La voie de la dé­mo­cra­ti­sa­tion de l’Eu­rope

L'Opinion - - La fabrique de l' Opinion - Man­fred We­ber

CETTE SE­MAINE SE JOUE­RA en Fin­lande une sé­quence dé­mo­cra­tique dé­ter­mi­nante pour l’Eu­rope toute en­tière. Réuni en con­grès à Hel­sin­ki mer­cre­di et jeu­di, le Par­ti po­pu­laire eu­ro­péen (PPE) éli­ra son « spit­zen­kan­di­dat » pour les élec­tions eu­ro­péennes. Par ce vote, pour la deuxième fois dans l’his­toire de notre par­ti, les re­pré­sen­tants des 49 par­tis membres du PPE éli­ront le can­di­dat de notre fa­mille po­li­tique pour la pré­si­dence de la Com­mis­sion eu­ro­péenne. Comme en 2014, nous nous en­ga­ge­rons donc dans la cam­pagne des eu­ro­péennes en an­non­çant à l’avance aux élec­teurs qui pré­si­de­ra l’exé­cu­tif eu­ro­péen après juillet 2019, si le PPE rem­porte ces élec­tions.

Ce fai­sant, nous ne fe­rons qu’ap­pli­quer le prin­cipe dé­mo­cra­tique fon­da­men­tal se­lon le­quel chaque par­ti po­li­tique se pré­sente de­vant les élec­teurs en met­tant en avant un pro­gramme et un can­di­dat. Nous contri­buons ain­si à sor­tir l’Eu­rope des dé­bats théo­riques et des dé­ci­sions prises der­rière des portes closes, à la rendre plus trans­pa­rente, plus in­car­née et plus dé­mo­cra­tique. Je me ré­jouis donc que les so­cia­listes eu­ro­péens et les Verts nous aient em­boî­té le pas et aient, eux aus­si, pré­vu de dé­si­gner leurs can­di­dats dans les pro­chains mois.

Certes, la pro­cé­dure, en­core peu connue du grand pu­blic, reste à par­faire. Mais quelle dif­fé­rence par rap­port à 2014 ! A l’époque, rares étaient les mé­dias à avoir fait état de la cam­pagne des « spit­zen­kan­di­da­ten » et des can­di­da­tures de Mar­tin Schulz, pour le Par­ti so­cia­liste eu­ro­péen, de Guy Ve­rhof­stadt pour les Li­bé­raux et de Jean-Claude Jun­cker pour le PPE. Ils avaient été en­core moins nom­breux à suivre la cam­pagne in­terne au PPE qui avait op­po­sé Mi­chel Bar­nier à Jean-Claude Jun­cker. Cette fois-ci, la donne a chan­gé. Les mé­dias de tous les pays eu­ro­péens ont pris conscience de l’im­por­tance de l’en­jeu. De­puis quelques se­maines, ils re­gorgent d’ar­ticles et d’in­ter­views au cours des­quelles le Fin­lan­dais Alex Stubb et moi-même, les deux can­di­dats en lice, avons eu l’oc­ca­sion de pré­sen­ter nos pro­po­si­tions.

Grand vain­queur. N’en dé­plaise à tous ceux qui, au sein de La Ré­pu­blique en marche no­tam­ment, cherchent à dé­cré­di­bi­li­ser le pro­ces­sus et, pro­ba­ble­ment faute de mieux, concentrent leurs at­taques sur nous : de­puis ces der­nières se­maines, c’est le PPE qui est au centre de l’at­ten­tion mé­dia­tique eu­ro­péenne.

Au cours des der­nières se­maines, Alex Stubb et moi-même avons me­né une cam­pagne in­terne dy­na­mique et vi­vante. J’ai voya­gé à tra­vers toute l’Eu­rope, ren­con­tré de nom­breux membres de notre fa­mille po­li­tique. Si j’ai l’hon­neur d’être élu jeu­di pro­chain, je mè­ne­rai une cam­pagne ac­tive d’ici aux élec­tions eu­ro­péennes pour convaincre les élec­teurs de l’en­semble des 27 Etats membres. A Hel­sin­ki, Alex et moi-même au­rons l’oc­ca­sion de pré­sen­ter nos deux pro­fils, mais aus­si, et sur­tout, de sou­li­gner tout ce qui nous ras­semble. Quelle que soit l’is­sue du vote, le PPE en sor­ti­ra comme le grand vain­queur. Notre fa­mille po­li­tique se­ra unie der­rière son spit­zen­kan­di­dat, en ordre de marche pour pré­pa­rer les élec­tions. Que ce­la plaise ou non à La Ré­pu­blique en marche, la dé­mo­cra­ti­sa­tion de l’Eu­rope est en bonne voie, et c’est le PPE qui montre le che­min de cette ré­vo­lu­tion dé­mo­cra­tique.

L’eu­ro­dé­pu­té al­le­mand Man­fred We­ber pré­side de­puis 2014 le groupe du Par­ti po­pu­laire eu­ro­péen (dé­mo­cra­tes­chré­tiens, droite et centre droit), la plus grande for­ma­tion po­li­tique du Par­le­ment eu­ro­péen.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.