De maître du se­cret à porte-pa­role

L'Opinion - - Macron Se Place Au Centre Du Village - @P_Ai­rault

Le Pré­sident et sa ma­jo­ri­té pré­parent les élec­tions de­puis 2013. Nous avons mis en place une « cen­trale élec­to­rale » et le se­cré­taire gé­né­ral de la ma­jo­ri­té, Au­bin Mi­na­ku, après des tour­nées dans le pays et des consul­ta­tions, a re­com­man­dé que les for­ma­tions de la MP se re­groupent en pla­fe­forme élec­to­rale. Né à Ki­san­ga­ni en 1948, cet ex-sé­mi­na­riste, ayant étu­dié la phi­lo­so­phie et le droit, a été re­cru­té dans les ser­vices se­crets congo­lais en 1973. Il y of­fi­cie­ra sous cou­ver­ture di­plo­ma­tique à Pa­ris et à Bruxelles et par­ta­ge­ra la table d’Alexandre de Ma­renches, l’ex-pa­tron du Sdece, an­cêtre de la DGSE. Puis il se­ra am­bas­sa­deur au Rwan­da, oc­cu­pe­ra des postes de di­rec­tion à la Gé­ca­mines avant de de­ve­nir ad­mi­nis­tra­teur gé­né­ral du Ser­vice na­tio­nal d’in­tel­li­gence et de pro­tec­tion (Snip) en 1995. En re­trait à la chute de Mo­bu­tu dont il était proche, il a reIl y a beau­coup de spé­cu­la­bon­di en politique à par­tir tions. Le pro­chain can­di­dat dede 2003 dans l’opposition, vra avoir un gent­le­man’s agree­puis au sein de ment de loyau­té avec Jo­seph la ma­jo­ri­té en 2006. Ka­bi­la pour conti­nuer la mise en oeuvre des chan­tiers pré­si­den­tiels en ma­tière de gou­ver­nance, d’in­fra­struc­tures, d’émer­gence éco­no­mique…

Y au­ra-t-il un con­grès pour dé­si­gner ce can­di­dat ?

Je ne pense pas. S’il y a un con­grès, ce se­ra pour pré­sen­ter le can­di­dat choi­si par le chef de l’Etat.

Kin­sha­sa bruisse de ru­meurs. On parle d’Au­bin Mi­na­ku, pré­sident de l’As­sem­blée na­tio­nale, ou de l’an­cien Pre­mier ministre, Au­gus­tin Ma­ta­ta Po­nyo… Beau­coup soup­çonnent Jo­seph Ka­bi­la de vou­loir res­ter aux ma­nettes même s’il n’est plus chef de l’Etat…

Le pré­sident Ka­bi­la conser­ve­ra un rôle politique de pre­mier plan après ces élec­tions. Je ne pense pas qu’il de­vienne Pre­mier ministre comme cer­tains l’ont évo­qué. Par contre, il conser­ve­ra les rênes du PPRD, sa for­ma­tion, et de notre pla­te­forme politique. Si nous avons la ma­jo­ri­té à l’As­sem­blée na­tio­nale, il dé­si­gne­ra le fu­tur Pre­mier ministre.

Avant de pou­voir être can­di­dat, il faut qu’il re­couvre la na­tio­na­li­té congo­laise et qu’il n’ait ja­mais sol­li­ci­té une autre na­tio­na­li­té (NDLR : de mère congo­laise et de père grec, il a eu la na­tio­na­li­té ita­lienne entre 2000 et 2017). Il ne rem­plit pas, pour l’ins­tant, les condi­tions au re­gard de la loi. Vir­tuel­le­ment, c’est un apa­tride.

En 2006, Jo­seph Ka­bi­la a été ac­cu­sé de ne pas être congo­lais par ses op­po­sants. En re­fu­sant à Ka­tum­bi le droit de se pré­sen­ter, n’avez-vous pas peur de faire re­sur­gir de vieux dé­mons ?

Il n’y a pas de pro­blème de congo­li­té. Ken­go wa Don­do, pré­sident du Sé­nat, est un mé­tis. C’est la deuxième per­son­na­li­té de la Ré­pu­blique. Les équi­libres géos­tra­té­giques en RD Con­go concernent les pro­vinces et les tri­bus et non les races et les re­li­gions.

L’Eglise ca­tho­lique or­ga­nise des marches, de­man­dant aux Congo­lais de « bar­rer la route » à ceux qui vou­draient confis­quer le pou­voir…

C’est sur­tout l’ar­che­vêque de Kin­sha­sa, Laurent Mon­seng­wo, qui a fait des dé­cla­ra­tions po­li­tiques qui ont se­mé le doute chez les chré­tiens. C’est une im­mix­tion in­com­pré­hen­sible. On at­ten­dait plus de re­te­nue d’un ar­che­vêque. Mais ses po­si­tions ne re­pré­sentent pas l’avis gé­né­ral des chré­tiens ni de la Con­fé­rence épi­sco­pale na­tio­nale du Con­go. Le pape Fran­çois n’est pas sur la même ligne et a nom­mé un évêque co­ad­ju­teur à Kin­sha­sa, Mgr Fri­do­lin Am­bon­go Be­sun­gu.

On vous ac­cuse de jouer les kim­ban­guistes, fi­dèles d’une église in­dé­pen­dante afri­caine, contre les chré­tiens…

La RDC est un Etat laïque dont les chré­tiens consti­tuent la pre­mière re­li­gion. La re­la­tion entre la Ré­pu­blique et le Saint-Siège est ré­gie par un ac­cord re­con­nais­sant la li­ber­té de culte et l’au­to­ri­té de l’Etat sur les ci­toyens. Il n’est pas dans notre in­té­rêt de créer une guerre de re­li­gions.

Le Pré­sident a de­man­dé le dé­part de la Mo­nus­co en 2020. Pour­quoi ?

La sé­cu­ri­té re­vient pro­gres­si­ve­ment sur le ter­ri­toire et l’ar­mée congo­laise peut y faire face. Il y a ac­tuel­le­ment des opé­ra­tions pour ré­duire les foyers d’in­sé­cu­ri­té à l’Est.

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