Allaitement

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Sein ou bib’ ? Dé­ci­dez sans stres­ser

Quel que soit votre choix in­time, il vous fau­dra peu­têtre ba­tailler pour l’im­po­ser face aux pro­fes­sion­nels comme au­près de vos proches. Voi­ci cinq pistes de ré­flexion qui vous ai­de­ront à vous dé­ter­mi­ner… et à vous dé­bar­ras­ser des mêle-tout !

Se­maine mon­diale de l’allaitement ma­ter­nel, ma­ni­fes­ta­tion an­nuelle La Grande té­tée, jour­nées ré­gio­nales… on parle beau­coup d’allaitement. Et il faut bien le dire, qu’une mère al­laite son en­fant (ou pas), tout le monde s’en mêle. Cha­cun(e) s’ar­roge le droit d’avoir un avis sur la fa­çon dont un nou­veau-né doit être nour­ri. D’ailleurs, la pre­mière ques­tion que l’on pose à une femme en­ceinte sur le point d’ac­cou­cher (voire plus tôt dans la gros­sesse), c’est : « Alors, tu vas al­lai­ter ? » La ré­ponse est d’em­blée « oui », pour cer­taines. D’autres hé­sitent en­core, voire ap­portent un non ca­té­go­rique pour di­verses rai­sons. C’est leur choix. Mais la pres­sion du corps mé­di­cal et de l’en­tou­rage se fait par­fois sen­tir sur celles qui se dé­robent : «Ah, vous ne vou­lez pas don­ner le meilleur à votre en­fant ? », « Tu ne sais pas ce que tu rates ! » Elles se sentent

Toutes les femmes le disent, à l’heure d’af­fir­mer son choix, mieux vaut se bou­cher les oreilles et être «blin­dée»!

ju­gées. Comment alors échap­per à la cul­pa­bi­li­té puisque l’allaitement au sein est le sym­bole même de la ma­ter­ni­té et de la «bonne mère»? Or, si nourrir au sein son en­fant est très beau quand on le sou­haite vrai­ment, ce­la ne doit pas être une obli­ga­tion. Qu’on se le dise, sein ou bi­be­ron, c’est tou­jours du lait et de l’amour ! Chaque femme doit donc choi­sir en toute li­ber­té ce qui lui convient le mieux sans se sou­cier du re­gard des autres. Nos cinq pistes de ré­flexion à mé­di­ter pour être sûre de soi.

C’EST MON CHOIX, ET IL NE RE­GARDE QUE MOI !

Il y a les femmes qui rêvent d’allaitement dès le dé­but de leur gros­sesse voire avant. Et d’autres, à l’in­verse, qui s’y re­fusent fa­rou­che­ment. Entre les deux, se trouve toute la gamme des « oui, sû­re­ment », « peut-être », « je ne sais pas en­core ». C’est ain­si, et res­pec­table. Don­ner le sein est une ex­pé­rience cor­po­relle, émo­tion­nelle et sen­so­rielle très forte. Le contact est char­nel, ani­mal, et peut re­bu­ter : les seins pleins et lourds, le lait qui coule tout seul, la bouche avide du bé­bé qui tète et dé­vore… Cer­taines (fu­tures) mères se sentent can­ton­nées à l’état de mam­mi­fère et n’hé­sitent pas à lâ­cher: «J’avais tout l’air d’une vache lai­tière ! » Par ailleurs, le spec­tacle d’une femme al­lai­tant son bé­bé ren­voie chaque être hu­main, homme ou femme, à sa nais­sance et aux pre­miers liens noués avec sa propre mère. L’a-t-elle al­lai­té, et si non, pour­quoi ? Ce­la peut faire res­sen­tir in­cons­ciem­ment un état de béa­ti­tude… ou de manque, et in­fluence l’image que l’on a de l’allaitement. On le voit, les rai­sons pour les­quelles on est « pour » ou « contre » sont pro­fondes. A cha­cune d’écou­ter sa pe­tite voix in­té­rieure, sa­chant qu’on peut aus­si évo­luer et chan­ger d’avis à la nais­sance.

LAIT MA­TER­NEL OU IN­FAN­TILE, CE QUE JE DOIS SA­VOIR

Le lait d’une mère est fait pour son pe­tit, c’est ain­si pour tous les mam­mi­fères de la terre. Qu’on le veuille ou non, al­lai­ter est na­tu­rel. Le co­los­trum – le lait des pre­miers jours, riche en pro­téines, acides ami­nés et im­mu­no­glo­bu­lines pré­cieuses contre les

in­fec­tions – est en soi une mer­veille. Il per­met au nou­veau-né de perdre moins de poids et de s’adap­ter à la vie ter­restre. Don­ner le sein quelques jours est donc dé­jà très bien ! De plus, sous ré­serve qu’il soit ex­clu­sif et dure plus de trois mois, l’allaitement ma­ter­nel di­mi­nue l’in­ci­dence et la gra­vi­té des in­fec­tions di­ges­tives. Et s’il dure pen­dant plus de six mois, il ré­dui­rait le risque al­ler­gique. Voi­là, c’est dit, le lait ma­ter­nel est idéal pour le bé­bé. Néan­moins, les laits in­fan­tiles 1er et 2e âges sont par­fai­te­ment au point et se rap­prochent le plus pos­sible du lait de la mère. Leurs for­mules sont constam­ment amé­lio­rées : cer­taines contiennent moins de pro­téines, ac­cu­sées un temps de fa­vo­ri­ser l’obé­si­té de l’en­fant, d’autres sont en­ri­chies en omé­ga 3, bé­né- fiques pour son cer­veau ou hy­po­al­ler­gé­niques. A vous donc de dé­ci­der en toute connais­sance de cause.

