La paix, un che­min fra­gile à en­tre­te­nir

Dans l’Yonne, une voie fer­rée a été créée pour ne ser­vir que lors de conflits

L'Yonne Républicaine (Sénonais) - - La Une - My­riam Le­bret my­riam.le­bret@cen­tre­france.com

CEN­TE­NAIRE. Chefs d’État et de gou­ver­ne­ment se re­trou­ve­ront à Pa­ris, di­manche, pour par­ti­ci­per à un forum in­ter­na­tio­nal sur la paix. Cent ans après l’ar­mis­tice de la guerre de 14­18.

YONNE. Pen­dant la Pre­mière Guerre mon­diale, la ligne fer­ro­viaire re­liant Auxerre à Troyes, via La­roche­Mi­gennes et SaintF­lo­ren­tin, joua un rôle stra­té­gique.

Cette ligne longe le dé­pôt de La­roche pour re­joindre le front

La voie fer­rée re­liant Auxerre à Troyes en pas­sant par Saint-Flo­ren­tin a eu, par le pas­sé, un rôle es­sen­tiel à jouer en temps de guerre.

En temps de paix, les mau­vaises herbes re­cou­vraient les rails. En temps de guerre, les sol­dats l’uti­li­saient pour re­joindre le front. La ligne de che­min de fer Auxer­reSaint­Flo­ren­tin­Troyes n’a été créée que pour les conflits.

Une « ligne stra­té­gique », créée avant 1914 pour as­su­rer la conti­nui­té de la ligne du Mor­van, qui se ter­mi­nait à La­ro­cheMi­gennes avec pro­lon­ga­tion vers Pa­ris, en di­rec­tion de l’est. Et de la re­lier à la voie fer­rée de

Lyon. Fai­sant de La­ro­cheMi­gennes un noeud fer­ro­viaire es­sen­tiel en temps de conflit avec les Al­le­mands.

« Cette ligne longe le dé­ pôt de La­roche et per­met de re­joindre le front, ex­plique Alain Vincent, au­teur de L’Yonne dans la Grande Guerre .» Proche de la zone des com­bats, l’Yonne était tra­ver­sée par des convois em­prun­tant cette ligne pen­dant toute la Pre­mière Guerre mon­diale. Les trains pas­saient éga­le­ment par la ligne Mon­tar­gisSens­Troyes, plus au nord. Ma­té­riel, troupes et ra­vi­taille­ment y convoyaient tous les jours.

Le bal­let in­ces­sant des trains trans­por­tant les sol­dats pous­sa à la créa­tion d’hô­pi­taux sur les rails. Dans l’Yonne, il y en avait à Saint­Flo­ren­tin, Sens, Nuits­sous­Ra­vières ou en­core Cra­vant. Les bles­sés en tran­sit y étaient soi­gnés, voire hé­ber­gés s’ils ne pou­vaient plus sup­por­ter le voyage.

Mais cette ligne stra­té­gique était sur­tout un sym­bole, pour les ha­bi­tants, puis­qu’elle ne ser­vait qu’en cas de guerre. En 1919, elle fût fer­mée par des croix de Saint­An­dré, deux planches clouées l’une sur l’autre en forme de X, signe d’an­nu­la­tion du ser­vice. Un sym­bole de paix qui fût à nou­veau ôté des rails, en 1939.

PHOTO AFP

CARTE POS­TALE, COL­LEC­TION D’ALAIN VINCENT

STRA­TÉ­GIQUE. Le com­plexe fer­ro­viaire de La­roche a été es­sen­tiel pen­dant la guerre.

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