On ose en par­ler Ba­by-blues, ver­sion mec

Ce­la ne touche pas que les ma­mans : les pères peuvent éga­le­ment vivre une pé­riode dif­fi­cile à la nais­sance. Quatre pa­pas brisent le si­lence.

Magicmaman - - Sommaire - Avec Ca­the­rine Al­lio a, so­phro­logue.

L’ar­ri­vée d’un en­fant est une étape im­por­tante dans la vie d’un couple. Im­por­tante, et per­tur­bante. La ma­man voit ses hor­mones cham­bou­lées, mais c’est éga­le­ment un bou­le­ver­se­ment psy­cho­lo­gique pour le père. Si l’on parle plus vo­lon­tiers de ba­by blues chez les jeunes mères, sa­chez que les pa­pas aus­si peuvent tra­ver­ser cette dif­fi­cile épreuve. Etat de tris­tesse, d’an­goisse, de doutes et pour fi­nir, de dé­pres­sion… Entre 4 et 10 % des hommes* se­raient concer­nés. Les pre­miers mois d’un bé­bé re­pré­sentent en ef­fet une pé­riode in­tense aus­si pour ces mes­sieurs, même si on a ten­dance à le mi­ni­mi­ser. Pen­dant la gros­sesse, beau­coup de pa­pas ne se rendent en ef­fet pas réel­le­ment compte du nou­veau rôle qui les at­tend. Le fait de ne pas por­ter phy­si­que­ment l’en­fant rend leur sta­tut moins concret. Mais hop, une fois ce pe­tit être de­vant les yeux, ils ne peuvent plus se voi­ler la face. S’en­suit donc une bru­tale prise de conscience, sou­vent mê­lée à une més­es­time de leurs propres ca­pa­ci­tés à as­su­mer leur rôle. Il ne faut pas croire : les pères aus­si se mettent la pres­sion ! Par ailleurs, le lien pa­ter­nel peut par­fois être dif­fi­cile à créer, tant la ma­man prend de la place. Cet état n’in­ter­vient pas for­cé­ment dans les pre­miers jours, mais sou­vent à re­tar­de­ment. La pre­mière phase de la­tence per­met au pa­pa d’ac­cu­ser le coup, et elle va être sui­vie pour les pa­pas concer­nés d’un état de ma­lêtre im­por­tant. Il peut se tra­duire par une fuite : dans le tra­vail, dans une nou­velle ac­ti­vi­té, dans un nou­veau pro­jet qu’ils maî­tri­se­ront plus. Ils peuvent éga­le­ment re­fu­ser de prendre en charge l’en­fant seul. Leurs émo­tions vont être exa­cer­bées, qu’il s’agisse de co­lère ou de joie, ou à l’in­verse, to­ta­le­ment an­ni­hi­lées. Ils nous ra­content. * Etude de 2015

(Jour­nal of the Ame­ri­can Me­di­cal As­so­cia­tion).

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