Net­flix conti­nue de re­cru­ter des abon­nés

L'Opinion - - The Wall Street Journal & L'opnion - Sha­li­ni Ra­ma­chan­dran avec Ima­ni Moise

Net­flix a en­re­gis­tré un autre tri­mestre de forte crois­sance de ses abon­nés qui a dé­pas­sé ses propres pré­vi­sions et les at­tentes de Wall Street, illus­trant la de­mande conti­nue pour un ser­vice qui compte dé­sor­mais 125 mil­lions d’abon­nés dans le monde.

Le cours de ses ac­tions a bon­di de 4,9% à 322,85 dol­lars dans les échanges sui­vant la clô­ture de la Bourse, après une baisse de 1,2% au cours de la séance de lun­di, en rai­son de pré­oc­cu­pa­tions sur la ca­pa­ci­té de la so­cié­té de vi­déo à la de­mande de main­te­nir sa crois­sance.

Le géant du strea­ming vi­déo a re­cru­té 7,41 mil­lions d’abon­nés au pre­mier tri­mestre, dont 5,46 mil­lions à l’in­ter­na­tio­nal. Les ana­lystes at­ten­daient un peu plus de 6,5 mil­lions de nou­veaux abon­nés nets. Le groupe pré­voit éga­le­ment de conti­nuer de re­cru­ter des abon­nés à un rythme sou­te­nu dans le tri­mestre en cours. Net­flix pré­voit un ajout net de 6,2 mil­lions d’uti­li­sa­teurs, contre 5,6 mil­lions pour les ana­lystes.

Les ac­tions Net­flix en­re­gistrent l’une des plus fortes hausses du mar­ché de­puis le dé­but de l’an­née, la so­cié­té ayant dé­pas­sé les at­tentes quant à sa crois­sance amé­ri­caine et in­ter­na­tio­nale. Le cours de l’en­tre­prise a pro­gres­sé de plus de 60% en 2018, com­pa­ré à l’aug­men­ta­tion de 0,2% du S& P 500. La hausse a été plus forte en­core en dé­but d’an­née, Net­flix ayant dé­mon­tré, à l’oc­ca­sion de la pu­bli­ca­tion de ses ré­sul­tats du qua­trième tri­mestre, qu’il conti­nuait de re­cru­ter des abon­nés sur le mar­ché do­mes­tique en dé­pit d’une hausse des prix, ten­dance qui s’est pour­sui­vie au pre­mier tri­mestre.

Le titre Net­flix a sur­per­for­mé par rap­port à ses pairs tech­no­lo­giques, les in­ves­tis­seurs étant de plus en plus pré­oc­cu­pés par la pos­sible ré­gle­men­ta­tion des géants du Web, tels que Google (Al­pha­bet) et Fa­ce­book, concer­nant la confi­den­tia­li­té des don­nées. Lors de la pré­sen­ta­tion des ré­sul­tats lun­di, le di­rec­teur gé­né­ral de Net­flix, Reed Has­tings, a dis­tin­gué son en­tre­prise, dont le mo­dèle éco­no­mique est sou­te­nu par les abon­ne­ments, des autres géants de la tech­no­lo­gie. « Nous sommes très dif­fé­rents des en­tre­prises dont le mo­dèle éco­no­mique re­pose sur la pu­bli­ci­té et nous avons tou­jours été très at­ten­tifs à la pro­tec­tion des don­nées de l’en­semble de nos membres », a dé­cla­ré Reed Has­tings. « Je pense que nous sommes sub­stan­tiel­le­ment vac­ci­nés contre les autres pro­blèmes qui se pro­duisent dans l’in­dus­trie. »

Sou­li­gnant que Net­flix va dé­pen­ser plus de 10 mil­liards de dol­lars en conte­nus et en mar­ke­ting cette an­née, contre 1,3 mil­liard de dol­lars pour la tech­no­lo­gie, Reed Has­tings a dé­cla­ré : « Nous sommes plus une en­tre­prise de mé­dias que de tech­no­lo­gie pure ».

Les in­ves­tis­seurs cher­chaient dans les ré­sul­tats de lun­di les preuves que l’en­tre­prise ba­sée en Ca­li­for­nie peut sou­te­nir une crois­sance mon­diale ra­pide alors que son mar­ché in­té­rieur ar­rive à ma­tu­ri­té. Les di­ri­geants de Net­flix ont sou­li­gné que le po­ten­tiel d’abon­nés était équi­valent à toutes les connexions haut dé­bit dans le monde en de­hors de la Chine – qu’ils es­timent à en­vi­ron 700 mil­lions, en crois­sance vers le mil­liard. Net­flix compte ac­tuel­le­ment 118,9 mil­lions d’abon­nés payants et 125 mil­lions de membres au to­tal. L’in­ter­na­tio­nal re­pré­sente dé­sor­mais 55% des abon­ne­ments glo­baux et 50% des re­ve­nus.

