Co­ver story : les vi­sages de Na­ta­lia Vodianova.

Madame Figaro - - Sommaire/madame - PAR MA­RION LOUIS / PHO­TOS JEAN-BAP­TISTE MONDINO / RÉA­LI­SA­TION BAR­BA­RA BAU­MEL / MO­DÈLE NA­TA­LIA VODIANOVA @ VI­VA

DIX ANS QUE LA TOP-MO­DÈLE IN­CARNE LA FEMME SHA­LI­MAR ET LE MA­QUILLAGE GUER­LAIN. POUR L’OC­CA­SION, NA­TA­LIA VODIANOVA S’EST PRÊ­TÉE AU JEU DES TRANS­FOR­MA­TIONS FACE À L’OB­JEC­TIF DE JEAN-BAP­TISTE MONDINO ET SOUS LES PIN­CEAUX D’OLI­VIER ECHAU­DE­MAI­SON. DU NUDE AB­SO­LU À LA SO­PHIS­TI­CA­TION PLEIN FARD, CETTE BEAU­TÉ HORS NORME NOUS OFFRE UNE LE­ÇON DE MAKE-UP. CONFI­DENCES.

Où est la ga­mine ? » Au mi­lieu des spots et des por­tants, le grand pho­to­graphe JeanBap­tiste Mondino et Oli­vier Echau­de­mai­son, di­rec­teur de la créa­tion du ma­quillage Guer­lain, cherchent l’hé­roïne du jour. La « ga­mine », pro, ponc­tuelle, sou­riante, est là… Très vite, les rires fusent. Tous les trois ont sou­vent tra­vaillé en­semble et sont vi­si­ble­ment heu­reux de se re­trou­ver. « Elle est désar­mante et fas­ci­nante de beau­té, car­ré­ment an­gé­lique », avoue Jean-Bap­tiste Mondino, qui, pour­tant, en a vu dé­fi­ler, de ra­vis­sants mi­nois. « Elle est en­core plus belle au na­tu­rel. Sur­tout, elle ne change pas. Je me de­mande par­fois s’il n’y en a pas plu­sieurs. » On ap­prouve. Dif­fi­cile de croire que cette jeune femme si svelte et si fraîche a 36 ans, cinq en­fants (Lu­cas, Vik­tor et Ne­va, avec Jus­tin Port­man ; Maxim et Ro­man, avec An­toine Ar­nault, NDLR) et une longue car­rière der­rière elle.

L’ANGE DES PO­DIUMS

On l’a sur­nom­mée Su­per­no­va, mais Na­ta­lia Vodianova n’a rien d’une étoile fi­lante, même si elle a tout fait à la vi­tesse de l’éclair. À 16 ans, la pe­tite fille pauvre qui vend des fruits et lé­gumes sur le mar­ché de Ni­j­ni-Nov­go­rod de­vient man­ne­quin ; à 19 ans, elle a son pre­mier fils ; à 22, elle crée sa fon­da­tion ca­ri­ta­tive Na­ked Heart (coeur nu), qui fi­nance des écoles et des ter­rains de jeux pour les en­fants dé­fa­vo­ri­sés et han­di­ca­pés. Un hommage à sa soeur Ok­sa­na, at­teinte d’au­tisme. De­puis, elle a le­vé plus de cin­quante mil­lions d’eu­ros et elle court tou­jours le monde, se bat, entre autres, pour l’édu­ca­tion des filles en Inde ou en Tur­quie, et en­tend bien ne pas s’ar­rê­ter là. Oli­vier Echau­de­mai­son, qui l’a vue dé­bu­ter, le confirme : « Elle est belle et gé­né­reuse, ce qui ne court pas les rues. Elle rayonne. On di­rait que l’ex­pres­sion “beau­té in­té­rieure” a été créée pour elle. Toutes les femmes peuvent être belles, mais avoir de la per­son­na­li­té, ce n’est pas don­né à tout le monde. Elle est une femme- en­fant pas Ba­by Doll. » Cô­té Na­ta­lia, même pluie de com­pli­ments pour Oli­vier, l’équipe Guer­lain et son PDG, Laurent Boi­leau : « De­puis dix ans, on se connaît très bien, mais notre re­la­tion est tou­jours aus­si drôle, fraîche, na­tu­relle… C’est unique dans ce mé­tier. Moi qui étais ha­bi­tuée aux grosses cam­pagnes avec Cal­vin Klein et L’Oréal, j’ai été sur­prise, au dé­but, de voir une équipe si ré­duite, mais cette am­biance in­time, cha­leu­reuse et fa­mi­liale m’a plu tout de suite. »

LA BEAU­TÉ EST BON­TÉ

À l’heure du dé­jeu­ner, en pei­gnoir, entre deux pho­tos et deux bou­chées, Na­ta­lia ré­pond gen­ti­ment et pa­tiem­ment à toutes les ques­tions. Non, elle n’au­ra plus d’en­fant, car sa der­nière gros­sesse a été très dif­fi­cile. Non, elle ne fe­ra plus de ci­né­ma : « Je ne suis pas une ac­trice. » Non, elle n’a pas peur de l’âge, du mo­ment qu’elle reste en bonne san­té, pleine de vie et d’en­vies, comme sa grand-mère de 89 ans, son mo­dèle : « Elle est in­croyable, ne lâche rien. Elle a na­gé et cou­ru

jus­qu’à 75 ans. Elle est tou­jours im­pec­cable, coif­fée, ma­quillée, élé­gante. » Cette belle âme en­cou­rage les femmes à se mon­trer in­dul­gentes en­vers elles-mêmes, à écou­ter leurs propres be­soins.

« Beau­coup se sentent cou­pables de prendre du temps pour soi, moi la pre­mière, mais c’est fon­da­men­tal, ne se­rait-ce que pour mieux s’oc­cu­per des autres. Il faut être sa propre sup­por­trice et, sur­tout, ne ja­mais re­non­cer. » Ré­cem­ment, pour la pre­mière fois de sa vie, Na­ta­lia est par­tie en va­cances en Géor­gie, seule avec son amie d’en­fance. « C’est le plus beau ca­deau que je pou­vais me faire. On a pas­sé trois jours à rire et à faire ce qu’on vou­lait. J’ai très en­vie de re­com­men­cer. Cette fois, seule avec ma fille, à Rome… » À Ne­va, 12 ans, elle ai­me­rait avant tout trans­mettre des va­leurs hu­maines. « Je l’in­cite sur­tout à culti­ver sa beau­té in­té­rieure. » On se dit que c’est un peu fa­cile avec son phy­sique d’ex­cep­tion.

« C’est pour­tant la seule qu’on ne peut pas tra­ves­tir », ren­ché­rit Na­ta­lia. Elle est en ef­fet per­sua­dée qu’en s’éver­tuant à nour­rir des pen­sées po­si­tives et à chas­ser les mau­vaises, ce­la re­jaillit sur l’ap­pa­rence mais aus­si sur les ac­tions. « Je sais que ce n’est pas évident, mais quand on l’a com­pris, c’est un énorme pou­voir, une grande force qui change tout. »

Et quand on lui de­mande les se­crets de son look si ju­vé­nile : « Je suis heu­reuse et j’ai l’im­pres­sion d’être utile, que ma no­to­rié­té sert à quelque chose. Quand je suis à cô­té de mon fils aî­né, Lu­cas, qui a 17 ans et qui est dé­jà un homme, je me sens à la fois très adulte et comme une pe­tite fille. Je suis tel­le­ment fière de lui. »

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