U.S. POS­TAL

L'Opinion - - Gilets Jaunes : La Montée Des Périls - John D. McKin­non et Paul Zio­bro

plus éle­vés sont à terme avan­ta­geux pour les trans­por­teurs.

La Pa­ckage Coa­li­tion, un groupe com­pre­nant Ama­zon, la Na­tio­nal Re­tail Fe­de­ra­tion et plu­sieurs grandes en­tre­prises de pu­bli­pos­tage, a dé­cla­ré craindre que les re­com­man­da­tions du groupe de tra­vail ne portent at­teinte aux consom­ma­teurs, aux grandes et aux pe­tites en­tre­prises ain­si qu’aux com­mu­nau­tés ru­rales « en aug­men­tant les prix et en pri­vant les Amé­ri­cains de ser­vices de li­vrai­son abor­dables. »

Le rap­port con­clut que le ser­vice pos­tal n’éva­lue pas cor­rec­te­ment les coûts qu’il sup­porte pour li­vrer des co­lis pour des en­tre­prises comme Ama­zon, car il n’a pas suf­fi­sam­ment mis à jour sa for­mule pour re­flé­ter la crois­sance ra­pide des vo­lumes de co­lis et la baisse des vo­lumes de cour­rier.

Le ser­vice pos­tal a dé­cla­ré qu’il ne per­dait pas d’ar­gent sur ses contrats d’ex­pé­di­tion, des exa­mens an­nuels des au­to­ri­tés de ré­gu­la­tion mon­trant que l’agence fait plus que cou­vrir ses coûts, comme l’exige la ré­gle­men­ta­tion. Ce­pen­dant, cer­tains ex­pé­di­teurs, comme UPS, font va­loir que la mé­thode de dé­ter­mi­na­tion des coûts de­vait être ré­vi­sée.

En outre, la Poste amé­ri­caine en­vi­sage dé­jà d’im­po­ser des hausses de prix si­gni­fi­ca­tives à Ama­zon, FedEx et UPS. L’agence a re­çu l’au­to­ri­sa­tion d’aug­men­ter les prix de son ser­vice Par­cel Se­lect de 9,3% à 12,3% à comp­ter du dé­but de l’an­née pro­chaine. Dans le cadre de ce ser­vice, les gros ex­pé­di­teurs trient eux-mêmes les co­lis et les dé­posent di­rec­te­ment dans le ser­vice pos­tal pour li­vrai­son à do­mi­cile.

Le rap­port de mar­di n’in­di­quait pas com­bien l’U.S. Pos­tal de­vrait fac­tu­rer en plus à ses clients. Il re­com­mande de re­pen­ser la dé­fi­ni­tion de ce qui rentre dans la pré­ten­due obli­ga­tion de ser­vice uni­ver­sel du ser­vice pos­tal, une obli­ga­tion lé­gale qui lui im­pose de li­vrer par­tout aux Etats-Unis.

Les hauts res­pon­sables de l’ad­mi­nis­tra­tion ont pré­ci­sé, mar­di, que les co­lis stric­te­ment com­mer­ciaux – ain­si que le cour­rier com­mer­cial tel que les ca­ta­logues – ne de­vraient pas être cou­verts par le ser­vice uni­ver­sel.

Ce­la si­gni­fie­rait que ces ser­vices ne se­raient pas cou­verts par les pro­tec­tions gou­ver­ne­men­tales telles que le pla­fon­ne­ment des prix. Ce­pen­dant, les res­pon­sables de l’ad­mi­nis­tra­tion ont in­sis­té sur le fait qu’au­cune so­lu­tion ne de­vrait désa­van­ta­ger les zones ru­rales en les trai­tant dif­fé­rem­ment des zones ur­baines.

Un grand nombre des re­com­man­da­tions du rap­port pour­rait être mises en oeuvre par la di­rec­tion du ser­vice pos­tal, ont dé­cla­ré de hauts res­pon­sables de l’ad­mi­nis­tra­tion. Ces chan­ge­ments « af­fec­te­raient l’en­semble du mar­ché du com­merce élec­tro­nique », a dé­cla­ré un res­pon­sable de l’ad­mi­nis­tra­tion.

