Point love sans ta­bous

La gros­sesse se tra­duit par de nom­breux cham­bou­le­ments phy­siques, hor­mo­naux et psy­cho­lo­giques. Votre corps change, votre dé­sir se trans­forme et ce­lui de votre mec aus­si ! Plai­sir, li­bi­do, sé­duc­tion, ten­dresse... ma­gic­ma­man lève le voile sur tout, sans lan

Magicmaman Hors-série - - SEXO -

Pen­dant la gros­sesse, si la sexua­li­té change, le dé­sir, lui, reste es­sen­tiel, non seule­ment pour votre épa­nouis­se­ment per­son­nel mais aus­si pour ce­lui de votre couple. Et, no stress : en ma­tière de sexua­li­té, il n’y a pas de ques­tions stu­pides !

Est-ce que je risque une fausse couche si je fais l’amour en dé­but de gros­sesse ?

Les fausses couches sur­viennent, en gé­né­ral, au cours des dix pre­mières se­maines après la fé­con­da­tion. Ces in­ter­rup­tions spon­ta­nées de la gros­sesse sont dues à une ano­ma­lie chro­mo­so­mique du foe­tus. En clair, ce­lui-ci n’est pas viable et se dé­croche na­tu­rel­le­ment. L’acte sexuel, aus­si tor­ride soit-il, n’est donc ja­mais res­pon­sable ! Sauf en cas d’in­di­ca­tion de re­pos par le mé­de­cin ou la sage-femme, les rap­ports sexuels peuvent conti­nuer pen­dant cette nou­velle gros­sesse.

Je n’ai pas du tout en­vie… Dois-je me for­cer ?

Cer­tai­ne­ment pas ! Se for­cer à faire l’amour n’est ja­mais bon signe. Mais il ne s’agit pas non plus d’en res­ter là. Pre­nez le temps de vous in­ter­ro­ger. « Der­rière l’ab­sence de dé­sir, il y a sou­vent des pro­blèmes qu’il ne faut sur­tout pas né­gli­ger », sou­ligne Chan­tal Fabre-Clergue. Ain­si, les fu­tures ma­mans sont sou­vent fa­ti­guées car elles ont beau­coup à faire. Ré­sul­tat, une li- bi­do en berne… Si c’est votre cas, il est temps d’agir. D’abord, ap­pre­nez à bien res­pi­rer, en fai­sant de longues ins­pi­ra­tions puis des ex­pi­ra­tions pro­fondes. En­suite, dé­ten­dez-vous, mé­na­gez-vous des mo­ments de re­pos et faites-vous ai­der. En­fin, mi­sez sur une ali­men­ta­tion va­riée et équi­li­brée, faites de vrais re­pas, ne lé­si­nez pas sur les vi­ta­mines (fruits, lé­gumes), et man­gez de tout en quan­ti­té rai­son­nable. Une bonne ali­men­ta­tion est en ef­fet une clé es­sen­tielle de notre forme ! En ré­su­mé, chou­chou­tez-vous : plus dé­ten­due et en meilleure forme, vous de­vriez voir votre li­bi­do se re­boos­ter na­tu­rel­le­ment!

J’ai des in­fec­tions va­gi­nales. C’est nor­mal ?

Les hor­mones de la gros­sesse pro­voquent par­fois un dés­équi­libre de la flore in­tes­ti­nale et va­gi­nale. Ain­si, la concen­tra­tion en lac­to­ba­cilles, ces « bonnes » bac­té­ries qui sont na­tu­rel­le­ment pré­sentes dans l’in­tes­tin et le va­gin, a ten­dance à di­mi­nuer, ce qui fa­vo­rise les in­fec­tions va­gi­nales. Consé­quence : des pertes blanches qui gênent, grattent ou piquent… peu pro­pices aux câ­lins. Il faut ré­agir ! N’hé­si­tez pas à prendre ren­dez-vous avec une sage-femme ou à de­man­der con­seil au mé­de­cin qui suit votre gros­sesse. Ce der­nier vous pres­cri­ra des pro­bio­tiques sous forme de gé­lules. Ces bac­té­ries vont co­lo­ni­ser le va­gin et res­tau­rer l’équi­libre de sa flore.

Peut-on faire mal à notre bé­bé ?

Im­pos­sible puisque lorsque le pé­nis pé­nètre dans le va­gin, il ne fran­chit pas le col de l’uté­rus. Votre bé­bé, à tous les stades de la gros­sesse, est con­for­ta­ble­ment ins­tal­lé dans la ca­vi­té uté­rine, à l’étage au-des­sus, en quelque sorte. Quelle que soit la po­si­tion que vous adop­tez, il flotte tran­quille­ment dans le li­quide am­nio­tique et ne se rend compte de rien. Il peut su­bir un lé­ger ba­lan­ce­ment, mais c’est loin d’être désa­gréable. Le plai­sir res­sen­ti par la fu­ture mère peut même lui être plu­tôt bé­né­fique.

Au se­cours, j’ai les seins hy­per­sen­sibles !

