Dad’ ins­pi­rant

Al­de­bert, le père chan­teur

Magicmaman - - Sommaire - par Ni­co­las Ka­lo­ge­ro­pou­los

En 2008, pour son 1er al­bum

En­fan­tillages, per­sonne n’y croyait. On di­sait à Guillaume (son pré­nom), « ça mar­che­ra ja­mais, c’est pas vrai­ment pour les en­fants ni pour les adultes. » Dix ans, 3 al­bums, 60 duos, et des cen­taines de dates de con­certs plus tard, le constat est là : Al­de­bert ? Ça car­tonne ! VOTRE EN­FANCE

Quel est l’al­bum que vous écou­tiez quand vous étiez jeune?

Al­de­bert Quand j’étais pe­tit, j’écou­tais en boucle les 33 tours d’Anne Syl­vestre et Steve Wa­ring. J’ai eu le plai­sir d’in­vi­ter ces deux ar­tistes sur En­fan­tillages

1, c’était im­por­tant pour moi. D’une cer­taine fa­çon, il y a des liens entre leur mu­sique et la mienne parce qu’on s’adresse aux en­fants. Le fond est le même, la forme est dif­fé­rente. Mais il y avait chez Steve Wa­ring quelque chose de très trans­ver­sal, comme dans ma mu­sique, avec beau­coup de cou­leurs et de styles dif­fé­rents. Plus grand, vous rê­viez dé­jà d’être chan­teur ?

A. Hou là, pas du tout, sur­tout pas! Dé­jà, je pen­sais que c’était un mé­tier qui n’exis­tait pas. C’était abs­trait, je ne pen­sais pas que c’était pos­sible de faire chan­teur. C’était comme être as­tro­naute. Et puis j’étais très in­tro­ver­ti, rien que de pas­ser au ta­bleau dans la classe, c’était com­pli­qué, alors sur scène de­vant des gens… Ce que vous re­te­nez de l’édu­ca­tion de vos pa­rents…

A. Plu­tôt des bonnes choses. J’ai des sou­ve­nirs de bien­veillance. En tant qu’en­fant unique, j’étais très chou- chou­té, très gâ­té. Mes pa­rents me lais­saient faire beau­coup de choses. Sco­lai­re­ment, c’était com­pli­qué. Au­jourd’hui j’ai en­vie de les re­mer­cier pour cette en­fance où j’ai pu ex­pri­mer ma per­son­na­li­té. A l’école, j’ai fait un peu n’im­porte quoi parce que j’avais du mal avec le sys­tème. J’avais be­soin

d’être va­lo­ri­sé, de faire au­tre­ment. Du coup, j’ai re­dou­blé deux fois, j’ai bos­sé à l’usine, j’ai re­pris les études. J’ai eu mon bac à 23 ans. J’es­sayais plein de choses tout le temps. J’étais comme ça. Le fait d’avoir fait plein de pe­tits bou­lots, ça m’a nour­ri.

LA GROS­SESSE DE VOTRE FEMME

Lorsque vous avez ap­pris la (les) gros­sesse(s) de votre femme…

A. J’ai vé­cu une ex­plo­sion in­té­rieure in­croyable. Comme une es­pèce de ré­vé­la­tion. Ça m’a fait écrire beau­coup de chan­sons. C’est ar­ri­vé, on était pré­pa­rés. Tout s’est pas­sé très sim­ple­ment. Votre meilleur sou­ve­nir de gros­sesse, c’est…

A. Le meilleur sou­ve­nir de gros­sesse, ce n’est pas la pre­mière écho, mais on a vu un mé­de­cin qui fait écou­ter le coeur qui bat. Ce son du coeur qui tape à fond la

caisse, ça m’a vrai­ment bou­le­ver­sé. Ça nous a mis une claque énorme. Avant le pre­mier en­fant, vous auriez ai­mé sa­voir…

A. Rien de par­ti­cu­lier, si ce n’est qu’on a dé­cou­vert être dans ce pa­ra­doxe de pa­rents : nous n’avons plus la li­ber­té qu’on avait avant mais on a une ri­chesse fa­mi­liale in­croyable. Avec ma femme, on se dit qu’avant on fai­sait beau­coup de choses, mais fi­na­le­ment on ne fai­sait pas grand-chose.

ÊTRE PA­PA

Ces ob­jets ou as­tuces qui vous ont sau­vé la mise les pre­miers mois… A. Pas spé­cia­le­ment d’as­tuces, mais nous ai­mons les pe­tits ri­tuels avant d’al­ler se cou­cher, tou­jours la même chan­son. Le concept de ri­tuel qui va ser­vir de re­père à l’en­fant. Un mo­ment de pur bon­heur avec vos en­fants, c’est…

A. Y a un truc où j’ai eu beau­coup d’émo­tions, c’est la pre­mière fois où on a skié avec mon grand, tous les deux. On a pris le té­lé­siège, il me sui­vait et on dis­cu­tait. C’était gé­nial! Et puis, j’aime aus­si les fous rires à table quand on est tous en­semble. En tant que pa­pa, vous sou­hai­tez trans­mettre à vos en­fants…

A. J’ai en­vie de les ou­vrir à plein de choses, de les ai­der à trou­ver qui ils sont. J’ai en­vie de les éveiller à la mu­sique ou au fait de ra­con­ter des his­toires quel que soit le mé­dium, mais sans rien im­po­ser. Si ça se trouve ils fe­ront peut-être de la comp­ta, j’en sais rien (rires) !

VOTRE VIE DE MA­GIC DAD’

En tant que père, quels sont vos ac­ti­vi­tés et com­bats quo­ti­diens…

A. On es­saie de se battre en­semble sur les cli­chés que ren­voie la so­cié­té et qui ne sont pas très bons. Au­jourd’hui, on voit beau­coup de com­mu­nau­ta­risme. On es­saie de les ini­tier aux idées de to­lé­rances et d’ou­ver­ture. Mon grand m’a de­man­dé «Est-ce que je peux al­ler au cours de ca­té­chisme, je vou­drais bien sa­voir si c’est vrai, cette his­toire de Jé­sus. » Votre truc pour jon­gler entre vie de fa­mille et vie pro­fes­sion­nelle?

A. C’est vrai­ment tra­vailler en amont sur les agen­das pour que les en­fants ne soient pas tou­jours trim­ba­lés chez les nou­nous. On s’ac­corde une fois tous les mois un week-end où ils sont en tour­née avec nous. Mais aus­si du temps de couple pour faire la fête avec des adultes sans en­fants par exemple. On es­saie de ca­ler les choses. Un Ma­gic Pa­pa en 2019, c’est… A. Un pa­pa pré­sent, pas que phy­si­que­ment, qui est vrai­ment con­nec­té à son en­fant et qui par­tage des choses avec lui. On ren­contre sou­vent la dif­fi­cul­té d’être pré­sent avec les en­fants, mais pas d’être réel­le­ment avec eux. Évi­ter d’être juste la fi­gure du père ou de la mère. Et vivre vrai­ment en­semble. Dans quels do­maines, vous au­to­ri­sez-vous à être un parent im­par­fait ? A. On est peu obli­gés avec nos vies. Par­fois on lâche un peu, no­tam­ment sur le som­meil, ou alors on va re­gar­der un des­sin ani­mé de plus, alors qu’on es­saie de faire gaffe aux écrans…

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