LE VERT AVEC PA­NACHE

Deux dé­co­ra­teurs ont res­tau­ré une an­cienne mai­son nor­mande pour y vivre et tra­vailler. L’art de vivre qu’ils dé­clinent est em­preint de quié­tude et d’ori­gi­na­li­té, por­té par un mé­lange élé­gant et dé­ca­lé d’ob­jets, de mo­bi­lier et de tex­tiles.

Maison Côté Ouest - - LE SOMMAIRE - PAR Ma­rie La­cire PHOTOS Co­rinne Schan­té- An­ge­lé

Deux dé­co­ra­teurs ont ré­in­ven­té une an­cienne mai­son nor­mande en croi­sant les genres et en lui in­suf­flant une belle per­son­na­li­té.

Tout a com­men­cé avec un dé­cap­su­leur vin­tage en forme de per­ro­quet » , ra­conte Pauline. L’oeil du per­ro­quet a dis­pa­ru et ré­ap­pa­ru des an­nées plus tard lors d’un dé­mé­na­ge­ment. « Si nous avons été ca­pables de mettre la main sur un si pe­tit ob­jet, dé­ni­cher une en­fi­lade sué­doise ne pou­vait nous faire peur ! » Ain­si, Frédéric Texier et Pauline Si­bo­ni se sont-ils lan­cés à leur ha­bi­tude, de ma­nière libre. Pen­dant vingt ans, lui a te­nu un res­tau­rant sur l’île d’Olé­ron, elle a été cos­tu­mière pour le ci­né­ma à Pa­ris. Il connaît le bâ­ti­ment comme sa poche, elle fonc­tionne au chal­lenge ; ils de­viennent dé­co­ra­teurs et chi­neurs, créent L’OEil du per­ro­quet et cherchent une mai­son-ate­lier spa­cieuse où il y au­rait suf­fi­sam­ment d’es­pace pour vivre et res­tau­rer tables de ferme et tables en marbre, vais­selle en grès, fau­teuil en ro­tin et ca­na­pé « To­go » fleu­ri, et autres trou­vailles. C’est au coeur d’un vil­lage nor­mand que ce couple s’ins­talle, près de Rouen, dans une mai­son bour­geoise joux­tée d’une lon­gère xvie siècle où l’on ins­talle l’ate­lier. « Le jar­din clos de murs de brique et le pla­fond re­cou­vert de pa­pier peint nous ont sé­duits. » Cinq ans de tra­vaux ont été né­ces­saires, pen­dant les­quels ils conti­nuent de tra­vailler à leurs chan­tiers de dé­co­ra­tion d’in­té­rieur et d’em­bel­lir bou­tiques, mai­sons pri­vées et res­tau­rants. Dans la me­sure du pos­sible, ils conservent « les éléments d’ori­gine qui font l’ADN de la mai­son », passent des jour­nées en­tières à res­tau­rer les ta­pis­se­ries exis­tantes, re­font tout eux-mêmes de A à Z, du sol au pla­fond, créent des ob­jets sur me­sure. « Pour les cou­leurs et le mo­bi­lier, nous mar­chons au coup de coeur et ac­cor­dons nos sen­si­bi­li­tés très dif­fé­rentes », ex­plique Pauline. Le mé­lange de tons chauds et froids, de ma­tières brutes et d’autres plus pré­cieuses fait la sin­gu­la­ri­té de leur style. Frédéric aime le mo­der­nisme, le vert, la laine bouillie et le cuir tan­dis que Pauline pré­fère le ba­roque, le style an­glais, le rose, le lin et le ve­lours. « Voir des choses dif­fé­rentes et dif­fé­rem­ment élar­git consi­dé­ra­ble­ment notre champ de vi­sion, comme le per­ro­quet fi­na­le­ment ! » Et même si la dé­co­ra­tion d’in­té­rieur oc­cupe une part de plus en plus im­por­tante de leur tra­vail, Pauline, Frédéric – et Jack le très sym­pa­thique bou­le­dogue fran­çais – ne se lassent pas de prendre la route, à la re­cherche d’un mo­bi­lier qui « claque » et matche bien. L’esprit un brin re­belle et tout à fait au­to­di­dacte de L’OEil du per­ro­quet n’a pas fi­ni de char­mer.

1. 2. ÉCLECTISMECI- DES­SUS1. Lon­gère nor­mande pour l’ate­lier de res­tau­ra­tion du mo­bi­lier. 2. L’en­trée de la mai­son an­nonce la cou­leur : pa­pier peint fruits exo­tiques (Christian La­croix), car­reaux de ci­ment d’ori­gine, sus­pen­sion an­nées 1970 (L’OEil du per­ro­quet).PAGE DE DROITE Table de ferme, vais­selle ma­ro­caine de Fès, sus­pen­sions scan­di­naves en opa­line, chaises en cuir gris « S33 » par Mart Stam, édi­tion Mat­teo Gras­si (chi­nés par L’OEil du per­ro­quet) et lam­pa­daire fa­bri­qué sur me­sure par Frédéric Texier.

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