Après l’as­perge, la ce­rise de l’Yonne

L'Yonne Républicaine (Sénonais) - - Tranche De Ville - Vé­ro­nique Sel­lès ve­ro­nique.selles@cen­tre­france.com

En ce mar­di ma­tin, l’Ar­que­buse pa­raît bien calme. Trop pour cer­tains ven­deurs de fruits et lé­gumes. Et même pour quelques vieux ha­bi­tués qui déses­pèrent de re­trou­ver le zinc du bis­tro du mar­ché.

«On fi­nis­sait tou­jours notre ma­ti­née au bis­tro du mar­ché mais de­puis septembre, c’est fer­mé. On va bien boire notre pe­tit noir au ca­fé as­so­cia­tif, mais ce n’est pas pa­reil. On ne peut pas res­ter trop long­temps. Il faut li­bé­rer la place, il faut que ce­la tourne. »

Ap­puyés sur leur canne res­pec­tive, dû­ment cas­quet­tés, Da­niel, 85 ans et Mar­cel, 97 ans, s’im­pa­tientent. « Vous ne sa­vez pas quand notre bis­tro va rou­vrir ? On nous a dit que ce­la pour­rait être en septembre. C’est là qu’on se re­trouve avec les amis. » Un pa­nier rempli de pommes pour l’un, de ce­rises pour l’autre : les deux vieux Auxer­rois sont des in­con­di­tion­nels de l’Ar­que­buse. « On a bien pro­fi­té des as­perges. Mais je n’achète pas tout ici. Je vais aus­ si en grande sur­face. Il y a plus de choix et c’est moins cher », confie le plus âgé du tan­dem, droit des­cen­du des Hauts d’Auxerre en voi­ture.

Ve­nue en voi­sine de la rue Au­guste­Mi­che­lon, où elle est bé­né­vole au Se­cours po­pu­laire, Mar­tine, elle, n’est pas à pro­pre­ment par­ler une fi­dèle de l’Ar­que­buse. « Le mar­di ma­tin, je viens faire la mise en rayon des vê­te­ments au lo­cal de l’as­so­cia­tion. Je pré­fère ve­nir quand ce n’est pas ou­vert aux bé­né­fi­ciaires car j’ai tou­jours peur de voir des gens que je connais et de les mettre mal à l’aise. » Dans son pa­nier, des pe­tites as­perges, des pommes et des ce­rises.

« Pri­vi­lé­gier le lo­cal »

Dans ce­lui de Vé­ro­nique, qui ha­bite le quar­tier, des poires, des cas­sis, des oi­gnons et du chou rave. « Je viens en moyenne tous les quinze jours. J’aime bien pri­vi­lé­gier le cir­cuit court, soit bio soit pas trop trai­té. »

Le lo­cal, Do­mi­nique Lorne, fi­gure de l’Ar­que­buse, le pro­meut de­puis 50 ans. Bien avant qu’il ne de­vienne ten­dance. « En ce mo­ment, c’est le re­nou­veau, sou­ligne le ma­raî­cher de SaintGeorges­sur­Baulche. Les poi­reaux et les ca­rottes, c’est fi­ni. On a eu les as­perges. À pré­sent, on a les sa­lades, les ar­ti­chauts, les choux coeur de boeuf, mais aus­si les cour­gettes, les gro­seilles. Et les ce­rises. Après deux mau­vaises an­nées, les arbres se sont re­po­sés, la terre aus­si. La flo­rai­son a été bien nour­rie par les mi­né­raux. Con­clu­sion : on a de su­perbes ce­rises. Comme il y en a beau­coup, les prix sont bas : 3,50 € le ki­lo de bur­lat, 5,50 € ce­lui de sum­mit. Faut en pro­fi­ter ! »

On se re­trouve ici avec les amis

Des ce­rises aigres pour les confi­tures et les cla­fou­tis.

PHO­TOS JÉ­RÉ­MIE FULLERINGER

PROXI­MI­TÉ. Pro­duc­teur et clients, entre ce­rises et as­perges, culti­vées lo­ca­le­ment : le mar­ché de l’Ar­que­buse ne manque pas de ca­rac­tères.

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