In­ge­ni­co re­mer­cie son PDG sur fond de ré­vi­sion stra­té­gique

L'Opinion - - Fiscalité Verte : Le Jeu Des Sept Hypocrisies - Mu­riel Motte t @mu­riel­motte

IN­GE­NI­CO TOURNE LA PAGE Phi­lippe La­zare. « A la de­mande du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion », ce der­nier « a re­mis l’en­semble de ses man­dats de pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral et d’ad­mi­nis­tra­teur à dis­po­si­tion du conseil, afin de fa­ci­li­ter la tran­si­tion ma­na­gé­riale dans l’in­té­rêt d’In­ge­ni­co group », a an­non­cé un com­mu­ni­qué lun­di ma­tin.

Dans la fou­lée, les fonc­tions de pré­sident et de di­rec­teur gé­né­ral ont été dis­so­ciées. Ni­co­las Huss, 54 ans, jus­qu’à pré­sent vice-pré­sident exé­cu­tif en charge de la stra­té­gie et de la per­for­mance, prend les rênes opé­ra­tion­nelles du spé­cia­liste des paie­ments. Consi­dé­ré comme le dau­phin de Phi­lippe La­zare de­puis son ar­ri­vée à l’été 2017, il a au­pa­ra­vant oc­cu­pé pen­dant trois ans le poste de di­rec­teur gé­né­ral de Vi­sa Eu­rope. Ber­nard Bou­ri­geaud,

74 ans, de­vient pré­sident du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion.

C’est un très bon connais­seur du sec­teur puis­qu’il a fon­dé

Atos, un groupe qu’il a di­ri­gé dix-sept ans. Il est ac­tuel­le­ment in­ves­tis­seur, consul­tant et pro­fes­seur af­fi­lié à HEC et était ad­mi­nis­tra­teur in­dé­pen­dant d’In­ge­ni­co.

Proie.

Le co­mi­té d’ex­perts in­dé­pen­dants char­gé il y a quelques se­maines de ré­exa­mi­ner « la stra­té­gie et l’évo­lu­tion de la gou­ver­nance » d’In­ge­ni­co a donc re­mer­cié ce­lui qui pré­si­dait ses des­ti­nées de­puis onze ans. Dans un monde en pleine trans­for­ma­tion di­gi­tale, Phi­lippe La­zare pei­nait à convaincre le mar­ché du bien-fon­dé de sa stra­té­gie. His­to­ri­que­ment cen­tré sur les ter­mi­naux de paie­ments, le groupe est en train de se dé­ployer dans le com­merce en ligne, une mue no­tam­ment in­car­née par le ra­chat de la fin­tech sué­doise Bam­bo­ra l’an der­nier. Mais en trois ans, l’ac­tion In­ge­ni­co a perdu 35 %. L’an­nonce du chan­ge­ment de gou­ver­nance lui fai­sait re­ga­gner près de 5 % lun­di dans la ma­ti­née.

L’ave­nir du lea­der des moyens de paie­ments – stand alone ou pas – de­vrait se des­si­ner ra­pi­de­ment. La chute de son titre sur fond de per­for­mances ju­gées dé­ce­vantes en a fait une proie aux yeux des mar­chés. L’en­tre­prise, dont la ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière est tom­bée à 4,3 mil­liards d’eu­ros, vient de re­voir en baisse sa pré­vi­sion d’Ebit­da (ré­sul­tat d’ex­ploi­ta­tion), de 545 à 510 mil­lions d’eu­ros pour 2018.

Mi-oc­tobre, le nom de l’in­ven­teur du Ti­cket-Res­tau­rant, Eden­red, avait sur­gi comme pré­da­teur po­ten­tiel. Après avoir in­di­qué qu’In­ge­ni­co fai­sait « clai­re­ment » par­tie de l’éco­sys­tème sur le­quel le groupe de­vait veiller, Eden­red pré­ci­sait qu’il n’en­vi­sa­geait pas d’opé­ra­tion sur le ca­pi­tal de l’en­tre­prise.

Au même mo­ment, Na­tixis confir­mait, en re­vanche, des ap­proches vi­sant « à ex­plo­rer la lo­gique d’un rap­pro­che­ment in­dus­triel de ses ac­ti­vi­tés de paie­ment avec celles du groupe In­ge­ni­co, et avoir des dis­cus­sions pré­li­mi­naires en cours à ce su­jet ». L’an der­nier, la banque a gé­né­ré un chiffre d’af­faires de 336 mil­lions d’eu­ros dans les ser­vices de paie­ment, dont l’es­sen­tiel pour le compte des ré­seaux de sa mai­son­mère BPCE (Banque po­pu­laire et Caisses d’épargne). Et ses di­ri­geants am­bi­tionnent de de­ve­nir un ac­teur de pre­mier plan en Eu­rope où la concen­tra­tion est en cours. Via sa fi­liale Word­line, Atos a ré­cem­ment mis la main sur le suisse Six Pay­ment, moyen­nant 2,3 mil­liards d’eu­ros.

Les ana­lystes du cour­tier Bryan Gar­nier s’at­tendent à ce que la nou­velle di­rec­tion prenne « des me­sures fortes » pour re­dres­ser la barre d’In­ge­ni­co. Ses ac­tion­naires (Al­lianz GI, Bpi­france Par­ti­ci­pa­tions, Bla­ckRock, Ju­pi­ter AM) aus­si.

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