Ac­tus so­cié­té

Quoi de neuf cô­té fa­mille ?

Magicmaman - - L’édito - par Do­mi­nique Hen­ry

ÉPOUSEZ-MOI, Be­noît !

Une his­toire d’amour, le ma­riage ? Pas seule­ment. C’est le constat peu ro­man­tique dres­sé par une ré­cente étude de France Stra­té­gie*. La plu­part des couples ne se forment pas «au ha­sard», notent les cher­cheurs. On choi­sit son conjoint par­mi les gens qui ont le même ni­veau de re­ve­nus que nous. Certes, c’est une réa­li­té qui n’est pas nou­velle: en so­cio­lo­gie, on parle de­puis long­temps d’ho- mo­ga­mie (se ma­rier entre gens de même mi­lieu). Mais le phé­no­mène est plus mar­qué que ja­mais. Il y a vingt ans, seul un couple sur cinq était com­po­sé de conjoints qui se si­tuaient dans des tranches de re­ve­nus voi­sines. Au­jourd’hui, c’est le cas de plus d’un couple sur quatre. En voie d’ex­tinc­tion : les couples où l’homme gagne confor­ta­ble­ment sa vie et où la femme a de faibles re­ve­nus ! Ils ont di­mi­nué de moi­tié entre 1996 et 2015. Dé­sor­mais, les hommes les plus ai­sés sont ma­jo­ri­tai­re­ment en couple avec des femmes qui gagnent éga­le­ment bien (voire très bien) leur vie. Et ce qui est vrai au som­met de l’échelle so­ciale l’est éga­le­ment en bas : le nombre de couples où les deux conjoints ont des sa­laires mo­destes a dou­blé. Et pour­tant. Des femmes plus ac­tives que ja­mais, des écarts de sa­laire hom­mes­femmes qui se ré­duisent… on au­rait pu pen­ser que toutes ces avan­cées al­laient contri­buer à ré­duire les in­éga­li­tés. La réa­li­té est rude. « Moins in­éga­li­taires en leur sein, les couples sont aus­si de­ve­nus plus in­éga­li­taires entre eux », con­clut l’étude. Pa­ta­tras.

* « Le couple contri­bue-t-il en­core à ré­duire les in­éga­li­tés ? », no­vembre 2018.

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