Un épi­sode « fa­ti­gant et dif­fi­cile »

Près de cinq mois après les inon­da­tions qui l’ont du­re­ment tou­chée, la ci­té maillo­tine se sou­vient

L'Yonne Républicaine (Sénonais) - - Joigny Vivre Sa Ville - Ni­co­las Ruiz ni­co­las.ruiz@cen­tre­france.com

Cinq mois après les inon­da­tions de jan­vier, quatre mois après la re­con­nais­sance de l’état de ca­tas­trophe na­tu­relle, la vie a re­pris son cours à Joigny.

La pluie et les orages ont épar­gné Joigny, ces der­niers jours. Mais cet épi­sode plu­vieux a ra­vi­vé des sou­ve­nirs pas si loin­tains.

En jan­vier, la ci­té maillo­tine était du­re­ment frap­pée par les inon­da­tions. Le pic de la crue était at­teint dans la nuit du mer­cre­di 24 au jeu­di 25 jan­vier. L’Yonne at­tei­gnait 3,06 mètres, pour une hau­teur ha­bi­tuelle de 1,80 mètre. Du ja­mais vu de­puis mars 2001. Avec de nom­breuses rues inon­dées, blo­quées, la zone d’ac­ti­vi­té de la Pe­tit­île à l’ar­rêt, et plu­sieurs cen­taines de sa­la­riés éva­cuées… (nos édi­tions du 25 au 27 jan­vier)

Un peu moins de cinq mois après, la ci­té maillo­tine a pan­sé ses plaies. Mais la ci­ca­trice est bien là. « L’eau était ren­trée à l’in­té­rieur, se rap­pelle Yvette, 68 ans, do­mi­ci­liée rue des Soeurs­Le­coq. Ça fait un choc. Dans ma cour, j’avais de l’eau jus­qu’aux che­villes, heu­reu­se­ment, je vis au pre­mier étage de ma mai­son. Seul un meuble et les pein­tures ont été abî­més, mais, en bas, comme j’ai des congé­la­teurs, je vais tout mettre sur des pa­lettes. »

La même stra­té­gie a été adop­tée par Pas­cale, 69 ans, ha­bi­tant une mai­son, route de Mon­tar­gis. « Tout est per­ché dé­sor­mais. Tout mon sous­sol et mon ga­rage étaient inon­dés. Ce jour­là, l’eau s’est mise à mon­ter d’un coup. Ja­mais je n’au­rais pen­sé qu’elle irait jusque­là. C’était im­pres­sion­nant. On a dé­pla­cé les voitures de l’autre cô­té de la rue pour les pro­té­ger. On a fait une dé­cla­ra­tion à notre as­su­rance, on a été rem­bour­sé. Donc je ne me plains pas trop par rap­port à cer­taines per­son­ nes… ».

Comme Sté­pha­nie, 46 ans, qui ha­bite avec sa fa­mille, dans une mai­son rue de la Pe­tite­île.

« On a eu plus de trente cen­ti­mètres d’eau à l’in­té­rieur de la mai­son qui est de plain­pied, ex­plique­t­elle. On s’est fait ai­der par des amis, pour mettre les meubles en hau­teur, ou ins­tal­ler des pompes à eau. Il y a eu de gros dé­gâts mais grâce à tout ça, ils ont été li­mi­tés. Et on a dor­mi pen­dant plu­sieurs jours chez des co­pains. » Si comme dans la plu­part des cas l’as­su­rance est in­ter­ve­nue « à hau­teur de l’es­ti­ma­tion de l’ex­pert », elle in­siste sur les in­con­nues à long terme : « Il y a en­core beau­coup d’hu­mi­di­té. Les murs sont plein d’eau. On ne sait comment va évo­luer la mai­son dans le fu­tur… »

Sur­tout que l’épi­sode a lais­sé d’autres traces : « C’est as­sez trau­ma­ti­sant de voir toute cette eau en­trer dans une mai­son… Dé­sor­mais quand il pleut et qu’on voit des flaques dans la rue, on y pense. »

Cel­lule de crise

Du cô­té de la ville de Joigny, pre­mière com­mune de l’Yonne à avoir de­man­dé la re­con­nais­sance de l’état de ca­tas­trophe na­tu­relle, on se re­mé­more un épi­sode « fa­ti­gant et dif­fi­cile », in­dique le maire Ber­nard Mo­raine (DVG).

Près de 130 biens et logements avaient été inon­dés à Joigny. Sur ce to­tal, près de 80 per­sonnes ont fait une dé­cla­ra­tion. « On a fait le tra­vail d’ai­der les gens à consti­tuer leur dos­sier, mais nous n’avons pas de sui­vi par­ti­cu­lier dé­sor­mais ».

Le maire note « que la mu­ni­ci­pa­li­té a es­sayé d’an­ti­ci­per au maxi­mum. Dès le lun­di soir, avant le pic de mer­cre­di, on te­nait une pre­mière cel­lule de crise. Les ser­vices tech­niques de la ville, no­tam­ment, ont fait un très gros bou­lot. Dans l’en­semble, je crois que la Ville a été à la hau­teur. »

« C’est as­sez trau­ma­ti­sant de voir toute cette eau en­trer dans une mai­son »

PHO­TO D’AR­CHIVES

CRUES. À Joigny, le pic de crues avait été at­teint dans la nuit du 24 au 25 jan­vier. De nom­breuses mai­sons avaient été tou­chées par les inon­da­tions.

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