Edu­ca­tion

Magicmaman - - Sommaire -

12 as­tuces pour l’ai­der à bien vivre l’école

Votre en­fant fait ses pre­miers pas à l’école et va y pas­ser de nom­breuses an­nées. Com­ment l’ai­der à s’épa­nouir en classe et à culti­ver en lui le plai­sir d’ap­prendre ? Conseils de pros pour lui faire prendre un bon dé­part. Avec An­gé­lique Mo e, en­sei­gnante de fran­çais et co­fon­da­trice du site Les clefs de l’école ; et Agnès Qua rone et Jo­han­na Ja­co­bi, en­sei­gnantes en ma­ter­nelle.

L’en­trée à la ma­ter­nelle marque le dé­but de la grande aven­ture de votre en­fant à l’école. Il est donc im­por­tant que ce pre­mier con­tact soit agréable. En ef­fet, si les an­nées de ma­ter­nelle se passent bien, si votre tout-pe­tit trouve sa place au mi­lieu des autres et suit sans sou­ci le cycle des ap­pren­tis­sages fon­da­men­taux, il y a plus de chances pour qu’il prenne goût aux études et qu’il réus­sisse tout au long du pri­maire et même du se­con­daire. En tant que pa­rents, vous avez un rôle im­por­tant à jouer. Les re­cherches ont en ef­fet prou­vé que l’en­ga­ge­ment des pa­rents est un élé­ment clé pour que l’en­fant soit mo­ti­vé en classe et pour qu’il réus­sisse. Mais com­ment don­ner à votre en­fant une bonne image de l’école et l’ai­der à s’y épa­nouir ? 1 AVANT TOUT, FAITES CONFIANCE A la maî­tresse d’abord: elle a l’ex­pé­rience et le sa­voir-faire. Les en­sei­gnantes de ma­ter­nelle sont là parce qu’elles l’ont choi­si, elles sont bien­veillantes, ma­ter­nantes. A vous-même en­suite. Vous fe­rez sans doute des er­reurs, tous les pa­rents en font. Et alors ? Les er­reurs font par­tie de l’édu­ca­tion, elles per­mettent de pro­gres­ser. A votre en­fant en­fin. Il aborde un uni­vers in­con­nu, et c’est un peu ef­frayant pour lui. Si vous lui trans- met­tez l’idée qu’il est ca­pable de s’y dé­brouiller et de réus­sir sa ren­trée, il l’abor­de­ra avec plus de sé­ré­ni­té. 2 DRESSEZ-LUI UN POR­TRAIT ATTRAYANT DE L’ÉCOLE C’est un en­droit in­té­res­sant où il va ap­prendre en s’amu­sant. La ma­ter­nelle est un es­pace fait et pen­sé pour les en­fants, un lieu où on mo­bi­lise tous leurs sens et où ils peuvent s’épa­nouir. Il va jouer avec d’autres en­fants, ap­prendre à faire des choses tout seul, s’es­sayer à des jeux qu’il ne fait pas à la mai­son (comme peindre sur de grandes feuilles). 3 ASSUREZ-LUI DE BONNES NUITS DE SOM­MEIL Entre 3 et 6 ans, un en­fant a besoin de dor­mir douze heures par nuit. Une seule so­lu­tion : se cou­cher tôt… Plu­tôt que de ral­lon­ger sa soirée, met­tez en place un temps court (15 à 30 min) mais ex­clu­sif (té­lé­phone dé­bran­ché) pour par­ta­ger un mo­ment avec lui. 4 RÉVEILLEZ-LE AU MOINS UNE HEURE ET DE­MIE AVANT LA CLASSE On sait que le cer­veau met un cer­tain temps pour se ré­veiller. Si vous ti­rez votre en­fant du som­meil trop tard, il va ar­ri­ver l’es­prit en­gour­di. Et un es­prit en­gour­di n’est apte ni à re­ce­voir, ni à échan­ger. Et bien sûr, pas d’im­passe sur le pe­tit dé­jeu­ner ! Idéa­le­ment, il de­vra com­por­ter un lai­tage, un fruit, une bois­son et un pro­duit cé­réa­lier. Votre pe­tit éco­lier n’a pas grand ap­pé­tit le ma­tin ? Glis­sez une pomme dans son car­table, pas une barre cho­co­la­tée qui va lui don­ner un coup de fouet sur le mo­ment mais qui le lais­se­ra vi­dé d’éner­gie en­suite. 5 ENCOURAGEZ SON AU­TO­NO­MIE Il est en théo­rie propre mais ai­dez-le en lui met­tant des vê­te­ments et des chaus­sures fa­ciles à en­le­ver seul. Ap-

Ap­pren­tis­sages, jeux, dé­cou­verte, so­cia­li­sa­tion, lan­gage et bien­veillance: ce sont les mots qui viennent à l’es­prit des Fran­çais quand on évoque la ma­ter­nelle. Source : En­quête Har­ris In­te­rac­tive, no­vembre 2015.

