Eveil Com­mu­ni­quer avec Bé­bé en 8 le­çons

Prendre une voix chan­tante ré­pé­ter les mots ar­ti­cu­ler exa­gé­ré­ment... tous les pa­rents le font spon­ta­né­ment pour s’adres­ser à leur bé­bé. /ais il [ a bien d’autres faÄons d’en­cou­ra­ger un tout pe­tit à com­mu­ni­quer. # vous de Louer !

Magicmaman - - Sommaire - Par &omi­nique *enr[. #vec #nne Ch­ris­tophe cher­cheuse en ps[cho­lo­gie cog­ni­tive (YYY.lscp.net bab[lab)

Aa-da-da-da-da», fait l’un. «Da­da­da, mon bé­bé? Da­da­da-a-a- ? » ré­pond l’autre. Ce dia­logue, vous le re­con­nais­sez. C’est ce­lui de toutes les ma­mans – et pa­pas – du monde. L’en­fant ga­zouille, le parent ré­pète, le bé­bé glousse de plai­sir et ba­bille de plus belle, pa­pa et ma­man re­prennent en choeur… et ain­si de suite. «Ces échanges so­nores per­mettent d’en­trer en com­mu­ni­ca­tion, de construire du lien social, ex­plique Anne Ch­ris­tophe, cher­cheuse en psy­cho­lo­gie cog­ni­tive. Or on sait que l’in­ter­ac­tion est es­sen­tielle pour ap­prendre une langue.» Un en­fant ap­prend avec un adulte qui lui parle, pas devant un film. Et il ap­prend d’au­tant mieux qu’on lui parle souvent – et de tout ! « Ce n’est pas grave s’il ne sai­sit pas le sens de ce que vous lui ra­con­tez, pour­suit la cher­cheuse. Le simple fait d’être ex­po­sé à sa langue ma­ter­nelle lui per­met dé­jà d’ap­prendre. La preuve? Une étude ré­cente a mon­tré que les cris des nour­ris­sons sont in­fluen­cés par la langue de ses pa­rents. Jus­qu’ici, on pen­sait que les bé­bés avaient peu de contrôle sur leurs cris – qu’ils étaient “phy­sio­lo­giques”. Mais on a été sur­pris de constater que, lorsque les tout-pe­tits pleurent, ils re­pro­duisent les in­to­na­tions les plus cou­rantes de leur langue. Par exemple, un bé­bé al­le­mand va ac­cen­tuer le dé­but du cri tan­dis qu’un bé­bé fran­çais met­tra l’ac­cent sur la fin ! » C’est en vous écou­tant que votre tout-pe­tit ap­prend

à se fa­mi­lia­ri­ser avec les sons et la pe­tite mu­sique par­ti­cu­lière de sa langue. Pas be­soin d’ac­ti­vi­tés par­ti­cu­lières pour dé­ve­lop­per son lan­gage. Les si­tua­tions de la vie quo­ti­dienne sont au­tant d’oc­ca­sions de parler avec lui et de lui don­ner en­vie de com­mu­ni­quer… sur­tout si vous sui­vez nos conseils !

Ex­pri­mez-vous en ma­ma­nais

Voi­là une « langue » que tout le monde parle sans l’avoir ap­prise ! Le ma­ma­nais, c’est cette fa­çon très par­ti­cu­lière qu’ont les adultes de s’adres­ser à un bé­bé. Voix flû­tée, haut per­chée, mo­du­lée. Syl­labes dé­ta­chées. Mots ex­ces­si­ve­ment ar­ti­cu­lés. Une fa­çon de faire ri­di­cule et bê­ti­fiante? Pas du tout! «La voix hu­maine at­tire les bé­bés et cette ma­nière de parler les at­tire en­core plus, af­firme Anne Ch­ris­tophe. Cer­tains cher­cheurs avancent que c’est le sou­rire conte­nu dans la voix qui leur plaît. Quand on est gai, on prend en ef­fet des in­to­na­tions chan­tantes et on monte dans les ai­gus. » En tout cas, le ma­ma­nais joue un rôle at­trac­tif et per­met de créer du lien avec votre tout-pe­tit.

Re­gar­dez-le dans les yeux

Votre tout-pe­tit aime voir votre vi­sage lorsque vous vous adres­sez à lui. Cela lui per­met d’ob­ser­ver les mou­ve­ments de vos lèvres et les ex­pres­sions de votre vi­sage. Vos mi­miques, vos gri­maces « parlent » elles aus­si : c’est « la com­mu­ni­ca­tion non ver­bale ». En vous met­tant à sa hau­teur, vous lui mon­trez que vous êtes à l’écoute. Il se sent en­cou­ra­gé dans ses ten­ta­tives de com­mu­ni­ca­tion. N’al­lez pas croire pour au­tant que, pour être une bonne mère, vous de­vez pas­ser votre vie à hau­teur de tran­sat ! « Même hors de son champ de vi­sion, vous res­tez en lien di­rect avec votre bé­bé, ras­sure la cher­cheuse. En lui adres­sant la pa­role à l’autre bout de la pièce, vous l’in­vi­tez à en­trer dans l’échange et à ba­biller en re­tour. »

Ré­pé­tez les mots

« Elle est drô­le­ment jo­lie, cette tou­pie. C’est ma­mie qui t’a ap­por­té une tou­pie ? Tu veux que je te donne la tou­pie ? » Non, non, vous ne ra­do­tez pas! Votre en­fant a plus de chances de capter les mots nou­veaux s’il les en­tend plu­sieurs fois. «On a l’illu­sion que l’en­fant en­tend par­fai­te­ment mais ce n’est pas si clair que ça pour lui » ob­serve Anne Ch­ris­tophe. Lorsque nous, adultes, en­ten­dons pour la pre­mière fois le nom d’une per­sonne in­con­nue, nous fai­sons ré­pé­ter pour être sûrs d’avoir bien com­pris. C’est pa­reil pour votre en­fant !

