Sur le ter­rain, les té­lés doivent « gar­der la tête froide »

L'Opinion - - Macron Face À L’hyper-violence - Cy­ril La­car­rière t @cy_­la­car­riere

« SI VOUS AR­RI­VEZ DE­VANT L’ELY­SÉE, vous faites quoi ? » de­mande Bruce Tous­saint. « Ben, on rentre de­dans. » Sur le pla­teau de BFMTV, mer­cre­di soir, le Gi­let jaune Eric Drouet ne cache rien de ses in­ten­tions. Et cette fois, à la té­lé­vi­sion, et non plus seu­le­ment lors d’un Fa­ce­book live dont il est de­ve­nu un ha­bi­tué.

Cette fois aus­si, les ques­tions qui lui sont adres­sées sont po­li­tiques et ne portent plus sur sa vie quo­ti­dienne. « Lorsque j’avais re­çu les pre­miers ma­ni­fes­tants le 18 no­vembre, je pen­sais que je de­vais sur­tout être em­pa­thique car je me trou­vais face à des gens qui souffrent et n’avaient pas l’ha­bi­tude de s’ex­pri­mer en pla­teau, ra­conte Bruce Tous­saint à l’Opi­nion. Mais lors­qu’ils tiennent un rôle po­li­tique avec un ap­pel à l’in­sur­rec­tion, il n’y a plus d’em­pa­thie à avoir. »

Sé­cu­ri­té ren­for­cée. Cette émis­sion « Gi­lets jaunes, sor­tir de la crise » est un suc­cès d’au­dience : 1,1 mil­lion de per­sonnes en moyenne, du­rant 3 heures et de­mie. En prime time, BFMTV se classe cin­quième chaîne de France. Une se­maine après « La Grande ex­pli­ca­tion » de LCI, sui­vie par près d’un mil­lion de té­lé­spec­ta­teurs – re­cord his­to­rique pour le ca­nal 26 –, qui avait lan­cé le bal des spé­ciales, c’est la preuve que le su­jet Gi­lets jaunes de­meure ex­trê­me­ment mo­bi­li­sa­teur, même si France 3 et M6 ne sont pas au­tant par­ve­nues à ca­pi­ta­li­ser sur cette ac­tua­li­té brû­lante. Et, alors que France 2 consacre ce jeu­di une grande par­tie de son « En­voyé spé­cial » à « l’onde de choc » des Gi­lets jaunes, tous les re­gards se­ront dé­sor­mais tour­nés vers la jour­née de sa­me­di.

Pour ce nou­veau ras­sem­ble­ment, comme c’est le cas de­puis une di­zaine de jours, toutes les équipes de tour­nage sor­ti­ront ac­com­pa­gnées d’un dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té ren­for­cé. Pour les mé­dias, comme pour les forces de l’ordre, une des dif­fi­cul­tés de ce sa­me­di re­pose bien sur sa di­men­sion ten­ta­cu­laire.

Les chaînes de té­lé­vi­sion de­vraient de nou­veau conver­ger au­tour de la place de l’Etoile. Pas ques­tion en re­vanche « d’at­tendre qu’il se passe quelque chose de­vant l’Ely­sée », pré­cise Pas­cal Dou­cet-Bon. Le di­rec­teur dé­lé­gué à l’in­for­ma­tion de France Té­lé­vi­sions, qui a lui­même été re­por­ter dans des zones par­ti­cu­liè­re­ment ten­dues, es­time que son rôle est « de faire gar­der la tête froide à ses jour­na­listes » et, toutes choses égales par ailleurs, « de leur don­ner les mêmes consignes qu’à nos re­por­ters de guerre ».

Des consignes qui valent aus­si pour la pro­vince. Cô­té France 3, on veut croire que la proxi­mi­té peut ai­der à pa­ci­fier les re­la­tions avec les ma­ni­fes­tants. « Ce sont des jour­na­listes qui vivent là où ils tra­vaillent, ex­pli­quet-on au sein du groupe pu­blic, les équipes sont donc connues par une par­tie au moins des ma­ni­fes­tants et elles peuvent faire de la pé­da­go­gie. » « Seu­le­ment » cinq in­ci­dents, concer­nant du bris de ma­té­riel, ont été à dé­plo­rer par France Té­lés de­puis le dé­but du conflit des Gi­lets jaunes. Les choses se sont néan­moins ten­dues de­puis que les ly­céens ont re­joint le mou­ve­ment, puisque trois équipes ont été phy­si­que­ment agres­sées.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.