Une sup­pres­sion du for­fait so­cial pour boos­ter le pou­voir d’achat

L'Opinion - - Macron Se Place Au Centre Du Village - Ra­phaël Le­gendre @LEGENRA

C’EST LA PRIN­CI­PALE AN­NONCE d’Em­ma­nuel Ma­cron : le 1er jan­vier pro­chain, le for­fait so­cial (co­ti­sa­tion pa­tro­nale de 20 % sur l’in­té­res­se­ment ver­sé aux sa­la­riés), se­ra pu­re­ment et sim­ple­ment sup­pri­mé pour 1,23 mil­lion d’en­tre­prises qui comptent moins de 250 sa­la­riés en France. « C’est une an­nonce ma­jeure, un choix politique fort pour sou­te­nir le pou­voir d’achat des sa­la­riés », sa­lue Bruno Le Maire, à l’Opi­nion. Le ministre de l’Eco­no­mie et des Fi­nances se fé­li­cite de l’abou­tis­se­ment d’une me­sure sur la­quelle il tra­vaille de­puis des mois dans le cadre de la pré­pa­ra­tion de la loi Pacte, « pour faire en sorte que les sa­la­riés soient les pre­miers bé­né­fi­ciaires de la re­prise ».

« Ef­fet de souffle ». Le pré­sident de la Ré­pu­blique n’a pas tout dit. Outre l’in­té­res­se­ment, le for­fait so­cial se­ra aus­si com­plè­te­ment sup­pri­mé sur la par­ti­ci­pa­tion pour les 1,2 mil­lion d’en­tre­prises qui comptent moins de 50 sa­la­riés (au-de­là de 50 sa­la­riés, la par­ti­ci­pa­tion est obli­ga­toire). Une me­sure qu’il avait lui-même dé­fen­due dès 2014 en tant que ministre de l’Eco­no­mie. En­semble, ces deux me­sures forment un sti­mu­lus de 440 mil­lions d’eu­ros (200 mil­lions pour la par­ti­ci­pa­tion et 240 mil­lions pour l’in­té­res­se­ment), soit entre 8 % de 9 % des re­cettes to­tales du for­fait so­cial (5,3 mil­liards en 2016, 5,7 mil­liards es­ti­més en 2017) qui se­ra fi­nan­cé par des sup­pres­sions d’aides et de niches fis­cales aux en­tre­prises.

« On a vou­lu un ef­fet de souffle im­por­tant », dé­crypte une source gou­ver­ne­men­tale. L’ob­jec­tif est simple : dou­bler le nombre d’en­tre­prises ver­sant de l’in­té­res­se­ment par­mi celles ayant moins de 50 sa­la­riés. Elles ne sont que 16 % à l’avoir mis en place au­jourd’hui (contre 22 % pour les en­tre­prises entre 50 et 250 sa­la­riés) il fau­drait ar­ri­ver à en­vi­ron 30 % d’ici à la fin du quin­quen­nat. Pour ai­der les plus pe­tites d’entre elles – les com­mer­çants et les ar­ti­sans n’em­ployant que quelques sa­la­riés – des mo­dèles sim­pli­fiés se­ront mis en ligne par Ber­cy.

Après avoir com­plè­te­ment sup­pri­mé les charges au­tour du Smic de­puis le 1er jan­vier, la sup­pres­sion du for­fait so­cial est le deuxième étage de la fu­sée, qui se­ra com­plé­tée dans un troi­sième temps par l’exo­né­ra­tion li­mi­tée de charges so­ciale sur les heures sup­plé­men­taires. Au fi­nal, 16 mil­lions de sa­la­riés de­vraient voir leur pou­voir d’achat aug­men­ter du fait de leur ac­ti­vi­té. « Nous sommes dans une lo­gique du tra­vail qui paye », in­siste-t-on à Ber­cy. Un mes­sage mar­te­lé tout au long de l’in­ter­ven­tion d’Em­ma­nuel Ma­cron jeu­di. « Le coeur de la ba­taille pour moi, c’est le tra­vail, a-t-il ré­pé­té. Je veux que l’on com­prenne une chose : on ne peut se payer que ce que l’on pro­duit. On ne peut être juste que si d’abord on fait, on pro­duit on est plus fort. (…) L’ob­jec­tif, c’est le mé­rite, le tra­vail. C’est ça la clé : que le tra­vail paye mieux dans notre pays. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.