« Une vieille tra­di­tion pa­trio­tique fa­mi­liale »

L'Opinion - - Identités - Cy­ril La­car­rière @cy_­la­car­riere

Cet été, une sé­rie de per­son­na­li­tés ra­content à l’Opi­nion les cou­lisses d’un de leur tweet. Con­gra­tu­la­tions ou po­lé­miques, ex­plo­sions de fol­lo­wers ou dis­grâce, pe­tites et grandes his­toires de Twit­ter. QUATRE JOURS après les at­ten­tats contre Char­lie Heb­do et 48 heures après la prise d’otage san­glante de l’Hy­per Ca­cher, la France est dans la rue. Plus d’un mil­lion et de­mi de per­sonnes se sont ras­sem­blées à Pa­ris. Au pre­mier rang, les chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ment, l’ins­tant se­ra in­ou­bliable. Der­rière se mêle une foule d’ano­nymes et de per­son­na­li­tés, qui ne co­ha­bitent pas en d’autres cir­cons­tances. « Nous sommes tous ha­bi­tués à une forme de sé­pa­ra­tion » , re­con­naît De­nis Oli­vennes, pré­sent ce jour-là avec sa com­pagne et ses fils. « Je crois que les gens ap­pré­ciaient aus­si que les per­son­na­li­tés qu’ils croi­saient ne soient pas dans un car­ré VIP, que tout le monde soit ras­sem­blé. » de ras­sem­ble­ment de­puis les at­taques meur­trières contre l’heb­do­ma­daire sa­ti­rique. Elle est noire de monde, une foule dense, qu’on de­vine fié­vreuse et unie. La lé­gende de De­nis Oli­vennes est simple : « Je crie ton nom Ré­pu­blique ».

Le cli­ché n’est pas de lui, pour­tant grand ama­teur de pho­to, mais il traduit, dit-il, la ma­nière dont il a été « frap­pé » de voir cette place noire de monde. « J’ai res­sen­ti à cet ins­tant que la Na­tion ré­pu­bli­caine n’est pas sim­ple­ment une abs­trac­tion mais aus­si quelque chose de char­nel » , confie- t- il. Un mo­ment qu’il com­pare, « mal­gré des cir­cons­tances très dif­fé­rentes », aux ras­sem­ble­ments après la vic­toire de l’équipe de France de foot­ball en 1998 et « un peu » à l’élec­tion de Fran­çois Mit­ter­rand en 1981. « Même si là, il ne s’agis­sait que d’une par­tie de la Na­tion. »

Ce 11 jan­vier 2015, c’est aus­si « la pre­mière fois que j’ap­plau­dis la po­lice » , sou­rit De­nis Oli­vennes. « Même si je res­pecte beau­coup son tra­vail » , s’em­presse- t- il d’ajou­ter… Pas la pre­mière en re­vanche qu’il des­cend dans la rue. Il l’a fait pour sou­te­nir le ma­riage pour tous et en 2002 pour ma­ni­fes­ter contre Jean- Ma­rie Le Pen, alors qua­li­fié pour le se­cond tour de la pré­si­den­tielle. « C’est une vieille tra­di­tion pa­trio­tique fa­mi­liale trans­mise par mes pa­rents que je trans­mets dé­sor­mais à mes en­fants ».

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