Le vil­lage est au­jourd’hui bien vi­vant

Dix ans après l’au­to­no­mie re­cou­vrée, les Ro­sal­tiens ont sui­vi le che­min tra­cé par leurs aî­nés

L'Yonne Républicaine (Sénonais) - - Rosoy 10e Anniversaire - Franck Mo­rales franck.mo­rales@cen­tre­france.com

La com­mune de Ro­soy vole de ses propres ailes de­puis 2008, après trente-six an­nées d’as­so­cia­tion avec Sens. De­puis, son dé­ve­lop­pe­ment est res­té fi­dèle à l’es­prit in­suf­flé par les ins­ti­ga­teurs de la sé­pa­ra­tion.

L es Ro­sal­tiens fê­te­ront sa­me­di les dix ans de l’au­to­no­mie du vil­lage. Une dé­cen­nie consa­crée à ré­écrire une his­toire com­mune in­ter­rom­pue entre 1972 et 2008, pé­riode pen­dant la­quelle Ro­soy fut ré­duite au rôle de com­mune as­so­ciée à Sens.

Sept ans de lutte

C’est le maire Ed­mond Ser­vais qui a fait vo­ter la fu­sion as­so­cia­tion en 1971 (cinq voix pour, quatre contre sur onze conseillers), sans consul­ta­tion de la po­pu­la­tion. Un ar­rê­té pré­fec­to­ral, pris en dé­cembre 2007, pro­non­ce­ra le di­vorce, of­fi­cia­li­sé le 12 fé­vrier 2008. Et ce, au terme d’un com­bat de sept ans por­té par les Ro­sal­tiens jus­qu’au tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Di­jon.

Le « ré­veil de Ro­soy », comme l’ont nom­mé les membres de la com­mis­ sion syn­di­cale consul­ta­tive char­gée de sta­tuer sur la dis­so­cia­tion, marque un juste re­tour des choses. « La fin d’une ano­ma­lie », in­sistent les plus anciens. En oc­tobre 2003, dans son rap­port sur « le pro­jet d’érec­tion de Ro­soy en com­mune au­to­nome », la com­mis­sion syn­di­cale rap­pe­lait en pré­am­bule que « Ro­soy était bien un vil­lage ». Qu’il suf­fi­sait de quit­ter la Na­tio­nale 6 pour s’en convaincre : « On peut ren­con­trer tout ce qui fait un vil­lage : des pe­tites mai­sons plus ou moins bien ran­gées, une église res­pec­table, cer­née de son ci­me­tière bien tran­quille, une vieille mai­rie­école, un com­merce. »

Le constat vaut plus que ja­mais au­jourd’hui. « Par­tie d’une feuille blanche en 2008 », dixit Do­mi­nique Chap­puit, la maire de Ro­soy (lire par ailleurs), la com­mune s’est in­ven­té « une vie toute neuve ». Une co­pro­duc­tion écrite par les Ro­sal­tiens eux­mêmes à tra­vers la mise en place de com­mis­sions par­ti­ci­pa­tives. Et mise en mu­sique au quo­ti­dien par un conseil mu­ni­ci­pal au sein du­quel siègent en­core cer­tains membres de la com­mis­sion syn­di­cale.

Le vil­lage pour­suit sa mue

Dix ans plus tard donc, Ro­soy est « connue, re­con­nue, ap­pré­ciée, en­viée, dé­tes­tée. La preuve que la com­mune existe », constate Do­mi­nique Chap­puit dans le der­nier nu­mé­ro du ma­ga­zine mu­ni­ci­pal. Pas­sé de 788 ha­bi­tants au mo­ment de la dis­so­cia­tion à plus de 1.100 en 2018, le vil­lage pour­suit dou­ce­ment mais sû­re­ment sa mue. Après avoir ré­glé les dos­siers ur­gents, ­ l’eau, la voi­rie, l’école, l’ac­cueil pé­ri­sco­laire ­, Ro­soy se consacre dé­sor­mais à son coeur de vie : ré­ap­pro­pria­tion de la place Mar­va­geuses, lieu de fêtes d’an­tan. Trans­for­ma­tion de la mai­rie­école. Créa­tion de voies douces pour ral­lier les jar­dins fa­mi­liaux. Réa­li­sa­tion de nou­veaux logements. Le quo­ti­dien d’un vil­lage bien vi­vant.

PHO­TO D’AR­CHIVES

SYM­BOLE. Jean-Pierre Rou­cay­rol, sup­pléant de la maire dé­lé­guée de Ro­soy en 2001, dé­croche en 2008 l’an­cienne si­gna­li­sa­tion in­di­quant que Ro­soy était une com­mune as­so­ciée de Sens. Le signe que la page est tour­née.

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