Les tra­vailleurs aty­piques sont les stars de de­main

Méthode 80 - 20 - - APERÇU -

Et si res­ter soi-même était la condi­tion pre­mière du bon­heur au tra­vail ? C’est l’in­vi­ta­tion que nous adresse Alexandre Pa­chuls­ki, au­teur de l’ou­vrage «Unique(s), et si la clé du monde de de­main, c’était nous ?»

We De­main : D’où vous est ve­nue l’idée de ce livre ?

Alexandre Pa­chuls­ki : C’est le ré­sul­tat de mon ex­pé­rience per­son­nelle et pro­fes­sion­nelle. J’ai gran­di dans un en­vi­ron­ne­ment où les gens, mes pa­rents y com­pris, per­daient leur vie à la ga­gner. Très vite, j’ai su que ce sché­ma ne se­rait pas pour moi et j’ai vou­lu ex­plo­rer une autre voie, qui per­met­trait à cha­cun de re­prendre la main sur son des­tin pro­fes­sion­nel. Je l’ai em­prun­tée moi-même en me lan­çant dans l’en­tre­pre­na­riat, et je veux dé­sor­mais in­ci­ter les autres à l’em­prun­ter à leur tour.

Je le fais au quo­ti­dien avec mon en­tre­prise Ta­lent­soft (un lo­gi­ciel dé­dié au ma­na­ge­ment des ta­lents au sein des en­tre­prises, ndlr) et, dé­sor­mais, grâce à ce livre.

Pour dé­fi­nir l’épa­nouis­se­ment au tra­vail, vous re­cou­rez au concept ja­po­nais d’iki­gai. De quoi s’agit-il ?

L’iki­gai est une pen­sée ja­po­naise an­cienne, qui pos­tule que l’épa­nouis­se­ment passe par une ac­ti­vi­té qui fait conver­ger quatre condi­tions : ce que l’on aime faire, ce que l’on sait faire, ce dont le monde a be­soin, et ce pour­quoi on vous paie. Être bien dans son tra­vail, c’est vi­ser l’in­ter­sec­tion de ces quatre di­men­sions. Ce n’est pas ai­sé, certes, mais il faut es­sayer. Car si l’on croit, comme moi, que le tra­vail est le plus court che­min pour se réa­li­ser et trou­ver sa place dans la so­cié­té, alors il n’y a pas d’al­ter­na­tive !

Mais il n’est pas tou­jours simple de «trou­ver sa voie»...

En ef­fet. A for­tio­ri parce que, dans nos so­cié­tés tour­nées vers la per­for­mance, on ne nous a pas ap­pris à être nous-mêmes : à l’école, on nous en­seigne tout un tas de choses sauf qui nous sommes ; puis, jeunes adultes, on nous pousse vers les mé­tiers et les cur­sus qu’on juge bons pour nous, sans que l’on ait pu réel­le­ment ré­flé­chir à nos as­pi­ra­tions propres. Ré­sul­tat, les en­tre­prises sont au­jourd’hui pleines de tren­te­naires et de qua­dra en crise, qui se rendent compte qu’ils ne sont pas à leur place. Il est urgent de de chan­ger notre mo­dèle édu­ca­tif. C’est d’ailleurs pour ce­la que je sou­tiens une école al­ter­na­tive, l’Autre école, qui tend à for­mer des ci­toyens res­pon­sables.

En at­ten­dant, com­ment culti­ver sa sin­gu­la­ri­té et com­ment en prendre soin ?

Il s’agit d’abord de s’au­to­ri­ser à oser et à s’ex­pri­mer ! Ce n’est ni aux DRH ni aux ma­na­gers de dé­ci­der de notre des­ti­née. Il faut avoir le cou­rage d’al­ler à la ren­contre de soi : se de­man­der quel en­vi­ron­ne­ment nous convient, ce pour quoi nous sommes bons, et quelles sont les va­leurs qui nous animent. Nom­breux sont ceux qui souffrent au tra­vail mais n’osent pas bou­ger, de peur de dé­cou­vrir ce pour quoi ils sont réel­le­ment faits. Per­son­nel­le­ment, je pense que le seul risque, c’est de ne pas en prendre… Il faut as­su­mer ses en­vies et par­ler : dire à ses ma­na­gers quels pro­jets nous en­thou­siasment et pour­quoi, se de­man­der sur quel autre poste on se ver­rait, tes­ter d’autres voix pro­fes­sion­nelles, etc.

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