Por­tage

Magicmaman - - Sommaire - par Claude de Faÿ SUR LE WEB Por­ter Bé­bé avec une écharpe ma­gic­ma­man.com/por­ta­gee­charpe

L’écharpe, c’est tout bon… avec des pré­cau­tions

Le por­tage en écharpe ? Pile dans la ten­dance du mo­ment, mode co­ol et ma­ter­nage proxi­mal ! S’il n’offre que des avan­tages à la ma­man et à son nou­veau-né – et ils sont nom­breux –, il exige ce­pen­dant d’être uti­li­sé cor­rec­te­ment. Nos ex­pli­ca­tions. Avec Céline Guer­rand-Fré­nais*, in­fir­mière, consul­tante en lac­tac­tion IBCLC, et res­pon­sable pé­da­go­gique de l’As­so­cia­tion fran­çaise de por­tage des bé­bés (AFPB).

Par por­tage, on en­tend le fait de por­ter son bé­bé tout contre soi dans une écharpe ou un porte-bé­bé. Et quel meilleur nid pos­sible pour lui que les bras de son pa­rent? Car por­ter n’est pas seule­ment phy­sique, on porte aus­si avec son coeur et son es­prit. Le por­tage fa­vo­rise le dé­ve­lop­pe­ment du tout-pe­tit et le sé­cu­rise. La ma­man, elle, est dé­ten­due: son pe­tit lo­vé contre elle, elle peut ré­pondre à ses be­soins tout en va­quant à ses oc­cu­pa­tions ou en s’oc­cu­pant de ses autres en­fants. Pour Céline Guer­rand-Fré­nais, res­pon­sable pé­da­go­gique de l’As­so­cia­tion fran­çaise de por­tage des bé­bés, « le por­tage est tout sim­ple­ment la con­ti­nui­té de la gros­sesse et contri­bue au dé­ve­lop­pe­ment op­ti­mal du tout-pe­tit ». Rai­son de plus pour ne pas vous en pri­ver!

BÉ­BÉ SÉ­CU­RI­SÉ, PA­RENT COM­PÉ­TENT, EN CONFIANCE

Lors­qu’un en­fant est por­té – par­ti­cu­liè­re­ment dans une écharpe – sa po­si­tion est la même que dans l’uté­rus ma­ter­nel, son dos est rond, ses ge­noux sont re­pliés. Le contact phy­sique est constant avec le por­teur, sa mère ou son père. Il per­çoit les bat­te­ments de son coeur et sa res­pi­ra­tion, sa cha­leur et son odeur, le ba­lan­ce­ment de ses pas et les vi­bra­tions de sa voix. Ce­la le calme et le sé­cu­rise. De plus, le tout-pe­tit étant qua­si­ment dans un corps-à-corps avec son pa­rent, l’ac­cor­dage entre les deux se fait plus fa­ci­le­ment. Cette proxi­mi­té fa­ci­lite l’allaitement ma­ter­nel et per­met à la mère de mieux in­ter­pré­ter les signes de son en­fant (il chouine, il s’agite, etc.) et d’y ré­pondre plus ra­pi­de­ment. Elle se sent en confiance… et com­pé­tente ! Vous vou­lez une preuve de plus des bien­faits du por­tage ? Ce der­nier est lar­ge­ment uti­li­sé dans les uni­tés de ma­ter­no­lo­gie – lorsque la mère est en dif­fi­cul­té avec son en­fant et qu’elle souffre de dé­pres­sion du post-par­tum. Te­nir son en­fant contre elle apaise le tu­multe de son coeur et fa­vo­rise l’at­ta­che­ment. Lors d’une adop­tion, il est éga­le­ment conseillé de por­ter l’en­fant dans les bras ou dans un sling – écharpe avec an­neaux qu’on peut ser­rer ou des­ser­rer à sa guise se­lon l’in­ten­si­té du lien qui se noue.

