Ma­rine Le Pen em­bour­bée dans le chan­ge­ment de nom du FN

Après les adhé­rents, le Front na­tio­nal veut aus­si son­der des élec­teurs. La confu­sion de­meure, y com­pris en in­terne

L'Opinion - - Comment Macron veut étendre la PMA - Béa­trice Hou­chard @be­hache3 @mu­riel­motte

Le con­grès du Front na­tio­nal, dont l’or­ga­ni­sa­tion a été confiée à Steeve Briois, se tien­dra les 10 et 11 mars à Lille. Mais l’af­faire du chan­ge­ment de nom éclipse tout le reste de la « re­fon­da­tion ». Même au sein du par­ti, cer­tains n’y com­prennent plus rien. DANS DEUX MOIS, les mi­li­tants du Front na­tio­nal au­ront quit­té Lille. Le 16e Con­grès se­ra ter­mi­né, la re­fon­da­tion ache­vée. Mais quel par­ti avec quel nom, quelle re­fon­da­tion ? Et pour quelle po­li­tique ? Lors d’une réunion du bu­reau po­li­tique élar­gi, lun­di à Nan­terre, beau­coup de par­ti­ci­pants ont été frap­pés par l’im­pro­vi­sa­tion to­tale qui règne.

Of­fi­ciel­le­ment, comme d’ha­bi­tude, tout va bien. Ma­rine Le Pen est en pleine forme, elle a me­né lun­di pen­dant deux heures la dis­cus­sion ju­ri­dique ( que, par for­ma­tion, elle af­fec­tionne) sur les nou­veaux sta­tuts. « Elle était dy­na­mique, elle donne le change », note un membre du BP. Mais rem­pla­cer « co­mi­té cen­tral » par « con­seil na­tio­nal » , « bu­reau po­li­tique » par « bu­reau na­tio­nal » ou dé­ci­der que le poste de se­cré­taire gé­né­ral ne se­ra plus sta­tu­taire mais op­tion­nel n’in­té­resse pas grand monde.

Di­manche, dans l’Orne, Ma­rine Le Pen a fait un pas sup­plé­men­taire vers un chan­ge­ment de nom. Le­quel ? « Nou­veau Front », que la fi­na­liste de la pré­si­den­tielle a tes­té lors de la réunion de lun­di (et qui tient lieu de slo­gan à sa tour­née des fé­dé­ra­tions) semble être une hy­po­thèse cré­dible. « Solidarité na­tio­nale » a été re­pous­sé. Tout comme « Ras­sem­ble­ment pour une ma­jo­ri­té gou­ver­ne­men­tale » . L’af­faire traîne. Il est im­pos­sible de sa­voir où en est le dé­pouille­ment des ré­ponses des adhé- rents au ques­tion­naire adres­sé fin 2017 : « Ça pro­gresse tous les jours », élude Jean-Lin La­ca­pelle, char­gé des fé­dé­ra­tions. Il est im­pos­sible de ve­nir voir, au siège du FN, comment se dé­roule le­dit dé­pouille­ment. Echau­dé par la « fuite » de RTL in­di­quant que 80 % des adhé­rents sont hos­tiles au chan­ge­ment de nom, le FN a fer­mé en­core un peu plus que d’ha­bi­tude portes et fe­nêtres.

Après la consul­ta­tion des adhé­rents, voi­là aus­si que le Front na­tio­nal im­pro­vise une consul­ta­tion d’un pa­nel d’élec­teurs. Ré­vé­lée jeu­di par Le Pa­ri­sien, l’in­for­ma­tion est confir­mée au siège du par­ti. Mais sous quelle forme ? Top se­cret, à moins que ce ne soit pas même dé­ci­dé. Des pa­nels, un son­dage, une étude qua­li­ta­tive sur le nom ac­tuel ? Peut- être que oui, peut- être que non. « Nous vou­lons son­der les élec­teurs », in­dique sim­ple­ment Jean- Lin La­ca­pelle, qui évoque l’hy­po­thèse de « sol­li­ci­ter des or­ga­nismes ex­té­rieurs pour chif­frer le coût d’une étude ».

Cruel, un membre du bu­reau po­li­tique note qu’ « il suf­fit que Phi­lippe Oli­vier lance une idée pour que Ma­rine dise qu’elle est bonne » . Le beau- frère de Ma­rine Le Pen, dé­jà très in­fluent pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle, est au­jourd’hui le plus écou­té des conseillers.

