So Bar in­cen­dié à Auxerre : vers le clap de fin

L'Yonne Républicaine (Sénonais) - - La Une - Ro­main Blanc ro­[email protected]­tre­france.com

Deux Auxer­rois ont com­pa­ru au tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Auxerre, hier. Ils sont sus­pec­tés d’avoir mis le feu au So bar, un bar de nuit de la zone des Clai­rions, en 2010. Mais comme les en­quê­teurs n’ont pas ras­sem­blé as­sez de preuves contre eux, le par­quet a re­quis la re­laxe.

L e pré­sident du tri­bu­nal pré­vient d’en­trée la chambre cor­rec­tion­nelle. Ce n’est ni plus moins que de « l’ar­chéo­lo­gie ju­di­ciaire » qu’il s’ap­prête à exer­cer ici…

Les faits re­montent à mars 2010. Dans la nuit du 2 au 3, le « So bar » prend feu. Il s’agit alors du troi­sième in­cen­die, en seule­ment trois ans, qui se dé­clare dans ce bar de nuit auxer­rois, si­tué dans la zone des Clai­rions.

En 2008, le bar est in­cen­dié une pre­mière fois. La jus­tice fi­nit par re­trou­ver le cou­pable : elle le condamne à cinq ans de pri­son. En 2009, deuxième in­cen­die. Puis en mars 2010, alors que le bar vient tout juste de rou­vrir ses portes, il est ra­va­gé par les flammes. En­core. CLAI­RIONS.

Les gé­rants sont contraints de pro­cé­der à la li­qui­da­tion ju­di­ciaire. Cette fois­ci, le So bar ne s’en re­lève pas. Mais en 2012, deux in­di­vi­dus sont mis en exa­men. Ces deux Auxer­rois, deux « amis d’en­fance » de la ci­té des Plattes, dans le quar­tier Rive­droite, com­pa­rais­saient hier, libres, de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Auxerre. Tous deux sont au­jourd’hui qua­ran­te­naires.

L’un est sus­pec­té d’être l’ins­ti­ga­teur des faits. Il au­rait agi parce qu’il pos­sé­dait des parts dans un éta­blis­se­ment : le Kitch club, une boîte de nuit « concur­rente » du So bar.

L’autre est sus­pec­té d’être l’exé­cu­tant des faits. Il tra­vaille alors dans une en­tre­prise de dé­mo­li­tion et d’amian­tage.

Té­moi­gnage ano­nyme

Or du­rant la nuit du 2 au 3 mars 2010, l’ex­per­tise prouve que le ou les in­cen­diaires ont dé­cou­pé un mor­ceau du toit pour ver­ser des litres de car­bu­rant près du bar. « Vous au­riez été tout à fait ca­pable de dé­mon­ter un mor­ceau de toit et d’y faire une ou­ver­ture », sug­gère donc le pré­sident au pré­su­mé « exé­cu­tant ».

Autre « coïn­ci­dence », son té­lé­phone a bor­né près du So bar pen­dant la nuit en ques­tion. Pour­quoi ? « J’en sais rien, ré­pond­il sè­che­ment. J’étais peut­être po­sé là avec une na­na, j’étais peut­être po­sé au Quick… » Aus­si, un cer­tain type de ru­ban adhé­sif orange a été re­trou­vé sur la scène. Se­lon les ex­perts, dans l’Yonne, une seule en­tre­prise uti­li­sait ce genre d’adhé­sif lors des faits : celle du pré­ve­nu. « Du scotch orange, on en trouve par­tout ! » Quant au pré­su­mé « ins­ti­ga­teur » des faits, il re­con­naît avoir dé­te­nu des parts dans le ca­pi­tal du Kitch club, la boîte concur­rente. Et ça s’ar­rête là. Mais pour­quoi a­t­il échan­gé « 148 tex­tos » avec l’une des ser­veuses du So bar, entre le 15 fé­vrier et le 15 mars 2010 ? Se­lon la par­tie ci­vile, cette re­la­tion pri­vi­lé­giée peut ex­pli­quer la com­pli­ci­té de l’em­ployée. D’au­tant que le sys­tème de vi­déo­sur­veillance a été neu­tra­li­sé à l’in­té­rieur du bar…

Oui, mais à part un bout de ru­ban adhé­sif et un bor­nage té­lé­pho­nique, la jus­tice n’a au­cune preuve for­melle. D’au­tant que comme le sou­ligne le sub­sti­tut du pro­cu­reur, les en­quê­teurs n’au­raient ja­mais mis en exa­men ces deux in­di­vi­dus sans un « ren­sei­gne­ment ano­nyme ». « Sans ce point de dé­part, nous n’au­rions rien dans le dos­sier. »

Ce té­moi­gnage af­firme que « l’ins­ti­ga­teur » au­rait don­né 3.000 € à son « exé­cu­tant » pour qu’il s’exé­cute. Té­moin ano­nyme qui as­sure avoir été té­moin de cette scène dans un bar PMU d’Auxerre…

Beau­coup trop lé­ger pour le mi­nis­tère pu­blic, qui re­quiert la re­laxe. Le ju­ge­ment a été mis en dé­li­bé­ré au 13 dé­cembre.

AR­CHIVES FLO­RIAN SALESSE 2010

Les faits re­montent au mois de mars 2010.

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