Nu­mé­ro unique des ur­gences: il n’y a tou­jours pas de to­na­li­té...

L’ad­mi­nis­tra­tion a re­mis son rap­port sur l’ins­tau­ra­tion d’un nu­mé­ro unique pour les ur­gences. Em­ma­nuel Ma­cron doit tran­cher

L'Opinion - - Gilets Jaunes : La Colère Par Procuration - Mi­reille Wein­berg t @Mi_Wein­berg

Les pou­voirs pu­blics ré­flé­chissent à la mise en place d’un nu­mé­ro d’ap­pel unique pour les ur­gences, qu’il s’agisse de joindre la po­lice (17), les pom­piers (18) ou le Samu (15), confor­mé­ment à la pro­messe faite par le pré­sident de la Ré­pu­blique, en oc­tobre 2017. Plu­sieurs mi­nis­tères sont dans la boucle, no­tam­ment ceux de l’In­té­rieur et de la San­té. Un rap­port confi­den­tiel es­quisse plu­sieurs pistes. Les trois numéros dis­pa­raî­traient au pro­fit du nu­mé­ro eu­ro­péen unique, le 112. « TOUT DE­VAIT ÊTRE RÉ­GLÉ en trois mois, mais ce­la fait plus d’un an qu’on at­tend une ré­ponse », dit Fran­çois Braun, mé­de­cin ur­gen­tiste et pré­sident de Samu-Ur­gences de France. La créa­tion d’un nu­mé­ro unique pro­mise par le pré­sident de la Ré­pu­blique dans son dis­cours du 7 oc­tobre 2017, pour trai­ter les ap­pels d’ur­gence (po­lice, Samu et pom­piers), n’est pas aus­si simple qu’il n’y pa­raît au pre­mier abord.

Une mis­sion a été confiée l’Ins­pec­tion gé­né­rale des af­faires so­ciales (Igas) et à l’Ins­pec­tion gé­né­rale de l’ad­mi­nis­tra­tion (Iga), qui doit faire des pro­po­si­tions. Les an­nonces, d’abord at­ten­dues lors du grand dis­cours pré­si­den­tiel sur la ré­forme du sys­tème de san­té du 18 sep­tembre, ont fi­na­le­ment été re­por­tées, en at­ten­dant la re­mise du rap­port des deux ad­mi­nis­tra­tions.

Il est ar­ri­vé au mi­nis­tère de la San­té et place Beau­vau en même temps que Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, mi-oc­tobre, mais il est à ce stade res­té confi­den­tiel. Ce n’est pas la prio­ri­té ac­tuelle de l’Ely­sée, d’au­tant plus qu’il y a tou­jours un risque de fâ­cher l’un des corps de fonc­tion­naires concer­nés, les pom­piers, la po­lice, la gen­dar­me­rie ou les mé­de­cins ur­gen­tistes, qui veulent cha­cun pré­ser­ver leur pré car­ré.

Le rap­port de l’Igas/Iga avance donc à pas feu­trés. Il pro­pose d’abord la no­mi­na­tion d’un dé­lé­gué in­ter­mi­nis­té­riel pour co­or­don­ner le tra­vail de ter­rain des dif­fé­rents corps concer­nés. Car, der­rière le nu­mé­ro unique, il y a des pla­te­formes de trai­te­ment des ap­pels téléphoniques : une pour le Samu, une autre pour les pom­piers, une autre pour la po­lice, etc. « Il y a quelques ex­cep­tions. Dans seize dé­par­te­ments, la pla­te­forme est com­mune entre le Samu et les pom­piers », ex­plique Fran­çois Braun. Mais ailleurs, cha­cun a son ou­til de trai­te­ment.

« Cris­pa­tions ». En­suite et confor­mé­ment aux voeux du chef de l’Etat, l’ad­mi­nis­tra­tion pro­pose de sup­pri­mer les numéros d’ap­pel ac­tuels (15, 17 et 18) et de les rem­pla­cer par le 112, le nu­mé­ro eu­ro­péen, qui existe dé­jà. Toute la ques­tion est de sa­voir qui traite l’ap­pel. Le rap­port en­vi­sage deux so­lu­tions : la fu­sion des pla­te­formes dé­par­te­men­tales ac­tuelles du Samu, de la po­lice et des pom­piers, ou leur main­tien avec la créa­tion d’une nou­velle pla­te­forme co­or­don­na­trice – il en fau­drait une di­zaine sur tout le ter­ri­toire – char­gée de trier et de re­di­ri­ger les ap­pels vers les pla­te­formes exis­tantes, se­lon le pro­blème.

« La se­conde so­lu­tion pa­raît la plus facile à mettre en oeuvre. La pre­mière, qui consiste à réunir les pla­te­formes d’un même dé­par­te­ment, pa­raît illu­soire, tant il y a de cris­pa­tions entre les dif­fé­rents corps de fonc­tion­naires concer­nés », dit un conseiller mi­nis­té­riel. « Les ur­gen­tistes ont be­soin de res­ter lo­ca­li­sés dans l’hô­pi­tal. Or, ni la po­lice, ni la gen­dar­me­rie, ni les pom­piers ne veulent nous y re­joindre », confirme Fran­çoisB­raun. Le nu­mé­ro, en­core em­bryon­naire, des mé­de­cins li­bé­raux pour les ur­gences non vi­tales, le 116 117, pour­rait, lui, co­exis­ter avec le nu­mé­ro unique des ur­gences, à l’image de ce qui se passe par­tout en Eu­rope. Reste au chef de l’Etat à dé­ci­der de la suite des évé­ne­ments.

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