Sur son mar­ché do­mes­tique, Net­flix a noué des ac­cords de par­te­na­riat avec des groupes pour at­ti­rer plus d’abon­nés. La se­maine der­nière, la so­cié­té a an­non­cé une al­liance avec son an­cien concur­rent Com­cast pour in­té­grer son ser­vice aux offres de té­lé­vi­sion par câble et In­ter­net du four­nis­seur d’ac­cès. Net­flix a conclu un ac­cord si­mi­laire le mois der­nier avec l’opé­ra­teur de té­lé­vi­sion payante eu­ro­péen Sky et a éga­le­ment re­grou­pé son ser­vice avec l’opé­ra­teur de té­lé­pho­nie sans fil T-Mo­bile.

La so­cié­té a éga­le­ment in­ves­ti mas­si­ve­ment dans le conte­nu pour at­ti­rer et gar­der des abon­nés. Net­flix a re­dit lun­di qu’elle pré­voyait de dé­pen­ser jus­qu’à 8 mil­liards de dol­lars en conte­nus cette an­née, plus que ses ri­vaux HBO et Ama­zon.com. En rai­son de ce ni­veau éle­vé de dé­penses pour se four­nir en conte­nu ori­gi­nal, Net­flix dev­rait af­fi­cher un flux de tré­so­re­rie né- ga­tif de 3 à 4 mil­liards de dol­lars cette an­née. Il pré­voit « en­core plu­sieurs an­nées » de flux de tré­so­re­rie né­ga­tifs.

Net­flix au­ra un to­tal de 700 sé­ries et films ori­gi­naux dans son ca­ta­logue cette an­née, dont 80 sé­ries spé­ci­fiques dé­diées aux mar­chés lo­caux non an­glo­phones. Net­flix pour­suit éga­le­ment sa re­cherche agres­sive de ta­lents de pre­mier plan, at­ti­rant tout le monde, des stars du ci­né­ma hol­ly­woo­dien aux pu­bli­cistes à gros sa­laires. Le ser­vice de strea­ming a dé­bau­ché Ryan Mur­phy, le pro­duc­teur de « Glee » et « Ame­ri­can Hor­ror Sto­ry » de 21st Cen­tu­ry Fox, avec un ac­cord de pro­duc­tion de 300 mil­lions de dol­lars sur cinq ans, en plus de cour­ti­ser Shon­da Rhimes, la créa­trice de « Scan­dal ».

Cette am­bi­tion de crois­sance des conte­nus du ser­vice de strea­ming bous­cule ses ri­vaux na­tio­naux et in­ter­na­tio­naux, qui craignent pour leurs af­faires.

Net­flix est ac­tuel­le­ment en bis­bille avec le Fes­ti­val de Cannes, qui a an­non­cé qu’il ne per­met­tra pas aux films ori­gi­naux de Net­flix de concou­rir pour la Palme d’Or, la ré­com­pense ul­time, car ses films ne sont pas dis­tri­bués en salles en France. La loi fran­çaise im­pose en outre que les films ne soient dif­fu­sés sur les ser­vices de strea­ming que 36 mois après leur sor­tie – une exi­gence en contra­dic­tion avec Net­flix, dont le mo­dèle en­tier est de lan­cer les films sur son ser­vice pour ses abon­nés. Quand les di­ri­geants de Cannes ont pro­po­sé à Net­flix de pré­sen­ter des films hors com­pé­ti­tion, sa ré­ponse a été de se re­ti­rer com­plè­te­ment de Cannes.

« Nous conti­nue­rons de pré­sen­ter nos films et réa­li­sa­teurs dans d’autres fes­ti­vals à tra­vers le monde, mais mal­heu­reu­se­ment nous de­vons nous re­ti­rer de Cannes pour que notre com­mu­nau­té crois­sante de membres fran­çais puisse conti­nuer à pro­fi­ter de nos films ori­gi­naux » , a ex­pli­qué Net­flix lun­di dans une lettre aux ac­tion­naires.

Net­flix a en­re­gis­tré au pre­mier tri­mestre un bé­né­fice glo­bal de 290 mil­lions de dol­lars, soit 64 cents par ac­tion, contre 178 mil­lions de dol­lars, soit 40 cents par ac­tion, un an plus tôt. Le chiffre d’af­faires a bon­di de 40% à 3,7 mil­liards de dol­lars. Les ana­lystes in­ter­ro­gés par Thom­son Reu­ters pré­voyaient un bé­né­fice de 64 cents par ac­tion pour des re­ve­nus de 3,69 mil­liards de dol­lars.

SI­PA PRESS

Le ser­vice de vi­déo en strea­ming a en­gran­gé 7,41 mil­lions d’abon­nés sup­plé­men­taires, dont 5,46 mil­lions à l’in­ter­na­tio­nal, au pre­mier tri­mestre.

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