As­su­rance-chô­mage : l’Uné­dic vers un ex­cé­dent... en 2020

L'Opinion - - Modèle Social : Macron Persiste Et Signe - F.G.

MER­CI LA CROIS­SANCE ! Grâce à la re­prise et aux créa­tions d’em­plois très éle­vées – près de 300 000 en 2017 dans le sec­teur mar­chand –, ce sont des co­ti­sa­tions en plus qui entrent dans les caisses. Et qui amé­liorent sen­si­ble­ment les comptes du ré­gime de l’as­su­rance-chô­mage, au point que ce­lui-ci de­vrait re­nouer avec l’équi­libre dès 2019. Mieux, l’ex­cé­dent se­rait au ren­dez-vous en 2020, à hauteur de 3,6 mil­liards d’eu­ros. Sur les an­nées 2020 et 2021, le désen­det­te­ment se­rait en­ga­gé à hauteur de plus de 5 mil­liards d’eu­ros, as­sure l’Uné­dic.

Une bonne nou­velle, quand on sait que de­puis la crise fi­nan­cière, le dé­fi­cit s’est éle­vé chaque an­née entre 4 à 5 mil­liards et que la dette reste la bête noire du ré­gime. Es­ti­mée à 35 mil­liards d’eu­ros cette an­née, elle pour­rait ain­si re­des­cendre à 29,8 mil­liards d’eu­ros en 2021, se­lon les pré­vi­sions ren­dues pu­bliques ce mer­cre­di. La dette re­pré­sen­te­rait à son maxi­mum onze mois de re­cettes. Des chif­frages qui prennent en compte « une crois­sance qui se pour­sui­vrait jus­qu’en 2021 mais à un rythme plus mo­dé­ré », et qui in­tègrent aus­si « le moindre ef­fet des po­li­tiques pu­bliques de l’emploi », c’est-à-dire no­tam­ment la baisse des contrats ai­dés mais éga­le­ment le CICE.

« Désen­det­te­ment ». Les par­te­naires so­ciaux qui gèrent le ré­gime de­puis sa créa­tion en 1958, n’ont pas man­qué l’oc­ca­sion de sou­li­gner qu’ils en­dossent leur rôle avec sé­rieux et de mon­trer au gou­ver­ne­ment Ma­cron qu’ils sont res­pon­sables. Ain­si, mettent-ils en avant les ef­fets bé­né­fiques de la der­nière conven­tion as­su­rance-chô­mage que pa­tro­nat et syn­di­cats ont si­gnée en avril 2017. Ils es­timent que les me­sures – no­tam­ment sur l’emploi des se­niors – ont gé­né­ré presque 1 mil­liard d’éco­no­mies par an – 930 mil­lions d’eu­ros exac­te­ment. « Sans ces dé­ci­sions, ex­plique le bu­reau de l’Uné­dic, la dette de l’as­su­rance-chô­mage au­rait été alour­die de près de 2,7 mil­liards d’eu­ros en 2021. » Et Pa­tri­cia Fer­rand, la pré­si­dente, d’in­sis­ter : « On a as­su­mé po­li­ti­que­ment l’en­det­te­ment du ré­gime, au mo­ment de la crise fi­nan­cière, pour sé­cu­ri­ser à un bon ni­veau l’in­dem­ni­sa­tion des chô­meurs, mais l’en­jeu au­jourd’hui, c’est que l’ex­cé­dent dé­ga­gé per­mette le désen­det­te­ment. »

Ils ne se privent pas, d’ailleurs, de sou­li­gner le poids des contrats courts, qui pèsent sur les comptes. Le gou­ver­ne­ment a lais­sé jus­qu’à la fin de l’an­née aux branches pro­fes­sion­nelles le soin de faire le né­ces­saire pour en li­mi­ter l’usage. Mais, ont in­sis­té les membres de l’Uné­dic, sur cette ques­tion sen­sible, ils sou­haitent éta­blir un diag­nos­tic qui ne soit pas que « comp­table », mais prenne bien en compte l’ana­lyse des par­cours des per­sonnes... Comme un mes­sage à Em­ma­nuel Ma­cron.

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