Un pro­gramme an­ti­fa­tigue

Magicmaman Hors-série - - WORK -

Les mé­tiers phy­siques sont de moins en moins nom­breux dans nos pays développés, même s’ils n’ont pas to­ta­le­ment dis­pa­ru. Ce­pen­dant, il existe en­core cer­taines pro­fes­sions presque in­com­pa­tibles avec une gros­sesse. Par exemple, Lorraine, pé­di­cure, ne peut plus se te­nir pliée en deux au-des­sus des pieds de ses clients, ou Laure, sty­liste, ne peut plus tra­vailler cour­bée sur une planche à des­sin. Ces fu­tures ma­mans n’ont gé­né­ra­le­ment pas d’autre so­lu­tion que d’être ar­rê­tées pré­co­ce­ment. C’est éga­le­ment le cas des femmes de mé­nage, qui doivent sou­vent in­ter­rompre leur tra­vail vers six mois de gros­sesse, car les tâches qu’elles exé­cutent fa­vo­risent les contrac­tions pré­coces. Pour au­tant, le plus sou­vent, les com­pli­ca­tions au cours de la gros­sesse ne sont pas dues à la nature du tra­vail pro­pre­ment dit, mais plu­tôt à la fa­tigue qui en dé­coule. Jambes lourdes, dou­leurs du dos, de la nuque… Au­tant de pe­tits maux fa­vo­ri­sés par la gros­sesse. Donc au bu­reau comme à la mai­son, il s’agit de tout mettre en oeuvre pour les évi­ter.

Voya­gez tout confort

Les trans­ports sont bien sou­vent la pre­mière cause de fa­tigue chez les femmes en­ceintes. « Dans les so­cié­tés de net­toyage par exemple, les femmes tra­vaillent de 6 heures à 9 heures, puis de 19 heures à 21 heures. Ces ho­raires les obligent donc à faire l’al­ler-re­tour deux fois par jour, ex­plique la Dre Bar­bier. Et lorsque le lieu de tra­vail est éloi­gné de leur do­mi­cile, cer­taines passent ain­si plus de quatre heures par jour dans les trans­ports. Vous ima­gi­nez leur état de fa­tigue ! Si en plus elles ont dé­jà plu­sieurs en­fants et un ma­ri qui ne les aide guère à la mai­son… » Alors, quand vous pre­nez les trans- ports en com­mun, de­man­dez une place as­sise, vous êtes prio­ri­taire. Ce qui ne vous évi­te­ra pas d’avoir par­fois af­faire à des gou­jats, comme cette jeune femme qui s’est vu ré­tor­quer par un mon­sieur à qui elle avait de­man­dé de lui cé­der sa place : « Ce n’est quand même pas moi qui l’ai fait ! »

Amé­na­gez votre jour­née

« Trop de femmes ignorent aus­si qu’il existe dans la plu­part des en­tre­prises au moins un lit de re­pos à leur dis­po­si­tion », rap­pelle la Dre Bar­bier. Pour­quoi ne pas en pro­fi­ter pour faire par exemple une pe­tite sieste après un dé­jeu­ner ra­pide. Cer­tains em­ployeurs, trop rares en­core, ac­cordent aux femmes en­ceintes une ré­duc­tion de leur temps de tra­vail quo­ti­dien, sans di­mi­nu­tion de sa­laire. Alors, ren­sei­gnez-vous au­près du ser­vice du per­son­nel. Et si vous vous sentez très fa­ti­guée, avez de nom­breuses contrac­tions, par­lez-en au mé­de­cin du tra­vail. Si votre état de san­té le jus­ti­fie, il vous dé­cla­re­ra « in­apte temporaire » et vous orien­te­ra vers votre gy­né­co­logue, qui vous pres­cri­ra l’ar­rêt de tra­vail. « Sou­vent, il suf­fi­rait d’un peu de sou­plesse, d’amé­na­ger leurs ho­raires par exemple, pour que les fu­tures ma­mans puissent tra­vailler jus­qu’à leur congé ma­ter­ni­té, constate Chan­tal Tor­to­chot, sage-femme. Mais mal­heu­reu­se­ment, en France, c’est tout ou rien : de longues jour­nées de tra­vail ou l’ar­rêt ma­la­die. »

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