Hu­mour de mam’

Les aven­tures de Pri­mi et Mul­ti. En balade hi­ver­nale

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Elles l’ont lu dans magicmaman, il faut sor­tir les en­fants. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige. Nos deux hé­roïnes se mo­tivent donc en ce di­manche après-mi­di hi­ver­nal et se rendent en fo­rêt. His­toire de se don­ner bonne conscience (pour l’une) et de fa­ti­guer les en­fants (pour l’autre).

PRI­MI hé­site: ano­rak ou po­laire? Bottes ou bas­kets?

Gants, écharpe, bon­net? Une balade dans les bois, ça peut vite tour­ner au drame si on a froid, sur­tout avec un en­fant de 3 ans qui n’est ma­ni­fes­te­ment pas sor­ti de sa crise du ter­rible two. Elle dé­cide de lui en­fi­ler car­ré­ment une com­bi­nai­son étanche afin de le pro­té­ger au maxi­mum des in­tem­pé­ries. Bottes à mou­moute aux pieds et mains gan­tées, Mon­chat res­semble à un pe­tit Bi­ben­dum mais n’au­ra pro­ba­ble­ment pas froid.

– On met le bon­net, Mon­chat? – NAN!

– C’est pour ta tête, et puis c’est Ma­mie qui l’a fait!

– NAN! Il est trop mosse et il gratte! Pri­mi n’étant pas to­ta­le­ment en désac­cord avec Mon­chat sur la qua­li­té de la ca­goule tri­co­tée par Belle-Ma­man, elle n’in­siste pas.

Mon­chat, comme tout bon en­fant qui se res­pecte, au­ra évi­dem­ment en­vie de faire pi­pi une fois la com­bi­nai­son en­fi­lée. Brave gosse.

Nous re­trou­vons notre pe­tite fa­mille ga­rée sur le par­king de la Fo­rêt de l’Ecu­reuil Ma­lin et, évi­dem­ment, Mon­chat ré­clame sa drai­sienne. Pri­mi et Chou­chou sont contents: il va s’écla­ter, et ils vont pou­voir pa­po­ter.

Il part comme un bo­lide, Pri­mi hurle “PAS TROP VITE CHÉ­RI” à chaque pe­tite pente et prie pour qu’il ne fauche au­cun pié­ton en route. Et non, l’ha­bile pi­lote aux doigts ge­lés (mais où a-til dé­jà per­du ses gants?) sa­lue chaque per­sonne ren­con­trée en lui ra­con­tant sa vie:

– Bon­zour!

– Bon­jour, mon pe­tit!

– T’as vu, z’ai un beau vé­lo

– Heu, oui

– Il est vert – Oui, je vois ça, al­lez, je vais… – Et il a un frein

– Ah ben, c’est bien, mais ce sont tes pa­rents que je…

– Et j’ai pas mis ma ca­goule parce que, la ca­goule, elle est mosse et elle gratte…

– Oui, bon, heu, AU RE­VOIR! Dix mi­nutes plus tard, comme pré­vu, Mon­chat des­cend de sa mon­ture, ôte son casque qu’il balance par terre et s’ac­crou­pit au bord d’une flaque d’eau pour y je­ter des pe­tits cailloux. Pri­mi et Chou­chou trouvent ça très mi­gnon mais au bout de dix mi­nutes de contem­pla­tion, leur tem­pé­ra­ture cor­po­relle avoi­si­nant les 2 °C, ils se dé­cident à conti­nuer leur route. Mon­chat re­fuse, il joue avec ses cailloux dans sa flaque et, grâce à sa com­bi­nai­son rem­bour­rée, il ne souffre pas d’hy­po­ther­mie.