Le 11 mars à Lille, après le dis­cours de Ma­rine Le Pen ré­élue sans sur­prise pré­si­dente, on as­sis­te­ra à la dis­per­sion du con­grès d’un par­ti qui change de nom, mais dont le nou­veau nom ne se­ra choi­si qu’après une nou­velle consul­ta­tion des adhé­rents.

Avec le risque que le feuille­ton du nom éclipse tout le reste. « Tout ce­la, ce n’est pas de la po­li­tique… » , sou­pire un élu ré­gio­nal. En « off », évi­dem­ment. Ma­rine Le Pen a beau être af­fai­blie, elle leur fait tou­jours un peu peur. (en eu­ros) LES RU­MEURS DE CES­SION PURE ET SIMPLE de Pu­ma cou­raient de­puis des mois, ce se­ra fi­na­le­ment une scis­sion. Au­jourd’hui ac­tion­naire à 86,3 % du grand équi­pe­men­tier spor­tif, Ke­ring va consi­dé­ra­ble­ment al­lé­ger sa po­si­tion. Le groupe pré­si­dé par Fran­çois-Hen­ri Pi­nault a dé­ci­dé de dis­tri­buer à ses propres ac­tion­naires en­vi­ron 70 % du to­tal de sa par­ti­ci­pa­tion. À l’is­sue de l’opé­ra­tion, il ne conser­ve­ra plus que 16 % des titres Pu­ma, aux cô­tés de sa mai­son- mère Ar­té­mis, dé­ten­teur en di­rect de 29 % du ca­pi­tal et nou­veau « par­te­naire stra­té­gique de long terme » de l’en­tre­prise. Le flot­tant de la so­cié­té co­tée à Franc­fort at­tein­drait en­vi­ron 55 %.

Ce pro­jet « consti­tue une étape dé­ci­sive dans l’his­toire du groupe », es­time Fran­çois-Hen­ri Pi­nault, le PDG de Ke­ring. Une fois l’opé­ra­tion bou­clée, ce der­nier se consa­cre­ra « en­tiè­re­ment au dé­ve­lop­pe­ment de ses mai­sons de luxe, dont l’at­trac­ti­vi­té, fruit de leur au­dace créa­tive et de leur ca­pa­ci­té d’in­no­va­tion, per­met­tra de conti­nuer à ga­gner des parts de mar­ché et à créer de la va­leur ».

Le deal va per­mettre à Ke­ring de ren­for­cer son sta­tut de pure player du luxe. Il de­vrait sa­tis­faire les investisseurs qui ap­pe­laient de leurs voeux un re­cen­trage sur les ac­ti­vi­tés les plus ren­tables du groupe. Pu­ma est certes en plein re­dres­se­ment, mar­qué par une amé­lio­ra­tion sen- nelle proche de 33 %, celle d’Yves Saint-Laurent et de Bot­te­ga Ve­ne­ta tourne au­tour de 25 %. Des chiffres sans com­mune mesure avec le pôle li­fe­style, plus proche de 6 %.

Ra­che­té en 2007 pour 5,3 mil­liards d’eu­ros, Pu­ma au­ra donc pas­sé une dé­cen­nie dans le gi­ron de Ke­ring sans ja­mais par­ve­nir à convaincre de la per­ti­nence de sa place dans un groupe de plus en plus ré­so­lu­ment tour­né vers le luxe. « Ke­ring étu­die­ra toutes les op­tions pour sa marque Vol­com », l’autre en­ti­té du pôle li­fe­style, a d’ailleurs pré­ci­sé jeu­di soir le di­rec­teur fi­nan­cier du groupe.

L’opé­ra­tion dé­jà an­non­cée de­vrait nour­rir l’as­cen­sion bour­sière du groupe de Fran­çoisHen­ri Pi­nault, qui s’est dé­jà dis­tin­gué l’an der­nier en af­fi­chant la meilleure per­for­mance du CAC 40. Après un bond de 84 % l’an der­nier, l’ac­tion a dé­bu­té 2018 sur de nou­veaux re­cords. Elle a at­teint un som­met à 412 eu­ros mer­cre­di, va­lo­ri­sant Ke­ring à près de 51,5 mil­liards d’eu­ros. Un to­nus qui en­chante les ana­lystes tech­niques pour qui le groupe « vient de s’ou­vrir un po­ten­tiel de pro­gres­sion jus­qu’à 444 eu­ros ».

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