Les dif­fé­rentes en­jeux ex­pli­qués

Méthode 80 - 20 - - AVIS TRANCHÉ -

Il ne s’agit pas d’être pour ou contre la pros­ti­tu­tion, le dé­bat ne se si­tue pas à ce ni­veau-là, puis­qu’il est cer­tain qu’elle exis­te­ra tou­jours. La loi de 2016, qui pé­na­lise les clients de pros­ti­tués(es) ne l’a d’ailleurs pas fait dis­pa­raître, bien au contraire : les tra­vailleurs(ses) du sexe se re­trouvent à pré­sent dans une si­tua­tion de plus grande pré­ca­ri­té. En les obli­geant à se ca­cher, à al­ler tou­jours plus loin pour exer­cer, la loi les a fra­gi­li­sés.

Les ré­seaux de proxé­nètes se sont aus­si or­ga­ni­sés et la fré­quen­ta­tion des mai­sons closes en Es­pagne ou en Bel­gique a ex­plo­sé. La dé­pu­té du Var Va­lé­rie Go­mez-Bas­sac a ain­si dé­fen­du avoir une ap­proche prag­ma­tique du su­jet, consta­tant dans sa cir­cons­crip­tion ru­rale que de plus en plus de jeunes femmes, « par­fois très jeunes, sont sur le bord des routes toute l’an­née, c’est-à-dire sous la neige ou dans une cha­leur ter­rible. » (source)

Aline Peu­geot, qui a tra­vaillé du­rant 20 ans dans une mai­son close de Stras­bourg, se dé­clare plu­tôt fa­vo­rable à une lé­ga­li­sa­tion.

Elle par­tage en ef­fet le constat de la dé­pu­té :

«Les in­ter­dits ont tou­jours at­ti­ré et de toutes fa­çons la pros­ti­tu­tion est par­tout. A cô­té de chez moi, il y a un ly­cée de­vant le­quel les pros­ti­tuées sont à l’oeuvre sous le re­gard in­dif­fé­rent de la po­lice. On constate aus­si une re­cru­des­cence de la pros­ti­tu­tion chez les étu­diants. Il est temps de ré­agir !»

Tou­te­fois, se­lon Aline Peu­geot, la pros­ti­tu­tion dans les mai­sons closes doit s’en­vi­sa­ger de fa­çon glo­bale, en pre­nant en compte tous les pa­ra­mètres.

Elle sou­ligne :

«Les pro­blèmes d’hy­giène ou d’ordre pu­blic ne sont pas les seuls élé­ments à prendre en consi­dé­ra­tion. L’as­pect hu­main et psy­cho­lo­gique est fon­da­men­tal. Il y a aus­si des ques­tions qui res­tent en sus­pens : par exemple, la pros­ti­tu­tion dans les mai­sons closes va-t-elle être re­con­nue comme un mé­tier à part en­tière par les ad­mi­nis­tra­tions ? Et com­ment se­ront taxés les gé­rants des mai­sons closes, dans la me­sure où ils sont des proxé­nètes au re­gard de la loi ?»

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