Ac­com­pa­gner la né­ces­saire mu­ta­tion vers un monde bas car­bone

L'Opinion - - Sustainable Finance - Frédéric Jan­bon Frédéric Jan­bon est ad­mi­nis­tra­teur-di­rec­teur gé­né­ral de BNP Pa­ri­bas As­set Ma­na­ge­ment Hol­ding. FRÉDÉRIC JAN­BON

CHEZ BNP Pa­ri­bas As­set Ma­na­ge­ment, nous croyons en un mo­dèle de crois­sance éco­no­mique à faible te­neur en car­bone, res­pon­sable et in­clu­sif, indispensable pour dé­li­vrer des re­tours du­rables à long terme sur les in­ves­tis­se­ments que nous confient nos clients. De­puis 2011, nous ap­pli­quons des cri­tères ESG (en­vi­ron­ne­men­taux, so­cial, gou­ver­nance) à tous nos fonds ou­verts, au tra­vers de po­li­tiques sec­to­rielles et de l’ex­clu­sion des en­tre­prises en vio­la­tion du Pacte mon­dial des Na­tions Unies. A par­tir de 2020, tous nos pro­ces­sus d’in­ves­tis­se­ment in­té­gre­ront des cri­tères ESG pré­cis et dé­mon­trables.

Les nou­veaux dé­fis mon­diaux tels que le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique, l’ac­crois­se­ment des in­éga­li­tés so­ciales, l’épui­se­ment des res­sources na­tu­relles et la des­truc­tion de la biodiversité peuvent avoir un impact sé­vère sur la per­for­mance des en­tre­prises. Celles qui s’adaptent le mieux aux grands bou­le­ver­se­ments de notre siècle consti­tuent au­tant d’op­por­tu­ni­tés d’in­ves­tis­se­ment.

Notre rôle en tant qu’in­ves­tis­seur est d’éva­luer si les en­tre­prises maî­trisent ces risques et si elles savent ti­rer par­ti des op­por­tu­ni­tés de mar­ché qui se créent. Réa­li­ser une telle ana­lyse né­ces­site des in­for­ma­tions fiables et ex­haus­tives de la part des en­tre­prises. Pen­dant les né­go­cia­tions de l’ac­cord de Pa­ris lors de la COP21 en 2015, nous nous sommes en­ga­gés à ali­gner nos in­ves­tis­se­ments sur l’ob­jec­tif d’un ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique limité à 2 °C. Pour ce faire, nous avons en­tre­pris de me­su­rer et pu­blier l’em­preinte car­bone de nos por­te­feuilles. Ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. L’em­preinte est une in­for­ma­tion im­por­tante mais in­suf­fi­sante pour ana­ly­ser l’ex­po­si­tion de nos in­ves­tis­se­ments aux risques liés au ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. C’est une pho­to du pas­sé. Nous de­vons pas­ser à une ana­lyse pros­pec­tive. Pour ce faire, il est né­ces­saire que les en­tre­prises dans les­quelles nous in­ves­tis­sons nous four­nissent des élé­ments pour l’éva­lua­tion du risque, comme leurs ob­jec­tifs fu­turs d’in­ten­si­té car­bone, ain­si que leur stra­té­gie vi­sant à ali­gner leur ac­ti­vi­té sur l’ob­jec­tif de l’ac­cord de Pa­ris. Or, sur les vingt prin­ci­paux pro­duc­teurs d’élec­tri­ci­té dans le monde, seuls six com­mu­niquent sur un ob­jec­tif d’in­ten­si­té car­bone à ho­ri­zon 2030. Par­mi les pro­duc­teurs de pétrole et de gaz, seuls trois ont des ob­jec­tifs en ma­tière de conte­nu car­bone de l’éner­gie pro­duite pre­nant en compte l’ensemble de leur chaîne de va­leur.

Afin d’en­cou­ra­ger les en­tre­prises à amé­lio­rer leur trans­pa­rence, nous dis­po­sons de deux ou­tils : le vote en as­sem­blée gé­né­rale et l’en­ga­ge­ment ac­tion­na­rial. Nous avons mo­di­fié notre po­li­tique de vote, pour pou­voir nous abs­te­nir d’ap­prou­ver les comptes des en­tre­prises qui ne com­mu­niquent pas leur em­preinte car­bone, leur stra­té­gie 2 °C ou qui re­fusent le dia­logue sur l’impact de leur ac­ti­vi­té sur le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique.

Nous pri­vi­lé­gions l’en­ga­ge­ment et le dia­logue à l’ex­clu­sion, qui ne per­met pas de faire évo­luer les pra­tiques. Notre am­bi­tion est d’ac­com­pa­gner cette né­ces­saire mu­ta­tion vers un monde bas car­bone, gage d’une crois­sance plus du­rable et in­clu­sive. Pour ce­la, nous nous fo­ca­li­sons sur trois do­maines, qui nous pa­raissent in­dis­so­ciables d’une telle crois­sance : la tran­si­tion éner­gé­tique, la pré­ser­va­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et l’éga­li­té so­ciale.

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