SYM­BOLES SO­LAIRES

À Mar­ra­kech, la marque LRNCE, entre ar­ti­sa­nat brut et mo­der­ni­té af­fir­mée.

Maison Côté Sud - - LE SOMMAIRE - PAR Ju­lie Cha­nut

L’at­trait pour le dé­sert, le bleu in­fi­ni en­tre­cou­pé de têtes de pal­miers, le so­leil de plomb. Le res­pect de la main de l’ar­ti­san, des en­vies de ma­tière, de pu­re­té, l’es­thé­tisme de la sym­bo­lique ber­bère, l’in­fluence de Pi­cas­so, Miró, Ma­tisse, l’em­preinte du gra­phisme des an­nées 50 et 60… Au­tant d’élé­ments qui se re­trouvent pêle-mêle dans le tra­vail de cette jeune et belle de­si­gner. Même si Lau­rence re­ven­dique avant tout une dé­marche libre et créa­tive, on ne peut s’em­pê­cher d’y in­tel­lec­tua­li­ser mille ré­fé­rences. LRNCE a 4 ans, Lau­rence Lee­naert en a 27. Ori­gi­naire de Gand dans les Flandres belges, di­plô­mée de l’aca­dé­mie royale des beaux-arts, Lau­rence, après un pas­sage à Ber­lin, se lance dans la créa­tion d’une ligne de sacs et part au Ma­roc à la ren­contre d'un in­croyable vi­vier d’ar­ti­sans qu’offre le pays. Nous sommes en 2013, LRNCE voit le jour. Après plu­sieurs voyages à la re­cherche de ma­tières et de sa­voir-faire, Lau­rence s’ins­talle seule en 2015 dans un riad-ate­lier de la mé­di­na. Libre d’ex­plo­rer ses idées et de créer à son rythme, sans contraintes ni dé­lais, elle s’adonne à des des­sins et col­lages, tra­vaille les mo­tifs, aborde les ma­tières avant de se rendre chez les dif­fé­rents ar­ti­sans avec qui elle don­ne­ra vie à ses créa­tions, main dans la main. Les lignes d’ob­jets naissent alors du sens du dé­tail et de la pa­tience de cha­cun, de cette vo­lon­té de réus­sir en­semble. Par la grâce de l’im­mense ta­lent de ces hommes et femmes, Lau­rence ex­plore le tex­tile, le cuir, la cé­ra­mique, la laine… Ain­si fleu­rissent les col­lec­tions. « Boys from the South », ins­pi­rée de masques in­car­nant des êtres de l’au-de­là, créés par les en­fants lors de la mas­ca­rade Do­do du Ra­ma­dan au Bur­ki­na Fa­so. «Bor­ro­wed from Fa­ti­maa.a », en hom­mage à toutes les ta­len­tueuses femmes ma­ro­caines qui per­pé­tuent leur ar­ti­sa­nat dans l’ombre. « Wor­king from 9 to 5 to stay alive », les pre­mières san­dales et po­te­ries de Lau­rence lorsque celle-ci réa­lise qu’elle ne peut s’en te­nir aux sacs. « Sun’s out guns out », une com­bi­nai­son de ma­té­riaux et tex­tures liés à sa fas­ci­na­tion des cultes africains. Uniques et fa­bri­qués à la main, au­tant de mi­roirs en bois de ro­tin, de cé­ra­miques en ar­gile émaillée, de cou­ver­tures et poufs en co­ton et laine tis­sés et bro­dés, de ta­pis en laine nouée, de san­dales en cuir de vache et ra­phia, de ki­mo­nos im­pri­més… Des pièces de convoi­tise à l’es­thé­tique sin­gu­lière et à forte per­son­na­li­té dé­sor­mais ex­po­sées dans un im­ma­cu­lé sho­wroom à Mar­ra­kech, juste ponc­tué de l’éclat co­lo­ré et des ex­quises es­quisses tra­cées par la créa­trice ins­pi­rée.

1, 3. Cou­ver­tures en co­ton et laine tis­sées et bro­dées dans la mé­di­na et ta­pis de laine noué par des femmes de l’at­las. 2, 4. Cé­ra­miques en terre cuite ar­gi­leuse réa­li­sées dans une même fa­mille. Lau­rence y ap­pose des des­sins abs­traits et fi­gu­ra­tifs que les ar­ti­sans re­pro­dui­ront sur chaque pièce. 5. La jeune créa­trice Lau­rence Lee­naert pose en­tou­rée de ses créa­tions tex­tiles uniques, dans le nou­veau stu­dio-sho­wroom qu’elle vient d’ou­vrir à Mar­ra­kech.

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