L’IDÉE D’UN LOFT-ATE­LIER

Maison Côté Sud - - LE SOMMAIRE - PAR El­lia Asche­ri PHO­TOS An­tho­ny Lan­ne­re­tonne

L’ar­chi­tecte Mar­co Cos­tan­zi évoque l’« aven­ture ro­maine» de son pied-à-terre de Gar­ba­tel­la.

L’ar­chi­tecte Mar­co Cos­tan­zi ra­conte l’« aven­ture ro­maine » de son pied-à-terre de Gar­ba­tel­la. Pour le conce­voir il s’est ins­pi­ré de cet an­cien quar­tier in­dus­triel. Et c’est ici qu’il a éla­bo­ré le pro­jet de trans­for­ma­tion du Pa­laz­zo del­la Ci­vil­tà Italiana, le « Co­los­seo Qua­dra­to », pour la mai­son Fen­di.

En 2012, quand la mai­son Fen­di fait ap­pel à Mar­co Cos­tan­zi pour re­pen­ser le Pa­laz­zo del­la Ci­vil­tà Italiana de Rome, afin d’y réu­nir toutes les ac­ti­vi­tés de l’en­tre­prise : bu­reaux, la­bo­ra­toires, sho­wroom et salles d’ex­po­si­tion, l’ar­chi­tecte com­mence à re­cher­cher un lieu as­sez proche pour y vivre et y tra­vailler en équipe. « Il est es­sen­tiel d’être dans un en­vi­ron­ne­ment pro­pice à la créa­tion. Ain­si à Imo­la, ma ville na­tale, mon agence est ins­tal­lée dans un an­cien mou­lin », pré­cise-t-il. Fi­na­le­ment, il a choi­si Gar­ba­tel­la, un quar­tier qui re­grou­pait au dé­but du XXE siècle ate­liers d’ar­ti­sans et pe­tites vil­las aux airs ba­roques. Sur le con­seil d’un ami, il vi­site un bâ­ti­ment sin­gu­lier… Une usine à pa­pier de­ve­nue dan­cing, puis trans­for­mée en pe­tit théâtre ex­pé­ri­men­tal. Long­temps aban­don­né, com­plè­te­ment dé­gra­dé, en­foui sous une vé­gé­ta­tion dense, le lieu ai­mante sa cu­rio­si­té. « Aus­si­tôt, j’ai su que ce se­rait mon es­pace, ma fo­lie ro­maine, mon re­fuge, ex­plique Mar­co Cos­tan­zi. J’en cap­tais l’éner­gie. La lu­mière à tra­vers les im­menses fe­nêtres était très belle, les vo­lumes très vastes, tout res­tait à faire. » L’idée était simple. Il fal­lait amé­na­ger deux am­biances dis­tinctes, un ap­par­te­ment et un bu­reau, sé­pa­rés par une baie vi­trée afin de conser­ver l’im­pres­sion d’es­pace. Lors de la ré­or­ches­tra­tion, l’ar­chi­tecte a conser­vé les traces du pas­sé in­dus­triel. Il n’est in­ter­ve­nu que sur le sol en le re­cou­vrant d’une ré­sine noire brillante afin d’uni­fier l’es­pace, et sur les murs d’ori­gine qui ont été pa­ti­nés avec une émul­sion à base de cire. Cô­té mo­bi­lier, il a choi­si un bloc noir en mé­tal pour l’es­pace de tra­vail, une table en bois pour les re­pas, un ca­na­pé et un vieux fau­teuil en cuir, ré­cu­pé­ré dans un club an­glais, pour le sé­jour et quelques éta­gères pour les dos­siers et les livres. Le reste al­lait suivre… Pas­sion­né de bro­cante, il flâne avec son épouse Fran­ces­ca sur les mar­chés, dans les ate­liers d’ar­ti­sans pour dé­ni­cher des ob­jets qu’ils as­so­cient à des oeuvres d’art ou à des pièces ré­cu­pé­rées lors des dé­fi­lés de mode. Comme l’im­po­sante sculp­ture en mé­tal ac­cro­chée dans le coin re­pas, réa­li­sée par Karl La­ger­feld pour Fen­di, ou dans le sé­jour, le tronc d’arbre évi­dé chi­né dans les Pouilles, ou en­core l’éta­bli de me­nui­sier trans­for­mé en îlot cen­tral de la cui­sine. De même, dans son bu­reau, les pan­neaux mu­raux en mé­tal pro­viennent de son mou­lin d’imo­la. Mar­co Cos­tan­zi a vou­lu des­si­ner la table basse du sé­jour, les sus­pen­sions en mé­tal noir ou la table en pin. Cô­té pro­jets, après avoir ter­mi­né le Fen­di Pri­vate Suite, pre­mier bou­tique-hô­tel au coeur de Rome, l’ar­chi­tecte réa­lise un pro­jet pour Dolce & Gab­ba­na à Du­baï, pour Ca­sa­dei et Phi­lippe Mo­del en Chine et pour Ser­gio Ros­si au Ja­pon. L’aven­ture vaste et pro­met­teuse conti­nue, « Nous vou­lons gar­der les deux pieds bien sur terre mais avoir la tête dans les étoiles », comme le di­sait Mies van der Rohe, l’un de ses maîtres à pen­ser.

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