Après sa mésa­ven­ture avec Laurent Wau­quiez, Vir­gi­nie Cal­mels veut prendre son temps

De­puis la brusque fin de ses six mois de CDD comme nu­mé­ro 2 des Ré­pu­bli­cains, elle était res­tée dis­crète. L’UDI ai­me­rait la ral­lier en vue des élec­tions eu­ro­péennes

L'Opinion - - Gilets Jaunes : Macron Cherche La Sortie - Lu­do­vic Vi­gogne t @LVi­gogne

L’ex-nu­mé­ro 2 des Ré­pu­bli­cains or­ga­nise mar­di les troi­sièmes Etats gé­né­raux de la li­ber­té. Ce se­ra l’oc­ca­sion de son re­tour. Vir­gi­nie Cal­mels a été dé­mise de son poste de vice-pré­si­dente des Ré­pu­bli­cains le 17 juin par Laurent Wau­quiez. La pre­mière ad­jointe au maire de Bor­deaux avait ex­pri­mé à de mul­tiples re­prises ses di­ver­gences avec lui sur la ligne du par­ti. VIR­GI­NIE CAL­MELS N’A PAS RE­MIS les es­car­pins au 238 rue de Vau­gi­rard de­puis son évic­tion. L’ex-nu­mé­ro 2 des Ré­pu­bli­cains, dé­mise de son poste de vice-pré­si­dente par Laurent Wau­quiez le 17 juin, ne s’est pas ren­due aux bu­reaux po­li­tiques or­ga­ni­sés de­puis au siège du par­ti, à Pa­ris. Et pour cause : elle ne re­çoit plus de convo­ca­tion. Elle n’était membre de cette ins­tance qu’en rai­son de son titre.

Au len­de­main de son li­mo­geage, l’ex-pa­tronne d’En­de­mol a fait quelques té­lés et puis s’est tue. La pre­mière ad­jointe au maire de Bor­deaux s’est re­pliée sur ses ac­ti­vi­tés lo­cales. Sur le plan na­tio­nal, on ne l’a en­ten­due que sur RMC au mi­cro de Maï­te­na Bi­ra­ben, le 3 sep­tembre ; on l’a lue ici ou là si­gna­taires de tri­bunes dé­fen­dant ses idées. C’est tout. « J’ai vou­lu me mettre en re­trait du com­men­taire po­li­tique », dit-elle.

Cette se­maine, elle sort de sa dis­cré­tion, à l’oc­ca­sion de la troi­sième édi­tion des Etats gé­né­raux de la li­ber­té. Or­ches­trés par son mou­ve­ment Droite Lib, ils ac­cueille­ront à Pa­ris dif­fé­rents think tanks dé­fen­dant, comme elle, un cre­do li­bé­ral, dé­cen­tra­li­sa­teur, an­ti-éta­tiste et eu­ro­péen.

« San­té men­tale ». L’an der­nier, c’est Laurent Wau­quiez qui avait conclu le ren­dez-vous. « Il s’était mis la salle dans la poche. Elle lui était pour­tant, au dé­part, très hos­tile », se sou­vient Vir­gi­nie Cal­mels. A l’époque, entre eux, c’était la lune de miel. Alors can­di­dat à la pré­si­dence de LR, le re­pré­sen­tant de l’aile droite du par­ti était sa­tis­fait du bon coup qu’il avait réus­si : ral­lier à sa ban­nière une jup­péiste. Tan­dis que son camp n’était plus qu’un champ de ruine, celle qui n’avait adhé­ré à LR qu’en 2015 s’em­pa­rait, elle, dé­jà, de la place de nu­mé­ro 2…

Au­jourd’hui, elle ne re­grette en rien que l’aven­ture, qui s’était si vite gâ­tée entre eux, soit fi­nie. « Il fal­lait que ce­la s’ar­rête. C’était in­dis­pen­sable à ma san­té men­tale », confie-t-elle. L’en­tou­rage de Laurent Wau­quiez n’en est pas plus pei­né. « Chez les mi­li­tants, son dé­part n’a pas fait bou­ger quoi que ce soit d’une vir­gule », ra­conte un membre de la di­rec­tion de LR. « Elle n’a pas lais­sé de vide. On en parle peu. On s’est ren­du compte que c’était une bulle », ajoute un autre.