pre­nez-lui à se la­ver les mains, à ac­cro­cher son man­teau sans aide… On est sou­vent ten­tés de faire à la place de l’en­fant parce que ça va plus vite, sur­tout le ma­tin quand la cloche de l’école va bien­tôt son­ner! Mais ce n’est pas lui rendre service. Faire à sa place, c’est lui si­gni­fier : « Tu n’es pas ca­pable de faire tout seul.» A l’in­verse, le lais­ser faire seul, c’est lui per­mettre de prendre confiance en lui. Il gagne en ré­as­su­rance. Il sait qu’il dis­pose de res­sources dont il pour­ra se ser­vir pour faire face à d’autres dif­fi­cul­tés à l’école. 6 NE VOUS LAIS­SEZ PAS AL­LER À L’ÉMO­TION C’est sûr, vous êtes un peu in­quiets de lais­ser votre tout-pe­tit abor­der seul un uni­vers où il risque d’être bous­cu­lé et dont il n’a pas en­core les codes. Mais si vous lâ­chez une larme, il va for­cé­ment pleu­rer lui aus­si. Même si vous n’avez pas ai­mé l’école et que vous en gar­dez de mau­vais sou­ve­nirs, évi­tez de lui transmettre votre an­goisse. Les choses se­ront dif­fé­rentes pour lui, tout va bien se pas­ser. 7 FAITES-LUI RA­CON­TER SES JOUR­NÉES Les en­fants ont sou­vent du mal à construire un ré­cit, ils ra­content par bribes. Po­sez des ques­tions pré­cises. Si vous vous conten­tez de lui de­man- ➥

der «Com­ment s’est pas­sée ta jour­née?», il y a fort à pa­rier que vous n’ob­tien­drez qu’un vague: «Bien.» Si vous lui de­man­dez : « As-tu fait un des­sin avec des cou­leurs ? », « Qu’est-ce qui t’a sur­pris au­jourd’hui ? » ou « Avec qui tu as joué ? », il ra­con­te­ra plus fa­ci­le­ment. Plus tôt le dia­logue s’ins­talle, plus il s’ins­crit dans le temps. C’est un ac­quis pour la suite de sa sco­la­ri­té. 8 MON­TREZ DE L’IN­TÉ­RÊT POUR CE QU’IL FAIT EN CLASSE ET SALUEZ SES PRO­GRÈS Il ra­mène ses ca­hiers à la mai­son? Pre­nez le temps de les re­gar­der, com­men­tez-les avec lui. Il est im­por­tant de tou­jours por­ter un re­gard po­si­tif sur ce qu’il vous montre. La maî­tresse a mis une ap­pré­cia­tion po­si­tive ? Fé­li­ci­tez-le, même si en votre fort in­té­rieur vous trou­vez que la cou­leur dé­borde et que sa cal­li­gra­phie est en­core mal­adroite. Il a eu une ap­pré­cia­tion né­ga­tive à son exer­cice ? Conten­tez-vous de dire : « Là, on voit que tu n’as pas réus­si mais tu vas y ar­ri­ver, la pro­chaine fois ce se­ra mieux. » Par­ler en­semble de son tra­vail en classe, c’est aus­si lui per­mettre de faire le lien entre l’en­fant qu’il est à l’école et ce­lui qu’il est à la mai­son. 9 NE LUI MET­TEZ PAS LA BARRE TROP HAUT S’il a l’im­pres­sion de vous dé­ce­voir, il peut nour­rir une mau­vaise image de lui-même qui le pour­sui­vra pen­dant des an­nées. At­ten­tion aux com­pa­rai­sons avec le grand frère (qui, à son âge, des­si­nait dé­jà des che­va­liers quand il en est en­core au bon­homme tê­tard) ou avec ses pe­tits ca­ma­rades. Les en­sei­gnants veillent à évi­ter la com­pé­ti­tion en classe parce que ce­la ins­talle une mau­vaise am­biance et qu’at­ti­ser les ri­va­li­tés n’aide pas à pro­gres­ser. In­utile de l’in­tro­duire à la mai­son ! 10 LISEZ-LUI UNE HIS­TOIRE TOUS LES SOIRS Le goût de la lec­ture vient en li­sant des livres. Le jour où il pour­ra lui-même plon­ger dans une his­toire, il se­ra dé­jà ha­bi­tué à ce plai­sir. Pas la peine d’y pas­ser deux heures, un quart d’heure suf­fit. Lais­sez-le s’il le sou­haite feuille­ter seul son livre en­core quelques mi­nutes avant d’éteindre la lu­mière. 11 RÉSISTEZ À L’EN­VIE DE « JOUER LES PROFS » Les pa­rents sont là pour ac­com­pa­gner, pas pour en­sei­gner. Faites confiance à sa maî­tresse, elle l’amè­ne­ra là où il doit al­ler – même si ça doit prendre un peu de temps. Qui plus est, jouer les profs à la mai­son risque de créer des ten­sions au­tour des de­voirs scolaires. Par la suite, au lieu de faire ses de­voirs avec confiance, votre en­fant va les abor­der avec ap­pré­hen­sion. 12 NE LUI MET­TEZ PAS LA PRES­SION Po­ly­tech­nique, ce n’est pas pour tout de suite. Il a le temps. De­puis la ré­forme de 2015, les pro­grammes de ma­ter­nelle sont pen­sés sur un cycle. Votre en­fant a trois ans pour faire ses ap­pren­tis­sages. S’il y a une vraie dif­fi­cul­té, la maî­tresse vous en par­le­ra – mais c’est plu­tôt rare en pe­tite sec­tion. A la fin de la grande sec­tion, vous avez le sen­ti­ment que votre en­fant a des fai­blesses dans un do­maine ? N’hé­si­tez pas à de­man­der un ren­dez-vous à l’en­sei­gnante qui vous ras­su­re­ra (il y ar­ri­ve­ra bien­tôt) ou no­te­ra un point à surveiller l’an­née pro­chaine.

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