Dad ins­pi­rant

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Un pa­pa très Dad

As­su­mer son rôle de père n’est pas en­core une évi­dence pour tous les hommes, cer­tains se ré­fu­gient der­rière le bou­lot ou les cli­chés de la so­cié­té pour en faire le moins pos­sible. Au­tant le dire, ce n’est plus pos­sible : d’autres pères existent, il est temps de mon­trer l’exemple !

VOTRE EN­FANCE

Quelle est la BD qui vous a lais­sé le plus de sou­ve­nirs ?

Bru­no Che­vrier As­té­rix : c’est celle qui m’a le plus mar­qué. Parce que c’est la pre­mière que j’ai dé­cou­verte. Quand je suis né, mon père avait ache­té toute la col­lec­tion et avait dit que ce se­rait pour moi. Mais, du coup, j’ai lu les al­bums avant de sa­voir lire. J’ima­gi­nais les his­toires ! J’ai aus­si beau­coup ai­mé les Sch­troumpfs. Plus grand, vous rê­viez dé­jà d’être des­si­na­teur ?

B. C. En­fant, non pas spé­cia­le­ment. Je des­si­nais beau­coup. Il y a une époque où j’ai vou­lu de­ve­nir créa­teur de jeux vi­déo. C’était dans une op­tique de tra­vailler de chez soi et in­ven­ter des per­son­nages et la nar­ra­tion. Au ly­cée, je me suis re­mis à la BD pour le jour­nal du ly­cée et, as­sez vite, je me suis com­plè­te­ment mis de­dans. Ce que vous re­te­nez de l’édu­ca­tion de vos pa­rents…

B. C. J’ai com­pris, par rap­port à l’exemple de mes pa­rents, qu’il fal­lait être très hon­nête avec ses en­fants, ne pas leur ra­con­ter des sa­lades et ne pas leur faire croire à ce que l’on n’est pas.

LA (LES) GROS­SESSE(S) DE VOTRE FEMME

Lorsque vous avez ap­pris la (les) gros­sesse(s) de votre femme…

B. C. J’étais très heu­reux : on avait très en­vie. Ça fai­sait dé­jà un pe­tit mo­ment qu’on at­ten­dait pour la pre­mière, pour le se­cond ç’a été une sur­prise parce qu’il est ve­nu très vite. J’avais de­puis tou­jours en­vie d’avoir des en­fants. Votre meilleur sou­ve­nir de cette pé­riode, c’est…

B. C. J’ai sur­tout le sou­ve­nir de la jour­née de l’ac­cou­che­ment, qui avait du­ré très long­temps. Ça a pris toute la jour­née, on voyait le temps qui pas­sait. C’était un mo­ment hors du temps. Avant le pre­mier en­fant, vous au­riez ai­mé sa­voir…

B. C. Avant d’avoir un en­fant, j’ima­gi­nais qu’être pa­rent c’était quelque chose qui du­rait toute la vie. Mais fi­na­le­ment on est pré­sent que sur une pe­tite par­tie. Par ailleurs, on est tou­jours en re­tard par rap­port à ses en­fants. Leur lo­gi­ciel est plus sou­vent mis à jour que notre lo­gi­ciel de pa­rent.

VOTRE VIE DE PA­PA

Un mo­ment de pur bon­heur avec vos en­fants, c’est…

B. C. Main­te­nant qu’ils sont grands, j’ai vrai­ment plai­sir à par­tir en voyage avec eux. Ils sont su­per cu­rieux et très de­man­deurs de dé­cou­vrir plein d’en­droits. C’est sym­pa de voir leurs ho­ri­zons s’ou­vrir, com­ment ils ana­lysent

le monde. On dé­couvre les choses en­core dif­fé­rem­ment car on voit à tra­vers leurs yeux. En tant que pa­pa, vous sou­hai­tez transmettre à vos en­fants…

B. C. J’es­saie de leur don­ner du mieux que je peux le goût de la cu­rio­si­té, de la li­ber­té et de l’au­to­no­mie. En tant que père, quels sont vos ac­ti­vi­tés et com­bats quo­ti­diens…

B. C. Avec mon épouse, nous es­sayons de leur faire com­prendre qu’elles et nous pou­vons avoir des idées dif­fé­rentes, qu’ils peuvent avoir leur propre point de vue. On par­tage avec eux nos idées, nos res­sen­tis et nos doutes. C’est un équi­libre com­pli­qué ! Et, d’un point de vue pé­da­go­gique, quel re­gard por­tez-vous sur les BD ac­tuelles ?

B. C. La pro­duc­tion est tel­le­ment large qu’il y a de quoi y trou­ver son bon­heur. Mais sur­tout ça ne sert à rien de for­cer un en­fant à lire quelque chose qui n’est pas adap­té pour son âge. Il faut com­men­cer par des BD pour les plus pe­tits, et ra­pi­de­ment ils s’in­té­res­se­ront à autre chose. Ils fe­ront peut-être d’eux-mêmes le saut vers les ro­mans. Ces ob­jets ou as­tuces qui vous ont sau­vé la mise pen­dant les pre­miers mois…

B. C. J’ai ado­ré le porte-bé­bé, j’étais frus­tré que ça dure aus­si peu de temps. J’ado­rais la sen­sa­tion de por­ter les en­fants et d’al­ler se pro­me­ner.

VOTRE IMAGE DU PÈRE

Pour vous, un pa­pa en 2018, c’est…

B. C. Par rap­port aux générations pré­cé­dentes, ceux qui se croyaient bons pères sont loin de ce qui se fait main­te­nant, tant au ni­veau du dia­logue que de la proxi­mi­té avec les en­fants. Nos pères étaient tou­jours re­la­ti­ve­ment ab­sents. Il y a une forme d’ac­cep­ta­tion de la pa­ter­ni­té. Être vi­ril, c’était de ne pas s’oc­cu­per des en­fants. C’est dif­fé­rent au­jourd’hui. Sur quels «prin­cipes» ou quelles règles vous au­to­ri­sez-vous à être un pa­rent im­par­fait ?

B. C. Dans Dad, on m’a sou­vent dit qu’on voit vrai­ment les en­fants poin­ter du doigt la mau­vaise foi de leur père. C’est quelque chose que mes en­fants me ren­voient par­fois. No­tam­ment de ne pas être for­cé­ment dis­po­nible comme j’ai­me­rais l’être.

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