Es­pace po­li­tique. Vir­gi­nie Cal­mels est tou­jours adhé­rente des Ré­pu­bli­cains. « Je reste pour le mo­ment. Je ne sais pas si je re­pren­drai ma carte l’an­née pro­chaine », ex­plique-t-elle. En vue des élec­tions eu­ro­péennes de mai, l’UDI, qui lan­ce­ra sa propre liste, a pris contact avec elle. Jean-Ch­ris­tophe La­garde ai­me­rait en faire sa nu­mé­ro 2. L’ex-pa­tronne d’En­de­mol n’a dit ni oui, ni non. Elle a une convic­tion : « Il y a un es­pace po­li­tique évident entre Em­ma­nuel Ma­cron et Laurent Wau­quiez. Qui l’oc­cu­pe­ra ? » Mais le temps de choi­sir n’est pas ve­nu : « Ce n’est pas le ti­ming pour une écu­rie pré­si­den­tielle. »

Pour évi­ter de se lan­cer, de nou­veau, dans une aven­ture sans len­de­main, Vir­gi­nie Cal­mels s’en tient à trois prin­cipes : 1. Elle re­ven­dique être une femme de droite. 2. Elle « se fé­li­cite tous les jours » de ne pas s’être rap­pro­chée de La Ré­pu­blique en marche « car Em­ma­nuel Ma­cron n’est pas li­bé­ral mais éta­tiste ». 3. Elle est d’abord une femme de la so­cié­té ci­vile qui « aime l’ac­tion ». C’est son ADN. C’est ce qu’elle pense dé­mon­trer à Bor­deaux, où l’ad­jointe d’Alain Jup­pé a en charge les ques­tions d’em­ploi. Her­mès, Dee­zer, Ubi­soft… se sont ins­tal­lés dans la ci­té gi­ron­dine.

Les créa­tions d’em­plois ont été mul­ti­pliées par 11 de­puis 2014. Sur son pé­ri­mètre, elle a réa­li­sé 30 % d’éco­no­mies. « J’ai un vrai épa­nouis­se­ment car j’ai des ré­sul­tats concrets », se ren­gorge celle qui est aus­si chef de l’op­po­si­tion à la ré­gion Nou­velle Aqui­taine.

La ques­tion de Fillon. Du­rant la cam­pagne pré­si­den­tielle, Fran­çois Fillon lui avait de­man­dé quel mi­nis­tère elle ai­me­rait. « Ber­cy ? » lui avait-il souf­flé. « Ou le Bud­get », avait-elle ré­pon­du, sans trem­bler, à un homme qu’elle est l’une des rares à voir en­core grâce à son com­pa­gnon, Jé­rôme Char­tier, fillo­niste his­to­rique. « Les dé­penses pu­bliques » sont le « da­da » de Vir­gi­nie Cal­mels. Re­dé­fi­nir le pé­ri­mètre de l’Etat, mettre en place une vraie po­li­tique de res­sources hu­maines dans la fonc­tion pu­blique de­vraient être, se­lon elle, les prio­ri­tés du pou­voir. « C’est le noeud du pro­blème po­li­tique. De­puis qua­rante ans, on n’a eu que des éta­tistes », dé­plore-t-elle.

Mar­di, les Etats gé­né­raux de la li­ber­té dé­bu­te­ront par une ana­lyse du po­li­to­logue Do­mi­nique Rey­nié du phé­no­mène des Gi­lets jaunes. Même si un monde les sé­pare, Vir­gi­nie Cal­mels s’en veut so­li­daire. « Le ras-le-bol fis­cal est à l’ori­gine de mon en­ga­ge­ment po­li­tique », jus­ti­fie-t-elle. Face à lui, elle constate l’ef­fon­dre­ment du sys­tème Ma­cron et la fai­blesse de LR avec in­quié­tude : « On va tout droit vers Ma­rine Le Pen en 2022. »

SI­PA PRESS

Vir­gi­nie Cal­mels sort de presque six mois de si­lence, de­puis son dé­bar­que­ment par Laurent Wau­quiez.

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