SIN­GU­LIÈRE ÉLÉ­GANTE

Spec­ta­cu­laire mai­son d’une fa­mille fran­çaise dont le père, Julien, est dé­co­ra­teur dans l’âme, cette aty­pique aux vastes es­paces n’a pas d’équi­valent en centre-ville. S’y épa­nouit même, entre ses murs de briques, un fi­cus haut de sept mètres !

Maison Côté Ouest - - LE SOMMAIRE - PAR Lau­rence de Ca­lan PHOTOS Bénédicte Drum­mond

L’aty­pique mai­son lon­do­nienne d’une fa­mille fran­çaise qui s’ar­ti­cule au­tour d’un fi­cus de sept mètres plan­té dans la cui­sine.

Ins­tal­lés à Londres de­puis plus de vingt ans, Sandrine et Julien, qui tra­vaillent tous deux dans la fi­nance, ont un temps ha­bi­té, avec leurs trois gar­çons, dans le quar­tier de Ma­ry­le­bone, au sud de Regent’s Park. Ce n’était pas idéal pour les trans­ports. Aus­si ont-ils cher­ché et trou­vé au nord de la ville, avec The Mo­dern House, agence spé­cia­li­sée dans les es­paces de vie aty­piques, une in­croyable mai­son vic­to­rienne de 300 m2 à trois étages, aux briques ap­pa­rentes – ba­nal, di­rez-vous, pour la ca­pi­tale an­glaise, mais beau­coup moins pour la structure in­té­rieure –, celle-ci ayant été « désos­sée » par l’an­cien pro­prié­taire, fa­çon loft amé­ri­cain des an­nées 1970. Par la fe­nêtre sur­gis­sait un énorme fi­cus haut de sept mètres, lo­geant lui aus­si au coeur de la mai­son entre la cui­sine et l’étage au-des­sus. On a beau connaître l’ori­gi­na­li­té bri­tish, le spec­tacle était pour le moins iné­dit ! « La mai­son était in­ouïe, mais sa dé­co trop vieillote, pas as­sez contem­po­raine à notre goût », ra­conte Julien, grand lec­teur de ma­ga­zines dé­co, aus­si pas­sion­né qu’exi­geant sur la ques­tion, qui prit l’af­faire en main. Un mur du salon fut abat­tu, chaque re­coin per­du sup­pri­mé, un sous-sol amé­na­gé avec co­lonnes de bou­teilles cô­té cave à vin, toi­lettes aux globes lu­mi­neux co­lo­rés et murs fa­çon ta­bleau noir où écrire ses pen­sées du jour, buan­de­rie et « hall ci­né­ma » dans l’es­pace res­tant. Julien, à l’em­ploi du temps sur­char­gé, pas­sa nombre de week-ends – « mais j’adore ça ! » – à ani­mer de touches contem­po­raines et mo­der­ni­ser au­tant que ré­chauf­fer ces es­paces un peu aus­tères. C’est lui qui des­si­na la table de l’im­mense salon aux cinq mètres sous pla­fond, lui qui eut l’idée de ca­cher le ran­ge­ment des CD der­rière l’oeuvre d’un ami ar­tiste ou d’en­ro­ber la hotte de cui­sine d’ar­gent, d’or et de cuivre en écho aux lu­mi­naires. Lui en­core qui des­si­na les en­coches des pla­cards de la chambre à cou­cher en s’ins­pi­rant de ces fleurs de pis­sen­lit sur les­quelles on souffle en­fant. Il pous­sa même le sou­ci du dé­tail jus­qu’à peindre chaque marche de l’es­ca­lier en bois d’une nuance de gris dif­fé­rente afin de faire le lien entre par­quet clair du bas et ci­ré plus fon­cé à l’étage. Ce dé­co­ra­teur dans l’âme sait aus­si ce qu’il ne veut pas : des cous­sins par exemple, il en met le moins pos­sible, ou bien un jar­din né­ces­si­tant de l’en­tre­tien, d’où le ga­zon syn­thé­tique du jar­di­net de ville. Seule contrainte vé­gé­tale : le fi­cus géant qui de­mande son litre et de­mi d’eau par se­maine. De cette mai­son unique et in­clas­sable de centre-ville à l’élé­gante sim­pli­ci­té, lu­mi­neuse et vaste comme on en voit peu à Londres, Julien et Sandrine ont réus­si, entre idées in­gé­nieuses et coups de coeur, à faire un lieu qui, peu à peu, leur res­semble.

1. 2. SWEET HOME ATY­PIQUEPAGE DE GAUCHE Les marches de l’es­ca­lier à rampe mé­tal­lique ont été peintes dans des dé­gra­dés de gris ; sus­pen­sions cui­vrées Tom Dixon, tuyaux lais­sés ap­pa­rents, ta­bleau For Piet’s Sake II, par Phil Shaw et cous­sin en cuir Fa­meed Kha­lique.PAGE DE DROITE1. La fa­çade vic­to­rienne aux fe­nêtres à guillo­tine comme on en voit par­tout à Londres.2. Sandrine et Julien, qui su­per­vi­sa la dé­co­ra­tion, avec leur plus jeune fils.

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