Pri­mi gre­lotte et tente de né­go­cier. Elle re­par­ti­ra donc avec les 23 cailloux ma­giques dans sa poche droite et la pro­messe faite à Mon­chat de les res­sor­tir dans le bain du soir pour les la­ver. Elle re­par­ti­ra éga­le­ment avec 16 feuilles mortes trem­pées pour un hy­po­thé­tique her­bier ain­si qu’avec un bâ­ton de marche hu­mide – qu’elle lais­se­ra dans la voi­ture (il y est d’ailleurs pro­ba­ble­ment en­core).

En plus d’être ch­ro­ni­queuse sur La Mai­son des Ma­ter­nelles sur F 5, ma­man tes­teuse à l’an­tenne et avec sa tri­bu élar­gie, Ma­rie est aus­si l’au­teure sui­vie des aven­tures de Pri­mi et Mul­ti. Photo : © Del­phine Gho­sa­ros­sian. Illustration : Sup­pa.

MUL­TI ET LE MÂLE ar­rivent sur le par­king de la fo­rêt du Fe­nec épui­sés. Les en­fants n’ont pas fait la sieste, il est donc 16h30 et ils sont odieux. Notre pe­tite fa­mille em­prunte le che­min qui mène au coeur de la fo­rêt, les deux grands courent de­vant et la pe­tite re­garde tran­quille­ment le paysage, ins­tal­lée dans son porte-bé­bé dor­sal. – Oooooo re­garde, Ma­man, des cham­pi­gnons ri­go­los!

Le Grand tient dans la main une chose rouge à pois blancs!

– NON mais lâche ça tout de suite, ce cham­pi­gnon, c’est une ama­nite ma­chin qui tue les mouches, là!

– Non, mais c’est jo­li, Ma­man. – Évi­dem­ment que c’est jo­li, le nain, ça sert à ap­pâ­ter les mouches (et les en­fants !)

Le drame de l’in­toxi­ca­tion ali­men­taire évi­té, notre pe­tit groupe avance tran­quille­ment dans la fo­rêt. Tout d’un coup, les deux frères trouvent le Graal : une mare boueuse fran­che­ment dé­gueu dans la­quelle les san­gliers vont pro­ba­ble­ment se vau­trer aux heures creuses et dans la­quelle sur­nagent pé­ni­ble­ment quelques in­sectes dé­ri­vés du mous­tique ayant échap­pé aux pre­mières ge­lées. Mul­ti et le Mâle contemplent d’un air émer­veillé leurs deux ado­rables en­fants, en­fin unis dans le touillage de mare avec un vieux bâ­ton.

– A la soupe! A la soupe! Quelques se­condes après, fin de l’ins­tant de grâce: le touillage se trans­forme en ba­taille et que le Pe­tit glisse sur des feuilles mortes et se re­trouve les fesses dans la mare puante. Il hurle de froid, peur, honte (rayez la men­tion in­utile). Son frère, tou­jours so­li­daire, se marre et lui as­sène un:

– Fais at­ten­tion à l’écu­reuil mort à cô­té de toi !

Il re-hurle. Le Mâle sort l’en­fant à bout de bras et Mul­ti hal­lu­cine:

– Mais c’est pas vrai, il est en chaus­sures d’école! Pour­quoi tu ne lui as pas mis ses bottes?

– Ses bottes?

– Oui-Oui ou les Cars?

– Oui, il en a deux paires en plus: les Oui-Oui et les Cars!

– Parce que le chien a bouf­fé les OuiOui. Et que les Cars sont res­tées de­hors. Elles sont donc pleines de flotte puis­qu’il a plu. Et je pense même qu’un es­car­got vit dans celle de droite. Notre pe­tite fa­mille hu­mide re­brousse donc che­min dé­pi­tée, la Pe­tite com­mence à s’agi­ter dans le porte-bé­bé, elle a cer­tai­ne­ment faim et Mul­ti ne se sent pas de l’al­lai­ter à cô­té de cette mare moi­sie. Ils ren­tre­ront prendre un bain chaud en se pro­met­tant d’al­ler à la pis­cine la pro­chaine fois… C’est bien aus­si la pis­cine, non ?

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