J’APPRENDS À RÉ­SIS­TER À TOUTES LES PRES­SIONS EX­TÉ­RIEURES

Et vous al­lez en avoir, quelle que ce soit votre dé­ci­sion ! Les femmes qui n’ont pas en­vie d’al­lai­ter ren­con­tre­ront tou­jours une bonne âme – mé­de­cin, sage-femme, mère, amie… – pour leur sug­gé­rer qu’elles privent leur bé­bé des bien­faits de leur lait et qu’elles sont vrai­ment égoïstes. Pe­tit flo­ri­lège des phrases en­ten­dues: « Dans notre fa­mille, on al­laite », « Si ce n’est pas pour vous, faites-le pour votre en­fant», «Ma fille, tu risques de le re­gret­ter plus tard… » Quant à celles qui dé­si­rent al­lai­ter, elles ne sont par­fois pas mieux lo­ties ! « L’allaitement, c’est de l’es­cla­vage pur et simple, tu ne vas ja­mais t’en sor­tir », s’est en­ten­due dire So­phie à la veille de son ac­cou­che­ment. « Tu as pen­sé à ton ma­ri ? Il ai­me­rait bien don­ner le bi­be­ron», a per­si­flé la meilleure amie d’Agathe de­vant son bon­heur évident. Toutes les femmes le

disent, à l’heure d’af­fir­mer son choix, mieux vaut être «blin­dée». La ma­ter­ni­té a tou­jours sus­ci­té en­vies et ja­lou­sies, y com­pris chez cer­taines femmes pour qui c’est du pas­sé. Alors, n’hé­si­tez pas à clouer le bec à ceux et celles qui ai­me­raient bien in­ter­fé­rer dans votre dé­ci­sion. Dites: «J’ai en­vie d’al­lai­ter et je suis dé­so­lée que tu ne le com­prennes pas!» ou bien « J’ai l’in­ten­tion de don­ner le bi­be­ron et ça ne te re­garde pas ». Non seule­ment, vous se­rez fière de vous mais vous vous sen­ti­rez beau­coup mieux d’avoir osé vous ex­pri­mer.

J’EN DIS­CUTE AVEC MON HOMME POUR L’AI­DER À AC­CEP­TER MA DÉ­CI­SION

Al­lai­ter ou pas, c’est votre dé­ci­sion mais le point de vue de votre com­pa­gnon est im­por­tant. En ef­fet, s’il n’ap­prouve pas votre dé­ci­sion d’al­lai­ter, vous au­rez du mal à res­ter se­reine. En cas de pe­tits sou­cis, il ne vous sou­tien­dra pas et ce se­ra plus dif­fi­cile. Alors, dis­cu­tez-en en­semble (voire avec une sage-femme) et met­tez à plat les dé­si­rs et les ré­ti­cences de cha­cun. Ex­pri­mez fran­che­ment votre point de vue, po­sez-lui les bonnes ques­tions et, le cas échéant, de­man­dez-lui ce qui le gêne dans l’allaitement (sa pu­deur se­rait mise à mal, il a peur d’être ex­clu, il veut don­ner le bi­be­ron, on n’al­laite pas dans sa fa­mille, vos seins vont s’abî­mer, etc.). Votre com­pa­gnon n’a pas en­vie que vous al­lai­tiez car il ne veut pas que vous « dé­bal­liez » vos seins en pu­blic ? Dites-lui que pro­mis, vous vous iso­le­rez. Il est ja­loux ? Ras­su­rez-le de votre amour, et re­dites-lui que vous au­rez be­soin de lui pour vous épau­ler et vous ai­der dans votre rôle de mère.

LA MÈRE IDÉALE, POUR MON BÉ­BÉ, C’EST MOI !

Nous l’avons vu, cer­taines femmes éprouvent un vrai sen­ti­ment de plé­ni­tude en al­lai­tant, d’autres non. Cha­cune ex­prime son amour à son en­fant de fa­çon dif­fé­rente, au­cune n’est meilleure que l’autre ! Au sein ou au bi­be­ron, un bé­bé est avant tout nour­ri de lait et d’amour, et c’est bien là l’es­sen­tiel. Res­tez se­reine : se for­cer à al­lai­ter n’est bon pour per­sonne, ni pour votre en­fant, ni pour vous. Y re­non­cer pour de mau­vaises rai­sons non plus… Si vous êtes convain­cue de votre dé­ci­sion, tout se pas­se­ra bien, sans re­grets ni amer­tume.

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