Ame­ri­ca first : Do­nald Trump se met à dos ses pre­miers sou­tiens

L'Opinion - - Syrie : Après Les Frappes, Le Refus De L’escalade - G.S.

« MIS­SION AC­COM­PLIE ». En sa­luant – sur son compte twit­ter, comme il se doit – le suc­cès des frappes aé­riennes me­nées à sa de­mande contre la Sy­rie pour pu­nir Da­mas d’avoir eu re­cours à des armes chi­miques contre son peuple, Do­nald Trump n’a pas fait que des heu­reux dans son propre camp. Nombre de ses sup­por­ters de la pre­mière heure qui avaient sa­lué son en­ga­ge­ment de cam­pagne d’en fi­nir avec la po­li­tique étran­gère amé­ri­caine « d’in­ter­ven­tion et de chaos » pour se consa­crer es­sen­tiel­le­ment à l’Amé­rique ( « Ame­ri­ca first ») se sont sen­tis tra­his. D’au­tant qu’au dé­but du mois, leur chef de file avait an­non­cé que les Etats-Unis al­laient « sor­tir de la Sy­rie très bien­tôt » ;

« Do­nald Bush ». « Trump au plus bas » a ain­si ré­agi Alex Jones, un ani­ma­teur de ra­dio connu pour être un théo­ri­cien du com­plot, en ex­pli­quant que le Pré­sident avait « fait l’ob­jet d’un chan­tage pour dé­clen­cher une Troi­sième Guerre mon­diale ». Sur­nom­mé « Do­nald Bush » par Mike Cer­no­vich, fi­gure de l’ul­tra-droite, en ré­fé­rence à George W. Bush qui avait en­ga­gé les Etats-Unis dans la dé­sas­treuse aven­ture ira­kienne, l’hôte de la Mai­son Blanche est aus­si épin­glé par Mi­chael Sa­vage, com­men­ta­teur po­li­tique conser­va­teur, pour s’être lais­sé dé­tour­ner par de « tristes va-ten-guerre ». « Je n’ai pas lu la consti­tu­tion fran­çaise ou bri­tan­nique mais j’ai lu la nôtre et n’y fi­gure nulle part une quel­conque au­to­ri­té pré­si­den­tielle pour frap­per la Sy­rie » dé­nonce pour sa part Thomas Mas­sie, re­pré­sen­tant ré­pu­bli­cain du Ken­tu­cky.

Le trouble gagne aus­si les plus mo­dé­rés qui de­mandent à Do­nald Trump d’être co­hé­rent. « Pour réus­sir sur le long terme, nous avons be­soin d’une stra­té­gie claire pour la Sy­rie et la ré­gion tout en­tière. Le Pré­sident doit ex­po­ser ses ob­jec­tifs non seule­ment vis-à-vis de l’Etat is­la­mique mais aus­si sur le conflit sy­rien en cours et l’in­fluence per­ni­cieuse de la Russie et l’Iran dans la ré­gion » es­time au­jourd’hui le sé­na­teur ré­pu­bli­cain John McCain, qui pré­side la com­mis­sion sé­na­to­riale de la Dé­fense.

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