« On est par­ti d’une page blanche en 2008 »

L'Yonne Républicaine (Sénonais) - - Rosoy 10e Anniversaire -

Maire dé­lé­guée de Ro­soy au sein du conseil mu­ni­ci­pal de Sens de 2001 à 2008, puis maire de Ro­soy ré­élue en 2014, Do­mi­nique Chap­puit rap­pelle sou­vent que « les ha­bi­tants sont à l’ori­gine de la dis­so­cia­tion de Sens et Ro­soy ».

À l’oc­ca­sion du dixième an­ni­ver­saire de la nou­velle com­mune, l’élue évoque le che­min par­cou­ru, ja­lon­né de suc­cès et d’échecs. De joies et de tris­tesses. Elle parle sur­tout de l’ave­nir qui se des­sine à tra­vers l’opé­ra­tion « Coeur de vil­lage ».

Avec le re­cul, comment ana­ly­sez-vous la pé­riode qui a conduit à la dis­so­cia­tion ? C’est l’abou­tis­se­ment d’un long com­bat. Sept ans de lutte vou­lue par les Ro­sal­tiens convain­cus que leur vil­lage n’était pas qu’un simple quar­tier de Sens. Il n’y avait rien de po­li­tique dans tout ce­la. C’était un vil­lage qui avait be­soin d’exis­ter.

C’est-à-dire ? Chez les Ro­sal­tiens les plus anciens, il y avait une vraie frus­tra­tion née de l’as­so­cia­tion des deux com­munes en 1972, dé­ci­sion prise par le conseil mu­ni­ci­pal sans consul­ta­tion de la po­pu­la­tion. Pen­dant trois dé­cen­nies, les re­la­tions ont été cris­pées entre les maires dé­lé­gués et le conseil mu­ni­ci­pal de Sens. Ro­soy pas­sait après tout le reste. Deux ten­ta­tives de dis­so­cia­tion avaient dé­jà avor­té en 1979 et en 1991.

À quel mo­ment avez-vous été convain­cue de la per­ti­nence de la dé­marche ? Pas im­mé­dia­te­ment. J’ha­bi­tais Ro­soy mais j’étais élue à Sens sous l’ère Cor­dillot. J’ai pris conscience plus tard de la né­ces­si­té de me­ner ce com­bat. Au dé­part, ce sont les ha­bi­tants qui m’ont in­ter­pel­lée sur le su­jet à plu­sieurs re­prises. En tant que maire dé­lé­guée, il était de mon de­voir de dé­clen­cher la pro­cé­dure dès lors que la po­pu­la­tion y as­pi­rait.

Les obs­tacles ont-ils été nom­breux ? Notre dé­marche n’était pas po­li­tique, je le ré­pète, mais la ré­ponse l’a été. Le Dé­par­te­ment di­ri­gé à l’époque par Hen­ri de Rain­court s’y était op­po­sé pour ne pas frois­ser la maire de Sens, Ma­rie­Louise Fort, is­sue de la même fa­mille po­li­tique. La pré­fec­ture avait sui­vi. Il a fal­lu sai­sir à deux re­pri­ ses le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif pour ob­te­nir gain de cause.

Une fois l’au­to­no­mie ob­te­nue, tout res­tait à faire… On par­tait ef­fec­ti­ve­ment d’une page blanche. On a été bien sou­te­nu par la po­pu­la­tion qui s’est in­ves­tie à l’in­té­rieur de com­mis­sions par­ti­ci­pa­tives. On lui a de­man­dé d’ex­pri­mer la fa­çon dont elle rê­vait son vil­lage.

Dix ans ont-ils suf­fi pour pas­ser du rêve à la réa­li­té ? Non évi­dem­ment. On a par­fois été trop gour­mands. La sé­pa­ra­tion a réservé des sur­prises qu’il a fal­lu di­gé­rer comme l’eau, dos­sier dans le­quel nous avons dû im­mé­dia­te­ment in­ves­tir 150.000 eu­ros. Nous avons dû re­faire l’in­té­gra­li­té de la voi­rie. Tout ce­la nous a fait prendre du re­tard sur l’opé­ra­tion « Coeur de vil­lage » que nous dé­cli­nons ac­tuel­le­ment. Et tout ce­la s’est fait sans hausse d’im­pôts.

Les Ro­sal­tiens sont-ils tou­jours in­ves­tis ? Tou­jours, mais de fa­çon in­di­recte en s’in­ves­tis­sant au sein d’un tis­su as­so­cia­tif dense. Ici, les gens ne se contentent pas de consom­mer. Ils sont ac­teurs du quo­ti­dien. Avec un seul maître mot : la sim­pli­ci­té.

ÉLUE. Do­mi­nique Chap­puit, maire de Ro­soy de­puis 2008.

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