par LREM qui veut pou­voir contrô­ler qui parle en son nom à Pa­ris. Et qui n’a pas en­vie de voir un élu pa­ri­sien que le nou­veau par­ti n’au­rait pas choi­si s’au­to-dé­si­gner can­di­dat ma­cro­niste aux mu­ni­ci­pales de 2020. « C’est la course à l’écha­lote, ré­sume un élu pa­ri­sien : ce­lui qui sort le pre­mier du bi­par­tisme et dit “Moi, je crée quelque chose de neuf” prend l’avan­tage. »

En at­ten­dant, la lo­gique vou­drait que la liste LREM aux sé­na­to­riales ras­semble des élus de droite, de gauche et du centre. Si des dis­cus­sions sont en cours, dans l’en­tou­rage de Ju­lien Bar­ge­ton, avec l’éco­lo­giste Ber­nard Jom­mier ou le MoDem Yann Wher­ling, le ras­sem­ble­ment de toutes les cou­leurs du ma­cro­nisme sur une même liste pa­ri­sienne semble une ga­geure. Car le mode de scru­tin (re­pré­sen­ta­tion pro­por­tion­nelle sui­vant la règle de la plus forte moyenne) fa­vo­rise l’élec­tion des têtes de liste et donc la mul­ti­pli­ca­tion des listes.

L’équa­tion pa­ri­sienne est à ce point dé­li­cate que Jean-Paul De­le­voye, pré­sident de la com­mis­sion d’in­ves­ti­ture de LREM pour les élec­tions sé­na­to­riales, en­vi­sage pour Pa­ris la créa­tion d’une « com­mis­sion spé­ciale ». « Mais pour le mo­ment, per­sonne n’y voit très clair », re­con­naît un élu pa­ri­sien. Alors que douze sièges sont à pour­voir ( jus­qu’ici dé­te­nus par 5 PS, 2 éco­lo­gistes, 1 PC, 3 LR et 1 UDI), la liste LREM es­compte en ra­vir trois le 24 sep­tembre.

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