Dites-le à votre amou­reux. In­vi­tez-le à ex­plo­rer d’autres zones éro­gènes. Pré­ci­sion im­por­tante : cer­tains hommes adorent « mâ­chouiller » le bout des seins de leur com­pagne mais, du­rant la gros­sesse, ce­la risque de pro­vo­quer des contrac­tions qui, elles, ne sont pas sans risque. En ef­fet, con­trai­re­ment à celles pro­vo­quées par la pé­né­tra­tion, les contrac­tions dé­clen­chées par l’ex­ci­ta­tion des seins ne consti­tuent pas un phé­no­mène mé­ca­nique, mais hor­mo­nal. Et l’hor­mone du plai­sir – ap­pe­lée ocy­to­cine – li­bé­rée dans l’or­ga­nisme fa­vo­rise le dé­clen­che­ment du tra­vail.

Ma li­bi­do ? Au top. Je ne me re­con­nais plus !

Chan­tal Fabre-Clergue, sage-femme et sexo­logue, le confirme : cer­taines de ses pa­tientes ré­veillent leur conjoint pen­dant la nuit, pour cause de câ­lins ur­gents ! Ce sont les hor­mones, semble-til, qui boostent notre li­bi­do au pre­mier tri­mestre. En­core que… scien­ti­fi­que­ment, on n’ait au­cune cer­ti­tude à ce su­jet : « Nous avons cou­tume de dire que, pen­dant le pre­mier tri­mestre, les hor­mones ont plu­tôt ten­dance à en­dor­mir la li­bi­do, sou­ligne la sage-femme sexo­logue. Mais pour cer­taines femmes, c’est l’in­verse. Dif­fi­cile de gé­né­ra­li­ser. » Un bon con­seil, écou­tez donc votre dé­sir. Vous avez en­vie de faire l’amour et votre conjoint aus­si ? Alors faites-le !

Les rap­ports me pro­voquent des contrac­tions…

Ras­su­rez-vous, c’est sans dan­ger. Une simple en­vie de faire pi­pi peut, elle aus­si, dé­clen­cher des contrac­tions. Rien d’anor­mal, puisque l’uté­rus est, par nature, un muscle qui se contracte fa­ci­le­ment. Nombre d’hommes d’ailleurs, très im­pres­sion­nés par ce type de contrac­tions qui sur­viennent du­rant l’acte sexuel, sont ar­rê­tés net dans leur élan. Dans tous les cas, si vous en avez beau­coup, n’hé­si­tez pas à de­man­der con­seil à votre sage-femme ou votre gy­né­co pour être com­plè­te­ment ras­su­rée.

Je dé­teste mon corps

Votre ventre s’ar­ron­dit, vous pre­nez du poids et vous le vi­vez très, très, très mal… A l’idée que votre amou­reux vous voie ain­si, non mer­ci ! Chan­tal Fabre-Clergue es­saie tou­jours de com- prendre ce qui se cache der­rière cette plainte. « Si elles ont dé­jà quelques lé­gères ver­ge­tures, je conseille aux femmes en­ceintes de boire beau­coup d’eau et de bois­sons à base de si­lice, d’hy­dra­ter leur peau, d’uti­li­ser des crèmes an­ti­ver­ge­tures, de consom­mer des huiles en­ri­chies en vi­ta­mine E, comme celles aux germes de blé… » Elle a éga­le­ment consta­té que, der­rière ce dé­goût de soi, on trouve sou­vent des an­té­cé­dents d’ano­rexie ou de bou­li­mie. Elle n’hé­site donc pas à po­ser la ques­tion à la fu­ture ma­man qui a ten­dance à se dé­va­lo­ri­ser. Et, si be­soin, elle l’oriente vers un psy­cho­logue sus­cep­tible de l’ai­der à re­trou­ver l’es­time d’elle-même. Elle re­çoit aus­si vo­lon­tiers le conjoint. « Il est im­por­tant qu’il com­prenne la souf­france de sa com­pagne. Pour qu’il sache com­ment lui par­ler et la ras­su­rer sans faire de com­men­taires déso­bli­geants sur son ap­pa­rence phy­sique. »

Mon va­gin est moins lu­bri­fié…

« De nom­breux ou­vrages consa­crés à la sexua­li­té pen­dant la gros­sesse af­firment que, chez les femmes en­ceintes, la lu­bri­fi­ca­tion est plus im­por­tante, ex­plique Chan­tal Fabre-Clergue. Ré­sul­tat, celles pour qui c’est le contraire font de vé­ri­tables com­plexes. » Qu’elles se ras­surent, ce­la ar­rive sans que l’on sache vrai­ment pour­quoi. Quoi qu’il en soit, n’hé­si­tez pas à en par­ler à un spécialiste et faites-vous pres­crire un lu­bri­fiant.

A l’ap­proche du terme faire l’amour pour­rait dé­clen­cher l’ac­cou­che­ment…

Se­lon une idée très ré­pan­due, les pros­ta­glan­dines pré­sentes dans le sperme pro­vo­que­raient des contrac­tions et donc le dé­but du tra­vail. Mais au­cune étude digne de ce nom n’a ja­mais pu le prou­ver. Et, rap­pe­lons-le, le sperme contient très peu de pros­ta­glan­dines… En re­vanche, l’or­gasme est le meilleur des re­laxants. Idéal pour re­lâ­cher le corps… et la tête. Il est donc pro­bable que la jouis­sance pro­voque un vrai lâ­cher-prise fa­vo­rable pour com­men­cer le tra­vail.

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