« Le mot de Cam­bronne »

L'Yonne Républicaine (L'Yonne mag) - - Chronique - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Res­tons po­li au­jourd’hui, et di­sons les pires hor­reurs avec élé­gance. Tout un pro­gramme n’est­ce pas ? J’ai choi­si cette fa­meuse in­jure qu’on a tou­jours au bord des lèvres. La­quelle ? Mais ce « Merde » ! Ce­lui qui sort spon­ta­né­ment et qu’on ai­me­rait ré­pri­mer en vain ! Ce­lui qu’on trans­forme de­vant les en­fants en mer… cre­di. Ou qu’on pro­nonce élé­gam­ment « Merdre » pour ré­fé­rence à Al­fred Jar­ry et son dé­li­cieux et ab­surde Ubu Roi. Mais aus­si ce­lui qu’on ap­pelle le mot de Cam­bronne. Mais pour­quoi donc ?

Mais tout sim­ple­ment pour faire ré­fé­rence au gé­né­ral Pierre, vi­comte de Cam­bronne, qui, alors qu’il était sur le champ de ba­taille de Wa­ter­loo en ce mois de juin 1815. Alors que la Grande ar­mée na­po­léon­nienne était en dé­route, le gé­né­ral Cam­bronne, mis au dé­fi de se ren­ Vic­tor Hu­go dans La lé­gende des siècles ter­mi­ne­ra d’as­seoir la po­pu­la­ri­té et la mise en or­bite de cette ci­ta­tion de­ve­nue adage. Même si cer­tains his­to­riens doutent de la vé­ra­ci­té des pro­pos, des lieux et même de son prin­ci­pal énon­cia­teur, les mur­mures de l’his­toire gar­de­ront cette ci­ta­tion en mé­moire. Merde alors ! ■

➧ Ga­vin’s Cle­mente Ruiz. Au­teur, entre autres, de J’y suis, j’y reste, une pe­tite an­tho­lo­gie des ex­pres­sions (Al­bin Mi­chel), et Les coups de foudre qui ont fait l’his­toire (La li­brai­rie Vui­bert).

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