L’U.S. Pos­tal exa­mine les re­com­man­da­tions et pren­dra « toutes les me­sures ap­pro­priées sous notre com­pé­tence » pour s’ac­quit­ter de sa mis­sion consis­tant à four­nir un ser­vice ra­pide et fiable à toutes les en­tre­prises et à tous les consom­ma­teurs amé­ri­cains, a dé­cla­ré la Di­rec­trice gé­né­rale des Postes, Me­gan Bren­nan, dans un com­mu­ni­qué.

Le syn­di­cat de la Poste amé­ri­caine, Ame­ri­can Pos­tal Wor­kers Union, a vi­ve­ment cri­ti­qué le rap­port. Le pré­sident de l’APWU, Mark Di­mond­stein, a dé­cla­ré que les re­com­man­da­tions ré­dui­raient consi­dé­ra­ble­ment le ser­vice uni­ver­sel, di­mi­nue­raient les jours de li­vrai­son et « nui­raient aus­si bien aux en­tre­prises qu’aux par­ti­cu­liers ».

Les di­ri­geants de l’U.S. Pos­tal pré­co­nisent de­puis long­temps une plus grande marge de ma­noeuvre dans la fixa­tion de cer­tains ta­rifs, y com­pris sur des pro­duits dits do­mi­nants sur le mar­ché, tels que le cour­rier de pre­mière classe, où il exerce un qua­si-mo­no­pole.

L’agence et cer­taines grandes en­tre­prises ont éga­le­ment ap­pe­lé à une re­fonte de la lé­gis­la­tion qui mo­di­fie­rait la ma­nière dont elle comp­ta­bi­lise les pres­ta­tions de san­té fu­tures des re­trai­tés de l’US Pos­tal, cal­cul qui re­pré­sente l’es­sen­tiel des pertes an­nuelles.

Le rap­port re­jette l’idée de ré­duire l’obli­ga­tion pour le ser­vice pos­tal de pré­fi­nan­cer son énorme pas­sif en ma­tière de san­té des re­trai­tés. « Le groupe de tra­vail ne croit pas que cette po­li­tique gé­né­rale de­vrait chan­ger ni que la res­pon­sa­bi­li­té du paie­ment des pres­ta­tions de san­té des re­trai­tés de l’U.S. Pos­tal de­vrait être trans­fé­rée aux contri­buables », in­dique le rap­port.

Art Sa­ck­ler, di­rec­teur de la Coa­li­tion pour un ser­vice pos­tal du XXIe siècle, qui re­pré­sente les en­tre­prises et les autres groupes qui dé­pendent du sys­tème pos­tal, a dé­cla­ré que toute pro­po­si­tion de­vait trai­ter de la re­fonte du pré­fi­nan­ce­ment des pres­ta­tions de san­té des re­trai­tés.

« Les pla­fonds ac­tuels de ta­rifs du cour­rier et des co­lis res­tent plei­ne­ment opé­ra­tion­nels si le pré­fi­nan­ce­ment de la san­té des re­trai­tés est cor­rec­te­ment pris en charge par une lé­gis­la­tion bi­par­ti­sane bé­né­fi­ciant d’un large sou­tien de la part des par­ties pre­nantes », at-il dé­cla­ré.

L’étude me­née par le Tré­sor évite par ailleurs d’évoquer la pri­va­ti­sa­tion et mi­ni­mise l’idée de per­mettre au ser­vice pos­tal de se lan­cer dans des ser­vices de type ban­caire, compte te­nu de « son ex­per­tise li­mi­tée et de son manque de ca­pi­taux ».

Le ser­vice pos­tal est con­fron­té à d’im­por­tants dé­fis fi­nan­ciers. Se­lon le rap­port, il perd de l’ar­gent de­puis plus d’une dé­cen­nie et se trouve sur une tra­jec­toire qui n’est pas sou­te­nable. L’US Pos­tal de­vrait perdre des di­zaines de mil­liards de dol­lars au cours de la pro­chaine dé­cen­nie et est plom­bé ac­tuel­le­ment par un pas­sif de 89 mil­liards de dol­lars contre 27 mil­liards d’ac­tifs, pour un dé­fi­cit net de 62 mil­liards de dol­lars.

Le chiffre d’af­faires n’a pas ces­sé de di­mi­nuer avec le pas­sage à la cor­res­pon­dance nu­mé­rique. De nom­breux res­pon­sables craignent qu’un plan de sau­ve­tage fi­nan­cé par les contri­buables ne soit né­ces­saire si au­cune ac­tion n’est prise.

Hei­di Vogt a contri­bué à cet ar­ticle

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