Uti­li­sez des ono­ma­to­pées

« Pa­ta­poum ! Il est tom­bé le pe­tit chien. Boum sur les fesses. Aïe, aïe, aïe, ça fait mal. » Les ono­ma­to­pées, nos pe­tits adorent ! Pas de rai­son de vous en pri­ver en com­men­tant ses jeux ou ra­con­tant une his­toire. Quand le lan­gage n’est pas en­core bien ins­tal­lé, ces pe­tits mots fa­ciles à re­te­nir sont pra­tiques pour échan­ger. De même, n’hé­si­tez pas à imi­ter les cris des ani­maux. Eclats de rire as­su­rés.

Evi­tez de le re­prendre s’il pro­nonce mal

Rien de plus frus­trant pour lui. Il risque de s’éner­ver et d’aban­don­ner l’échange. Il dit « crain » à la place de « train » ? « To­po­la » à la place de « cho­co­lat » ? Ce n’est pas grave. « Cer­tains mots sont dif­fi­ciles à re­pro­duire pour un bé­bé, re­marque Anne Ch­ris­tophe. Ce n’est pas pour au­tant qu’il ne les connaît pas et qu’il ne sait pas comment ils se pro­noncent. Il en­tend bien mais ça sort mal, c’est tout!» Plu­tôt que de re­prendre votre tout-pe­tit, conten­tez-vous de lui of­frir la bonne pro­non­cia­tion en re­pre­nant der­rière lui: «Oh tu aimes ça, le cho­co­lat, hein ? »

Lais­sez-le ex­pri­mer ses be­soins

Il a lan­cé la balle un peu fort et elle est hors de sa por­tée? Il a fi­ni son as­siette? At­ten­dez qu’il vous fasse signe. Qu’il tende les bras vers la balle, pousse de pe­tits cris devant son as­siette vide, qu’il dise « en­core » s’il en est ca­pable. Ou po­sez-lui la ques­tion : « Tu veux la balle ? » « Tu as en­core faim ? » Ce qui compte, c’est de lui lais­ser l’op­por­tu­ni­té d’ex­pri­mer ses be­soins. Il doit dé­cou­vrir qu’il faut com­mu­ni­quer pour ob­te­nir ce qu’on veut.

Par­lez… même pour ne rien dire !

Votre tout-pe­tit vous ob­serve pen­dant que vous va­quez à vos oc­cu­pa­tions? Met­tez des mots sur ce que vous faites: «Tu vois, là, je prépare ton bi­be­ron. Ce se­ra bien­tôt prêt. Hmm, ça va être bon!» Toutes les oc­ca­sions sont bonnes pour créer du lan­gage, pas be­soin d’un mes­sage hy­per­im­por­tant à faire pas­ser ! « Le bé­bé tra­vaille sur le lan­gage bien avant de connaître le sens des mots, ex­plique Anne Ch­ris­tophe. Entre 0 et 1 an, il ap­pri­voise dé­jà la gram­maire de sa langue. Ain­si, il re­père tous les pe­tits mots comme « le, la, en, dans » et les ex­ploite pour de­vi­ner la structure de la phrase. Par exemple, quand sa ma­man dit: «Re­garde le chien», il sait que le mot im­por­tant, ce­lui sur le­quel il va de­voir fo­ca­li­ser son at­ten­tion, est le mot qui vient juste après « le ». » Im­pres­sion­nant. Bien sûr, cela ne veut pas dire que vous de­vez vous trans­for­mer en mou­lin à pa­roles : votre en­fant a aus­si be­soin de mo­ments de calme et de so­li­tude. A vous de trou­ver la bonne dose !

Li­sez-lui des livres

A 2 ans, il est avide de mots. Alors, n’hé­si­tez pas, pro­fi­tez-en pour lui ra­con­ter des his­toires, il adore! Il vous a rien que pour lui, il tourne les pages, montre du doigt, nomme les images… La fa­çon dont vous al­lez faire vivre le ré­cit (en par­ti­cu­lier par vos in­to­na­tions) va l’ai­der à se pro­je­ter dans le ré­cit. Dé­ployez vos ta­lents d’ac­trice pour mettre le ton et chan­ger de voix en fonc­tion des di­vers per­son­nages ! « Non seule­ment vous lui faites plai­sir mais c’est un vrai ca­deau pour la vie, sou­ligne Anne Ch­ris­tophe. Un en­fant à qui on lit des livres ai­me­ra la lec­ture. Et un en­fant qui aime la lec­ture réus­si­ra mieux à l’école. »

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