DES STIMULATIONS SENSORIELLES À FOISON

Pen­dant le por­tage, la proxi­mi­té de son pa­rent in­cite le bé­bé à s’y in­té­res­ser ain­si qu’à ce qui se passe alen­tour. Il per­çoit les mou­ve­ments de sa bouche et ses ex­pres­sions – tiens, pour­quoi Ma­man fronce les sour­cils quand elle parle à ce mon­sieur alors qu’elle est tout sou­rire avec Pa­pa ? Il voit, en­tend, res­sent, par­ti­cipe à la vie du por­teur: ce­la lui pro­cure des stimulations sensorielles nom­breuses. Son cer­veau est en éveil. Lorsque Bé­bé est cor­rec­te­ment po­si­tion­né dans l’écharpe, ses hanches sont écar­tées comme il faut pour leur bon dé­ve­lop­pe­ment. Il res­sent les mou­ve­ments de sa mère ou de son père, y par­ti­cipe aus­si avec tout son corps et ses muscles, dis­cerne les chan­ge­ments de rythme. Et en s’agrip­pant au corps de son pa­rent avec ses mains et/ou ses cuisses, il sti­mule son sens de l’équi­libre et sa mo­tri­ci­té. Autre chose? Le por­tage fa­vo­rise la di­ges­tion puisque l’en­fant est te­nu en po­si­tion ver­ti­cale, po­si­tion re­com­man­dée par les mé­de­cins s’il a des ren­vois fré­quents ou souffre de re­flux gas­tro-oe­so­pha­gien. Le por­tage fa­ci­lite éga­le­ment le som­meil: les pas du por­teur, ses bat­te­ments car­diaques apaisent le tout-pe­tit. Le por­tage le main­tient éga­le­ment à bonne tem­pé­ra­ture – 37 °C – celle du por­teur. Ce qui est par­fait en été comme en hi­ver car un bé­bé ne sait pas en­core ré­gu­ler

sa tem­pé­ra­ture. C’est donc le por­teur qui le ré­chauffe ou le ra­fraî­chit se­lon le mo­ment.

LES BONNES ME­SURES À PRENDRE POUR ÉVI­TER LES AC­CI­DENTS

Une écharpe de por­tage n’est pas un bout de tis­su quel­conque, bri­co­lé dans un coin ! A l’achat, cher­chez le la­bel Oe­ko-Tex® stan­dard 100 ou la norme Skal qui ga­ran­tissent l’in­no­cui­té des co­lo­rants, l’ab­sence de mé­taux lourds et la ré­sis­tance du tis­su. At­ten­tion à la taille unique: on n’a pas toutes la même mor­pho­lo­gie ! Par­mi les marques pré­fé­rées de Céline Guer­rand, Co­li­ma­çon & Cie et Ling Ling d’Amour, Néo­bulle, Ku­be­ba… des marques fran­çaises de qua­li­té.

N’ac­cu­mu­lez pas les couches de

vê­te­ments sur le bé­bé, même en hi­ver. La pre­mière règle, c’est un vê­te­ment de moins qu’à la mai­son. Il faut qu’il y ait un maxi­mum d’échanges ther­miques entre le bé­bé et le por­teur qui règle sa tem­pé­ra­ture. La deuxième règle, c’est une seule épais­seur d’écharpe. S’il fait froid, vous fer­me­rez votre man­teau par-des­sus votre en­fant ou ajou­te­rez une pe­tite cou­ver­ture s’il reste ou­vert.

Te­nez Bé­bé à la ver­ti­cale, vi­sage

contre vous, dos ar­ron­di, hanches écar­tées, ge­noux au ni­veau du nom­bril. Cette po­si­tion est phy­sio­lo­gique. Re­mon­tez ses mains pour qu’elles soient à la hau­teur de son vi­sage ou puissent agrip­per votre sein. Sa tête, dans l’axe de son corps, re­pose haut, près de votre cou. Nez et bouche sont dé­ga­gés afin que son cer­veau soit bien oxy­gé­né et en état de vi­gi­lance. Pas de men­ton qui tombe sur la poi­trine, sa ca­pa­ci­té res­pi­ra­toire se­rait di­mi­nuée. Sa tête ne doit pas être blo­quée par le tis­su de l’écharpe (idem pour le porte-bé­bé, pas de tête coin­cée ni de cale-tête). La po­si­tion en ber­ceau (al­lon­gée) peut être dan­ge­reuse car le tout-pe­tit n’est plus por­té contre le corps de son pa­rent, il est moins ré­ac­tif et «bran­ché».

Soyez à son écoute. Comment votre bé­bé res­pire-t-il (tran­quille­ment, de fa­çon sac­ca­dée)? Quel est son com­por­te­ment (il ma­ni­feste son in­con­fort? Il est raide?), etc. N’ou­bliez pas non plus que vous por­tez un bé­bé. Céline Guer­rand a dé­jà vu des choses im­pen­sables : le bé­bé tom­bé parce que sa mère s’est pen­chée en avant, ce­lui bal­lot­té alors que son père skiait, ce­lui se­coué comme un pru­nier à l’heure du foo­ting de sa mère (mal­heu­reu­se­ment il en est mort). Soyez très, très vi­gi­lant(e).

Le mieux? Al­lez ap­prendre au­près d’une conseillère en por­tage for­mée et cer­ti­fiée. ✪ * co­au­teure de Por­ter mon bé­bé Réus­sir le por­tage en écharpe, Edi­tions de La La­mar­ti­nière.

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