Après la gé­né­ra­tion Y, qu’est ce que la gé­né­ra­tion Z ?

Méthode 80 - 20 - - APERÇU -

Suite à la pu­bli­ca­tion des ré­sul­tats de l’en­quête si­gnée par BNP Pa­ri­bas et The Bo­son Pro­ject en jan­vier 2015 sur la gé­né­ra­tion Z et sa vi­sion de l’en­tre­prise, Mor­gan Phi­lips Out­pla­ce­ment vous pro­pose une syn­thèse de cette brillante en­quête.

Mé­tho­do­lo­gie : BNP Pa­ri­bas et The Bo­son Pro­ject a in­ter­ro­gé 3212 jeunes de 15 à 20 ans. L’étude n’est pas ba­sée sur un échan­tillon­nage par­ti­cu­lier, mais uni­que­ment sur la bonne vo­lon­té des par­ti­ci­pants qui ont bien vou­lu ré­pondre au ques­tion­naire qui a été dif­fu­sé ex­clu­si­ve­ment sur les ré­seaux so­ciaux.

Au­cun chiffre n’in­dique la pro­ve­nance de ces per­sonnes, ni leur ori­gine so­ciale. Les seules in­for­ma­tions dé­mo­gra­phiques re­te­nues sont que la moyenne des ré­pon­dants est de 18 ans, qu’ils sont 66% à être étu­diants, 27% à être ly­céens et que 43% d’entre eux n’ont pas d’ex­pé­riences pro­fes­sion­nelles. Ces ré­sul­tats ont été pon­dé­rés afin d’avoir un équi­libre entre le nombre d’homme et de femmes qui y ont ré­pon­du.

La gé­né­ra­tion Y à peine ap­pri­voi­sée en en­tre­prise, voi­là que la sui­vante ar­rive dé­jà avec ces codes, ses « mèmes » et sa vi­sion du monde pro­fes­sion­nel ; on l’ap­pelle la gé­né­ra­tion Z pour gé­né­ra­tion zap­ping. Que cache vrai­ment cette ap­pel­la­tion ? Pour com­men­cer, dé­fi­nis­sons le pro­fil type de cette gé­né­ra­tion Z qui fait dé­jà trem­bler les en­tre­prises. Les Z sont nés après 1995, ils ont moins de 20 ans et sont aux portes de l’en­tre­prise, ils sont les pe­tits frères et soeurs de la gé­né­ra­tion Y et les en­fants de la gé­né­ra­tion X. Les Z sont très cu­rieux, lu­cides et in­for­més sans être dé­sa­bu­sés. Ils ont gran­di avec In­ter­net et sont donc ul­tra-connec­tés, exi­geants, étu­diants pour tou­jours et en­tre­pre­neurs de leur propre des­tin.

Le por­trait dres­sé dans cette étude n’a pas vo­ca­tion à être sans équi­voque et ne pré­tend pas être la par­faite re­pré­sen­ta­tion des 16 mil­lions de Z en France. Elle per­met en outre de com­prendre leur vi­sion du monde du tra­vail et de l’en­tre­prise.

La gé­né­ra­tion Z, se­conde gé­né­ra­tion à avoir vé­cu la mon­dia­li­sa­tion de plein fouet (les Y étant les pre­miers) est par­ta­gée entre sa culture na­tio­nale et in­ter­na­tio­nale. En ef­fet, 39% re­ven­diquent leur ap­par­te­nance à la France, et 34% d’entre eux se consi­dèrent ci­toyens du monde. Ils sont 68.5% à se voir tra­vailler à l’étran­ger, mais ne « re­nient » pas sur la France, puis­qu’ils consi­dèrent que la réus­site est pos­sible en France. La clé de la réus­site est pour eux lié « au bon vi­sa » c’est-à-dire être en­ga­gé dans une struc­ture à l’in­ter­na­tio­nal, n’ou­blions pas que la gé­né­ra­tion Z ) pour ter­rain de jeu le monde dans le­quel ils na­viguent avec ai­sance. La gé­né­ra­tion Z re­vêt aus­si le sur­nom de « sla­shers* », qui dé­fi­nit une ca­pa­ci­té à com­bi­ner plu­sieurs at­tri­buts en même temps. Avec cette gé­né­ra­tion de sla­shers on de­vient à la fois un geek, un roots et un dan­dy du 21 ème, c’est une gé­né­ra­tion qui fait tout plus vite. Ins­tan­ta­né pour­rait être le mot les dé­fi­nis­sant le mieux !

Les Z : sel­fie, mais pas sel­fish.

Ils sont 72% a ré­vé­ler que leur image est im­por­tante en dé­pit de ce qu’en pensent les autres, ils ont pour sou­hait de pou­voir être qui ils veulent sans avoir à se sou­cier du « qu’en di­ra t-on ». Ce­la ne veut pas dire qu’ils sont au­to­cen­trés bien au contraire. La gé­né­ra­tion Z est en in­ter­ac­tion per­ma­nente avec son en­vi­ron­ne­ment et gra­vite au sein d’un ré­seau, qui se­lon 40% des in­ter­ro­gés est la clé de la réus­site dans le monde pro­fes­sion­nel. Cette forte im­pli­ca­tion au sein de ré­seaux tend à mon­trer que la gé­né­ra­tion Z pense col­lec­tif avant tout. La par­ti­ci­pa­tion de cha­cun à la créa­tion de l’édi­fice met en avant sa vi­sion col­la­bo­ra­tive, voire coo­pé­ra­tive.

