LE RE­TOUR DU PI­NOT MEU­NIER

MO­DESTE ET IN­JUS­TE­MENT MÉ­CON­NU, LE PI­NOT MEU­NIER SORT EN­FIN DE L’OMBRE. IL JOUE DÉ­SOR­MAIS LES PRE­MIERS RÔLES DANS DES CU­VÉES QUI LUI SONT EX­CLU­SI­VE­MENT DÉ­DIÉES, À CÔ­TÉ DES CÉ­PAGES RÉ­PU­TÉS PLUS NOBLES QUE SONT LE PI­NOT NOIR ET LE CHAR­DON­NAY.

Maison Côté Ouest - - LE SOMMAIRE - PAR Phi­lippe Bi­da­lon

Ce cé­page mé­con­nu joue les pre­miers rôles dans des cu­vées qui lui sont dé­diées.

Il tire son nom du fin du­vet blan­châtre qui re­couvre la face in­fé­rieure de ses jeunes feuilles : celles-ci semblent sau­pou­drées de fa­rine, d’où le terme « meu­nier ». Vi­gou­reux, le cé­page ré­siste bien aux ge­lées du prin­temps et s’ac­com­mode des ter­roirs froids et hu­mides. C’est pourquoi on le re­trouve sur­tout dans l’ouest de la Val­lée de la Marne et dans l’Aisne. Et un peu par­tout aus­si, plan­té par dé­faut : fort de ses 11 000 hec­tares (37 % du vi­gnoble ré­gio­nal), il ta­lonne le pi­not noir (38 %) et de­vance le char­don­nay (28 %). Mais ce mal ai­mé, ré­pu­té rus­tique et man­quant d’aci­di­té, a dû at­tendre long­temps avant d’être ap­pré­cié pour lui-même. Car, plan­té au bon en­droit, bien trai­té à la vigne et cor­rec­te­ment vi­ni­fié au chai, le pi­not meu­nier seul peut don­ner de grands cham­pagnes. Pion­nière de cette ré­ha­bi­li­ta­tion et de la bio­dy­na­mie, Fran­çoise Be­del prêche sur ses terres de la porte oc­ci­den­tale de la Marne, où le pi­not meu­nier frise les 80 % de l’en­cé­pa­ge­ment. Sa cu­vée Ori­gin’elle, no­tam­ment, est une ode au cé­page ré­vé­lé, même si ce­lui-ci doit com­po­ser dans la bou­teille avec 10 % de pi­not noir. Pas de com­pro­mis, en re­vanche, dans les for­mi­dables sé­lec­tions par­cel­laires d’Éric Taillet, les vins de Ré­gis Pois­si­net, ou en­core ceux de Char­lène Lo­riot et des frères Hu­ré. Au­tant de vi­gne­rons convain­cus de la gran­deur du meu­nier. Et même Al­bion s’en­thou­siasme : pour cé­lé­brer les 70 ans du Prince Charles, l’en­seigne de luxe Fort­num & Ma­son, à Londres, lance un cham­pagne au pro­fit de l’as­so­cia­tion ca­ri­ta­tive du prince de Galles. Des douze vins dé­gus­tés à l’aveugle, c’est un 100 % meu­nier bio du do­maine Le­lar­gePu­geot, à Vri­gny, qui a été re­te­nu. Le ro­tu­rier meu­nier au ser­vice de sa Ma­jes­té : pas mal pour un cé­page ré­pu­té peu noble…

1. 2. 3.1. Plu­tôt frui­té et ré­sis­tant, le pi­not meu­nier est un cé­page noir à jus blanc, qui ap­porte de la sou­plesse et de la ron­deur dans les as­sem­blages. On l’ap­pe­lait au­tre­fois « mo­rillon ta­con­né » et il as­su­rait la re­nom­mée des vins tran­quilles de la Cham­pagne. 2. Dans son chai de Bas­lieux-sous-Châ­tillon, le vi­gne­ron Éric Taillet de­ve­nu ex­pert dans la vi­ni­fi­ca­tion du meu­nier. 3. Vi­gnoble dans la Val­lée de la Marne : avec 60 % de l’en­cé­pa­ge­ment, le pi­not meu­nier règne ici en maître.

9.NOTRE SÉ­LEC­TION 100 % MEU­NIER 1. Ap­po­lo­nis Mo­no­die Meu­nier Vieilles Vignes 2008. 48 € 2. Clos des Ber­ge­ron­neau Vieilles Vignes 2008. 70 € 3. Cham­pagne Éric Taillet Ban­sio­nen­si. 49 € 4. Hu­ré Frères 4 éléments Pi­not Meu­nier. 56 € 5. Clos Man­dois 2004. 100 € 6. Do­maine Le­large-Pu­geot Les Meu­niers de Clémence ex­tra brut (bio). 37 € 7. Ré­gis Pois­si­net Iri­zée 2013. 120 € 8. Xa­vier Lo­riot Col­li­sion Meu­nier Brut. 20 € 9. Cham­pagne Mou­tar­dier Brut Na­ture Pur Meu­nier. 28 €.

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