Je suis Z, je suis mon propre en­tre­pre­neur. Avec ce point, les si­mi­li­tudes avec la gé­né­ra­tion Y sont rom­pues. Leur vi­sion de la connais­sance est com­plè­te­ment dif­fé­rente, seule­ment 7.5% des Z consi­dèrent les études comme étant le fac­teur de connais­sance le plus im­por­tant.

Le Z est dans une pos­ture d’au­to-ap­pren­tis­sage : « ma pre­mière en­tre­prise c’est moi ». Ils ap­prennent :

- par tous les ca­naux, l’école, les MOOC (Mas­sive Open On­line Course), les tu­to­riels Youtube ou en­core un do­cu­men­taire, par­tout et sur tout, la gé­né­ra­tion Z est très cu­rieuse et a soif de connais­sance, de ma­nière conti­nue, ils ont la ca­pa­ci­té à se re­mettre en per­ma­nence en ques­tion. Cette gé­né­ra­tion avide de connais­sance, est bien plus prag­ma­tique que ces aî­nés, le « do it your­self » est un peu leur light-mo­tive.

Com­ment la gé­né­ra­tion Z se voit elle ? Comme toutes les gé­né­ra­tions, elle dis­pose de son lot de sté­réo­type. L’idée la plus ré­pan­due est celle d’une gé­né­ra­tion pa­res­seuse sans ap­pé­tence pour le tra­vail. Faux ! Ré­pondent-ils, ils n’ont juste plus la même fa­çon de tra­vailler que leurs pré­dé­ces­seurs.

Autre cli­ché, ils ne peuvent se sé­pa­rer de leur smart­phone, en­core une fois les Z ré­futent cette idée, dans la me­sure où ils ont gran­di avec In­ter­net en op­po­si­tion à leur pa­rents, ils n’ont pas le même rap­port à cet ou­til. Les pa­rents voient ce­la comme quelque chose d’abru­tis­sant alors que c’est per­çu comme étant le contraire par les Z, qui on vous le rap­pel est une gé­né­ra­tion qui a les pieds sur terre et est très lu­cide, des jeunes qui se sentent res­pon­sable de leur fu­tur et de ce­lui des fu­tures gé­né­ra­tions. La gé­né­ra­tion Z est donc une gé­né­ra­tion qui va plus loin que la Y en étant tou­jours plus connec­tée, créa­tive et dé­com­plexée. On peut alors s’in­ter­ro­ger sur leur vi­sion de l’en­tre­prise et ce que ce­la im­plique pour les fu­turs em­ployeurs ?

TRA­VAILLER Z : LE MONDE DE L’EN­TRE­PRISE VU PAR LES MOINS DE 20 ANS

Les 3200 ré­pon­dants à l’en­quête se sont vus pro­po­ser l’op­por­tu­ni­té de dé­crire leur vi­sion du monde de l’en­tre­prise. Leur ver­dict est sans équi­voque. Voi­ci leurs ré­ponses.

L’en­tre­prise est « dure » pour 170 ré­pon­dants, « com­pli­quée » pour 147 d’entre eux, « dif­fi­cile » pour 142 des in­ter­ro­gés. Les autres termes em­ployés sont : « im­pi­toyable », « fer­mée » ou en­core « jungle », en lien avec les re­la­tions in­terne en en­tre­prise. On voit donc que cette nou­velle gé­né­ra­tion n’est pas très po­si­tive en ce qui concerne l’en­tre­prise, à qui la faute ? Est-ce les mé­dias qui vé­hi­culent une image trop né­ga­tive de l’en­tre­prise ? Ou bien les pa­rents qui ne parlent pas de leur vie de bu­reau en terme po­si­tif ? On peut aus­si se de­man­der si ce n’est une ques­tion de tem­po. L’en­tre­prise se­rait elle en re­tard face aux évo­lu­tions ra­pides qui ca­rac­té­risent notre époque ? Une chose est sûre, quatre point es­sen­tiels res­sortent de cette ques­tion : l’en­tre­prise est trop par­tiale, in­hu­maine, in­quiète et ne dé­chaîne pas les pas­sions.

En re­vanche, des mots tels que « in­té­res­sant », « équipe », « in­no­va­tion », « dy­na­mique » et « ex­pé­rience » sont aus­si ci­té comme po­si­tif au sein de l’en­tre­prise.

Cette vi­sion as­sez sombre de l’en­tre­prise n’est ce­pen­dant pas la dé­mons­tra­tion d’un re­jet to­tal de celle-ci. L’en­tre­prise est stres­sante pour 36%, fait res­sen­tir de l’in­dif­fé­rence pour 26% et les at­tire pour 23%.

Par ailleurs, il faut aus­si no­ter que toutes ces dé­no­mi­na­tions né­ga­tives sont aus­si liées à la mé­con­nais­sance des jeunes du monde de l’en­tre­prise. En ef­fet, plus les moins de 20 ans ont été en contact avec l’en­tre­prise, moins ils la trouvent stres­sante et sont même at­ti­rés par elle. On peut per­ce­voir un réel dé­sire de rap­pro­che­ment entre la sphère aca­dé­mique et pro­fes­sion­nelle. L’étude dé­montre que les moins de 20 ans sont in­quiets de leur ave­nir et éva­luent cette in­quié­tude à 6.1/10.

Les Z se pro­jettent, et com­ment !

47% d’entre eux sou­haitent créer leur en­tre­prise. Ce chiffre est es­sen­tiel à re­te­nir car il marque un vé­ri­table re­nou­veau gé­né­ra­tion­nel. Le for­mat de l’en­tre­prise ac­tuelle ne leur convient plus, ils sont donc à la re­cherche de leur propre mo­dèle et par consé­quent pré­fè­re­raient à hau­teur de 53% être leur propre pa­tron, plu­tôt que d’être sa­la­rié.

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